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CléryLes secrets de Jeanne - De Rouen à Cléry

Gorbenko

Ce sont Marcel Gay et Roger Senzig qui, dans leur ouvrage "l'affaire Jeanne d'Arc", évoquent pour la première fois les recherches du scientifique ukrainien Sergueï Gorbenko, anthropologue et spécialiste de la reconstitution faciale.

Marcel Gay, l'affaire jeanne d'arc

Serguei Gorbenko, scientifique de renom, qui poursuit encore actuellement les travaux du Professeur Guerasimov, avait été autorisé par les autorités françaises à mener des recherches dans la basilique de Cléry Saint André, dans laquelle est enseveli le roi Louis XI. Devant le problème du mélange des restes de la dépouille royale, l'anthropologue ira investiguer une autre crypte, celle de Dunois, toujours dans la même basilique.
Lire l'article sur la reconstitution faciale.

Et là, première surprise, le caveau contient un cercueil de plus que lors du dernier inventaire qui en avait été fait! (vers 1895)

Les restes d'une femme!

Ce cercueil contient les restes d'une femme, morte aux alentours de la cinquantaine, et dont la déformation du squelette prouve qu'elle était montée à cheval dès son plus jeune âge, et qu'elle avait porté l'armure!!!

Mais lorsque Gorbenko décrit ces restes surnuméraires de la chapelle de Dunois, il note un détail troublant, que beaucoup n'ont point relevé : le squelette de femme qu'il analyse alors possède la particularité d'avoir de très grandes mains !

Or, si nous revenons à la seule statue de Jeanne reconnue de tous, "orthodoxes" comme "hétérodoxes", propriété du Conseil départemental des Vosges qui l'expose à Domremy la Pucelle, on est bien forcé de s'apercevoir que celle-ci possède des mains gigantesques ! Les mensurations de cette représentation de Jeanne nous donnent en effet les cotes suivantes :

- De la naissance des cheveux à la pointe du menton : 11cm
- Des poignets à la pointe du majeur : 13 cm

On voit très bien sur cette photo la taille des mains de Jeanne, énormes, disproportionnées!

Ce qui nous donne un ratio mains sur visage de 13/11=1,18
Le même ratio calculé sur une femme moyenne nous donne 0,95 (il est communément admis que ce ratio doit être égal ou légèrement inférieur à 1).

Un lecteur nous fait parvenir la photo d'une miniature décorant un parchemin médiéval qui représente Jeanne et ses "Voix". On peut également constater sur cette œuvre la taille disproportionnée des mains de la Pucelle...

La conclusion en est fort simple :

- Soit Jeanne a réellement des mains énormes, vraisemblablement dues à la pratique des arts de la guerre pendant son adolescence: on ne manipule pas une épée avec des mains de cousette, et la fonction crée l'organe...

- Soit les artistes du XVème siècle qui ont immortalisé la Pucelle faisaient  déjà partie de la terrible engeance des mythosculpteurs (ou bien encore des mythoenlumineurs), sectes voisines de celle des désormais célèbres mythographes !

Il est d'ailleurs très curieux de noter que la copie exposée dans la cathédrale de Toul, offerte à cet édifice par une généreuse donatrice, Melle Anne-Joséphine Naquard, en 1890, et réalisée par les établissements Pierson de Vaucouleurs, possède quant à elle des mains d'une proportion normale !

Les établissements Pierson portaient également la dénomination d' "Institut Catholique de Vaucouleurs".

Ceci expliquant vraisemblablement cela!

Pourquoi n'a-t-on pas réalisé une copie fidèle de l'œuvre authentique ? Il semble tellement plus facile de copier à l'identique, à l'aide d'un simple moulage, que de tout modifier...On verra dans un autre article un autre camouflage réalisé sur cette statue.

Gorbenko a découvert dans  la crypte de Dunois des restes posant problème, qu'il identifie à ceux de Jeanne la Pucelle! et il a produit des publications scientifiques à ce sujet.

Toutefois, une question subsiste: Est-ce le seul (bienheureux) hasard qui a guidé les pas de Gorbenko vers cette crypte, ou bien plus prosaïquement quelque renseignement venant à point nommé?

Si l'on retient l'hypothèse du transfert des restes mortuaires de Jeanne des Armoises de Pulligny vers Cléry, il est bien évident qu'il a fallu au futur Cardinal Tisserand et à ses complices l'aide de quelques hommes de main, maçons ou manœuvres...
Ceux-ci ont-ils toujours pu garder un tel secret?

Le plan (ancien) de la crypte de Dunois, dans la basilique de Cléry.

Le plan ci-dessus est extrait de l'ouvrage de Louis Jarry, "Les sépultures de Marie d'Harcourt, femme du Bâtard d'Orléans, de leur fils Jean, ..."(Consulter l'ouvrage).

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Car même si l'on admet que ces hommes de main étaient ignorants de l'histoire de la survivance de Jeanne, le pourquoi de l' "exhumation" d'un corps qui repose depuis le XVème siècle a dû les interpeler...

Ou bien est-ce Tisserant lui-même qui a organisé les fuites...? Eventuellement lors de ses contacts à Metz avec un émissaire du régime communiste...

Le Cardinal Tisserant

"L'accord de Metz"

Car on sait "maintenant" que le cardinal Tisserant a été l'artisan d'un accord quelque peu "confidentiel" passé entre le régime soviétique et le Vatican! (en fait entre Krouchtchev et Jean XXIII)

Un pacte de non-agression mutuelle pendant le concile Vatican II, quand bien même des milliers de catholiques étaient déportés dans le même temps en Russie...
Il n'est pas de notre propos de développer à ce sujet, mais les lecteurs intéressés par ce point de l'histoire pourront avec profit effectuer des recherches sur Internet.

La couverture de l'ouvrage de Jean Madiran qui dénonce le fameux "Accord de Metz"

Il nous semble évident qu'il avait fallu, pour sceller un tel accord, donner de nombreuses garanties... Alors pourquoi n'aurait-on pas livré quelques "otages", dont Jeanne la Pucelle... Ce qui avait le mérite de bloquer les protestations des catholiques français...

L'ouvrage de Gorbenko:

Sergei Gorbenko a donc à la suite de ses investigations rédigé un ouvrage (traduit en français), qui visiblement semble interdit à la vente...

C'est certainement pourquoi personne ne l'a lu!
Ce dont s'étonne Mme Colette Beaune... dans un de ses ouvrages!

Mais tout un chacun pouvait le vérifier sur Internet: Il suffisait de saisir, dans la recherche Google par exemple, "les Enigmes du tombeau de Louis XI" pour voir apparaitre les adresses de nombreux sites proposant cet ouvrage à l'achat... (dont Amazon et la Fnac...)

livre gorbenko

Ce livre possède bien un numéro d'enregistrement à la bibliothèque nationale...

ISBN-10: 2840481650

Alors, doit-on en déduire qu'en notre France du XXIème siècle, il est possible à certaines factions d'interdire la parution d'un livre?

A la suite de cette annonce dans nos colonnes, il nous a été transmis l'information suivante:

Le livre n'aurait jamais été édité, faute de manuscrit...

Le professeur Gorbenko nous a quant à lui fait parvenir le numéro 29 de la revue Moyen-âge publiée par le même éditeur (Sarl Editions Heimdal) et présentant dans ses colonnes (pages 6 à 11) de larges extraits de l'ouvrage en question! La question se pose d'un éditeur qui n'a jamais reçu un manuscrit, mais peut néanmoins en publier une dizaine de pages et de nombreuses photographies...

D'autres extraits du livre ont fait l'objet également d'une publication dans un autre numéro de la revue citée supra.

Pour nous, il est donc évident que cet éditeur a effectivement reçu l'écrit de Gorbenko, qu'il a effectivement eu l'intention de publier, mais que des intérêts supérieurs l'ont fait reculer... Nous laissons à nos lecteurs le soin d'imaginer le type d'arguments utilisés en la matière...

Il est à noter que le professeur Gorbenko a émis une hypothèse originale quant au squelette retrouvé à Cléry: Ce dernier serait celui de Marguerite de Champdivers, fille bâtarde officielle de Charles VI et de sa maitresse Odette de Champdivers, surnommée la petite Reine.
Elle aurait tenu le rôle de Jeanne la Pucelle, mais aurait survécu au bûcher pour épouser en 1439 "son cousin, prince de sang Valois", Jean de Dunois!
Il existe de nombreuses preuves pour contredire cette version, tant dans la biographie de Marguerite que dans celle de Jean de Dunois...

Pour retrouver plus en détail les travaux du Professeur Gorbenko, visitez son site en cliquant ici.

Les plus importants artefacts archéologiques trouvés par S. A. Gorbenko pendant l’investigation du ‘’tombeau des personnes inconnues’’

Donc, à la suite de sa publication de la découverte des restes de Jeanne, Gorbenko se voit prié d'aller fouiller ailleurs! Il se trouve maintenant à Lviv où il poursuit ses travaux.

Où l'on évoque l'abbé Saget...

"Alexandre Lenoir" (il s'agit bien sûr d'un pseudo), sur le site "Saint-Denis, cimetière des Rois" évoque les interventions de l'Abbé Saget sur les cryptes de Cléry. (visiter le site)

Louis XI à Cléry-Saint-André : que sont devenus ses ossements ?

Le tombeau de Louis XI en orant.

Le roi Louis XI fit vœu de faire reconstruire l’église Notre-Dame de Cléry-Saint-André (Loiret), jadis bâtie par Philippe le Bel, à la suite de sa victoire de Dieppe en 1443. Le 21 septembre 1467, le roi se détourne de Saint-Denis en choisissant Notre-Dame de Cléry pour sépulture. Il sera l’un des trois seuls rois capétiens – avec Philippe I° et Louis VII - à ne pas vouloir être inhumé dans la nécropole royale. Un gros caveau est préparé dans le sous-sol de la nef, proche de l’autel. Dans un premier temps, un modèle de tombeau avait été commandé à Michel Colombe et un dessin sur parchemin avait été proposé par Jean Fouquet. Le résultat aurait pu être exceptionnel mais pour une raison inconnue le souverain ne donna pas suite. Le conseiller Bourré du Plessis fut chargé de demander au sculpteur Colin d’Amiens un autre projet d’après le dessin célèbre du roi en chasseur priant qui se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque nationale.

Ancien priant en cuivre et bronze de Louis XI à Cléry (détruit par les huguenots dans la 2° moitié du XVI°s)

C’est le premier exemple du tombeau d’un roi de France représenté en orant. Elle devait se tenir face à la statue de Notre-Dame de Cléry. La réalisation finale en bronze dorée et cuivre émaillé fut, semble-t-il, un peu différente du dessin sans que l’on puisse savoir jusqu’à quel point, l’œuvre ayant été détruite par les huguenots en 1562. On la confia à Conrad de Cologne, orfèvre à Tours et à Laurent Wrine, canonnier. Elle fit l’admiration des contemporains.
Louis XI meurt au château de Plessis-lès-Tours (Indre-et-Loire) le 30 août 1483 et est inhumé à Cléry le 7 septembre.


La destruction et les profanations de 1562
- Pour une fois, ce n’est pas la Révolution française qui a déchaîné les furies sur un tombeau royal… La ville d’Orléans est prise en 1562 par les armées du prince de Condé, chef des troupes protestantes. Le 2 avril 1562, l’église de Cléry tombe entre leurs mains. Un manuscrit conservé à la bibliothèque municipale d’Orléans affirme :
« Il y a en cette église plusieurs tombeaux de personnes illustres qui ont été détruits par la violence des hérétiques en 1562, et entre celui du Roy Louis XI qui estoit magnifique, dont la figure de marbre fut ignominieusement cassée à coups de marteau. Ces misérables, plus impies que ne le furent jamais les plus terribles iconoclastes, non contents de leur attentat, souillèrent entièrement la sépulture de ce monarque et celle de la royne Charlotte de Savoye, son épouse, en jetant leurs cendres aux vents… »
Passons sur l’erreur de la figure « de marbre » puisque le tombeau était en bronze et en cuivre émaillé… ! Mais pour le reste ?
Les corps de roi et de la reine ont-ils été détruits ?
Tout au long des XVII° et XVIII°s, plusieurs chroniqueurs et historiens affirmèrent que les ossements avaient été brûlés par les profanateurs, certains ayant même joué avec le crâne de Louis XI avant de le faire disparaître. Une chose est sûre, le magnifique tombeau réalisé par Conrad de Cologne et Laurent Wine fut démantelé et ses pièces fondues.
Puis l’événement tomba dans l’oubli.
En 1622, on rétablit toutefois un tombeau de marbre, plus modeste et guère original, en souvenir de la présence de Louis XI en ces lieux. Il était l’œuvre de Michel Bourdin d’Orléans, peintre et architecte à Paris. Seul point commun avec l’ancienne : le roi est toujours représenté en « orant ».
Il n’est plus en chasseur, mais porte le costume de l’ordre de Saint-Michel qu’il avait fondé.

La Révolution et ses suites
Après le 10 août 1792, ordre est donné de détruire le tombeau du « tyran » dans l’église de Cléry. Le monument du XVII°s est donc abattu mais la statue moderne du roi et les quatre anges sont réunis par Alexandre Lenoir à Paris dans le Musée des Petits Augustins. Les révolutionnaires locaux, ignorant tout des événements de 1562, cherchent également à pénétrer dans l’ancien caveau mais ils n’en trouvent pas l’entrée – elle ne sera découverte qu’en 1889. Ils finissent (par sondage ?) par deviner où se trouve la voûte et décident de la percer. C’est alors que pierres et remblais s’effondrent dans le caveau. Le premier maçon qui y descend a une grosse surprise : il se trouve face à une grande quantité de débris de toutes sortes sur lesquels sont tombés les quelques morceaux de la voûte. Une grande cuve, des fragments de sarcophages en plomb, des fragments de tissus assez nombreux et surtout…des ossements ! Ils témoignent notamment d’une « tête coupée en deux ».
Nos révolutionnaires, devenus subitement bien sages, prennent seulement les quelques morceaux de plombs. Ils remontent et, par la suite, des travaux referment convenablement la voûte. Etrange. Il faudrait donc en conclure que ces restes de corps, présents, là, en 1792, n’ont pas été jetés au vent en 1562.
Mais quels restes ont été exactement aperçus en 1792 ?

Le mystère s’épaissit.
En 1818, le comte de Choiseul d’Aillecourt, préfet du Loiret, obtient le retour des vestiges de l’ancien monument à Cléry. L’architecte Pagot et le sculpteur Romagnési conçoivent alors un mausolée qui est alors placé dans la dernière travée de la nef, légèrement en biais, selon une disposition prétendant restituer celle du tombeau d’origine. La voûte du caveau est de nouveau ouverte mais on ne s’y attarde guère. Le monument, lui, n’était pas au bout de ses peines !
En 1868, à la suite de travaux dans l’église, il est à nouveau démonté. La statue est médiocrement disposée sur une dalle en 1874 au niveau du sol. On la replace en 1896 sur un monument prétendument dessiné par Lenoir et adapté par le sculpteur Libersac.
C’est le mausolée actuel…guère convainquant aux yeux des historiens de l’Art.

Etat actuel du tombeau

Mais c’est en 1889 que l’on retrouve enfin l’entrée primitive du caveau.
Qu’a-t-on redécouvert ?
Un escalier étroit et abrupt descend jusqu’à un caveau construit en pierres de taille d’Apremont. C’est un rectangle de 2,82m de long et de 2,08m de large. Il se situe plus au Nord que le monument actuel. En bas de l’escalier, le long du mur à droite se trouve un énorme sarcophage en pierre sans inscription, au milieu de gravats. Il se compose de la cuve où l’on retrouve des restes de squelettes en vrac et d’une vitrine (XX° siècle) où l’on peut admirer aujourd’hui les restes crâniens d’un supposé Louis XI et d’une idéale Charlotte de Savoie.

On peut voir à travers la vitrine creusé dans le gros sarcophage les crânes attribués à Louis XI (à droite) et à Charlotte de Savoie...(à gauche)

La partie gauche du caveau était vide en 1889. Elle portait toutefois des traces de scellements et des fragments de barres de fer qui devaient supporter un autre sarcophage (celui de Charlotte de Savoie ?)

L’abbé Saget entre alors en piste…
Curé de Cléry au moment de cette redécouverte, il se lance dans des recherches historiques pour identifier avec zèle les restes humains. Il a en fait surtout contribué à brouiller les cartes et à compliquer le problème… Pour Saget, les huguenots ont bien profané la tombe en 1562 et l’ont pillé mais ils n’ont pas détruit les corps du Roi et de la reine. Au pire ont-ils emporté des ossements, car il est vrai qu’il en restait peu en 1889. En outre, les interventions de 1792 et de 1818 ayant été faites par la voûte, auraient brisé la dalle et recouvert les corps.
Mais l’abbé va plus loin : il prétend avoir découvert lui-même tous les ossements au sol, sous les restes de voûtes. Selon lui, ni en 1792 ni en 1818 les maçons n’ont pu apercevoir de squelettes sous tous ces débris puisque c’est lui qui les a trouvés ! De fait, les commentaires datant de la Révolution ou de la Restauration sont peu explicites.
L’ennui, c’est que dans une lettre adressé à son successeur l’abbé Millet (et publiée en 1926), Saget présentait une autre version :
« Une cloison était au bas de l’escalier ; d’un coup d’épaule je la renversai ; elle était en briques mal jointes et lézardée. On tira beaucoup de terres, de dalles brisées, de pierres, et l’auge sépulcrale apparut entière. Lorsqu’on l’eût déblayée, elle laissa voir un nombre considérable d’ossements. »
Cette fois on ne comprend plus ! Dans son premier témoignage, Saget affirmait avoir découvert les ossements sur le sol du caveau, en vrac, cachés par des restes de dalles, pour expliquer que personne avant lui n’avait pu les voir et qu’il en était bien l’ « inventeur ».
En 1926, il déclare les avoir tous découverts dans le sarcophage… Mais il y a mieux. Il demande en 1896 au docteur Duchâteau, médecin à Cléry, de réaliser l’inventaire des ossements . Or, le docteur conclut à la présence non de deux mais de trois individus (au moins !) mélangés dans le sarcophage. Saget n’en tient pas compte et déclare par la suite que Duchâteau n’a retrouvé que deux crânes…

A quoi jouait donc le bon abbé ?

Hypothèses
Première hypothèse, burlesque…
A-t-il voulu offrir aux visiteurs et touristes « un » Louis XI et « une » Charlotte de Savoie en ayant assez de crânes, alors que le témoignage du maçon de 1792 parle d’ «une tête coupée » ? En en faisant trop, l’abbé aurait par erreur refilé trois crânes au docteur Duchâteau ! Affolé par l’analyse rigoureuse de celui-ci et se rendant compte de sa bévue, Saget assène en 1926 qu’il y a bien deux crânes.
Circulez, il n’y a rien à compter !

Deuxième hypothèse.
Sachant pertinemment qu’il n’y avait qu’une « tête coupée » dans la cuve, n’aurait-il pas craint la perte d’une des deux têtes depuis 1562 ? Et si c’était celle de Louis XI qui avait disparu, on imagine sa déception… Notre abbé aurait alors présenté un reste de crâne supplémentaire, histoire de faire croire en la présence deux têtes humaines ? C’est sans doute ce qui s’est passé…sauf que l’abbé ignorait un petit détail, que l’analyse de Duchâteau allait révéler.

La clé de l’énigme ?
Lorsque les maçons de 1792 et de 1818 ont découvert le contenu de la cuve, il ne jouaient pas aux médecins légistes. Pour eux, le fait qu’il y ait un crâne découpé et une calotte crânienne plus loin était la preuve qu’il y avait « une tête coupée » appartenant à un seul et même individu.
C’est ce constat qui a entrainé la frustration de l’abbé. Or, à aucun moment ils ne se sont demandé si ces deux restes… appartenaient bien à une même tête ! Et l’abbé Saget non plus !
Ce que prouvent les expertises de 2004 entreprises par la DRAC (Service régional de l’archéologie du Centre), c’est que précisément la calotte ne va pas avec le crâne scié pour l’embaumement.
D’ailleurs, il suffit de voir les photos alors publiées pour s’apercevoir que ça ne « colle »pas. Si bien que lorsque Saget rajoute un reste en 1896, il croit ajouter un deuxième reste de crâne, alors qu’en réalité il en rajoute un troisième (il s’agirait d’un maxillaire supérieur) !
Le docteur Duchâteau voit le problème et le signale benoitement. Surpris par la présence incongrue d’une tête en trop, l’abbé la fait alors disparaître dans son ouvrage de 1913… D’où Saget tenait-il ce reste humain ? Sans doute de fouilles ayant eu lieu dans l’église, peut-être dans le caveau voisin de la famille Dunois ? Il est probable que le naïf abbé, fervent admirateur de Louis XI, était de bonne foi en fraudant.
Un crâne égaré dans l’église pouvait parfaitement être celui du roi ou de la reine à partir du moment où il en manquait un dans le caveau. Qu’en a-t-il fait ? Nul ne le sait, l’abbé ayant emporté le secret dans sa tombe (son caveau ou sa cuve, devrais-je dire…) On peut donc émettre une hypothèse quasi définitive, même si des zones d’ombre importantes subsistent dans cette affaire.
En 1562, les soldats de Condé investissent l’église de Cléry-Saint-André. Cherchant du plomb et peut-être des objets précieux, ils défoncent la voûte du caveau pendant que leurs comparses démolissent le magnifique tombeau de bronze, cuivre et émail. Mais ne pouvant remonter les cercueils du roi et de la reine par l’ouverture percée, ils sont alors dans l’obligation d’en vider le contenu sur place. Le plomb aurait été récupéré après la découpe en lanières, dont on a retrouvé d’ailleurs des fragments. Travaillant dans la pénombre, les soldats laissent tomber un grand nombre d’ossements, en volent certains, et jettent le reste dans la cuve en pierre où se trouvait le cercueil de Louis XI. Les ossements se mêlent dons à la terre, aux gravas, aux lambeaux d’étoffe de velours et de soie damassée, ainsi qu’à deux ou trois petits morceaux de lanières de plomb découpées.
En 1792, les restes humains retrouvés au sol sont à leur tour placés dans la cuve.

On a donc aujourd’hui :
Présentées dans la vitrine de la cuve :
- La base d’un crâne scié, attribué à Charlotte de Savoie et une mâchoire
- Une voûte crânienne sciée attribuée à Louis XI ( ?), une mâchoire et un fragment de la partie nasale.
Les quelques fragments d’ossements restants se trouvent dans le sarcophage. Il est entendu qu’il n’y a aucune preuve scientifique formelle de l’attribution de ces restes.
L’expertise de 2004 opérée par la DRAC – autant sur le caveau royal que sur le caveau Dunois-Longueville - a mis en évidence l’apport à la fin du XIX°s de quelques ossements étrangers au sarcophage royal. Cependant, des os de Louis XI / Charlotte de Savoie, sont encore vraisemblablement présents.

La position officielle

On va trouver sur Internet une version officielle pour cette affaire... Que nous allons retranscrire intégralement ci-dessous.

Article publié en 2006 sur le Site Anthropoblogue par Patrice Georges, de l'Inrap

Au cours de l’été 2001 et dans les mois qui suivent, S. Gorbenko et son assistant d’alors (O. Nesterenko) interviennent dans l’église Notre-Dame de Cléry-Saint-André (Loiret). Les projets de reconstitution faciale qu’ils ont vendus à la municipalité de Cléry dans un premier temps, puis aux paroissiens par la suite, demandent en effet d’accéder aux pièces osseuses qui y sont conservées. Certaines sont d’ailleurs encore exposées dans la vitrine de ce que l’on appelle communément le caveau royal. Ce travail était alors intégré à un programme beaucoup plus vaste, celui d’une « galerie des portraits des personnes historiques du Moyen Age ». S. Gorbenko avait d’ailleurs déjà travaillé sur un programme similaire portant sur « La galerie des portraits des chevaliers du Moyen Age ».
L’étude avait donc initialement deux objectifs, à savoir : 1/ l’examen des deux crânes royaux afin de réaliser leur reconstitution faciale et 2/ « un travail scientifique de description anthropologique et des données physiques de ces deux crânes, pour permette à terme une comparaison avec d’autres crânes connus de la dynastie des Valois ». Mais les résultats auxquels S. Gorbenko aboutit suscitent beaucoup d’autres interrogations et, de fait, entraînent d’autres investigations, dans d’autres sépultures de cette église. La médiatisation de leurs pérégrinations dans le caveau royal de Louis XI durant l’été 2001 nous avait alors poussé à contacter la municipalité de Cléry-Saint-André.
Nos travaux sur l’embaumement médiéval trouvaient en effet dans ces sépultures un terrain de recherche exceptionnel. Rares sont en effet les tombes royales qui ont été épargnées au cours du temps, comme celles de la basilique royale. Elles étaient en tout cas accessibles et semblaient receler des ossements susceptibles d’intéresser notre sujet. Ces sépultures étant (de nouveau) ouvertes, c’était pour moi l’occasion de faire certaines observations concernant le traitement du corps. Mais l’intervention de S. Gorbenko bloquait toute nouvelle étude. A ce moment là donc, nous ne pouvions imaginer que nous allions être confronté, des mois après, à une enquête historique des plus passionnantes.
Après les multiples questions posées par S. Gorbenko, mais aussi, voire surtout, les zones d’ombre que contiennent ses travaux, il est rapidement devenu indispensable de faire le point sur la question du caveau royal de l’église Notre-dame et même sur les autres sépultures de personnages connus. S. Gorbenko et son assistant ont en effet réussi à jeter le trouble sur toutes les fouilles antérieures. Selon ces chercheurs, les os exposés n’étaient plus identifiés comme ceux de Louis XI et de sa femme, le caveau royal était en fait ailleurs, Dunois et sa femme n’avaient pas été inhumés dans la chapelle de Longueville, les os d’un personnage très important avaient été découverts… Bref, un siècle et demi de fouilles et de découvertes était remis en cause. Pire, il en était de même du sérieux de certains et de l’honnêteté d’autres. Les hypothèses échafaudées, pas assez étayées selon les normes scientifiques des rapports actuels, devaient alors être vérifiées, tant d’un point de vue documentaire qu’anthropologique. C’est la raison pour laquelle le Service Régional de l’Archéologie (Ministère de la Culture), par l’intermédiaire d’O. Ruffier en charge du dossier, diligente en 2004 auprès de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) une expertise qu’il finance. Nous avons été désigné pour la mener à bien.
Pour des raisons de crédibilité scientifique, tout autant que de plaisir de lecture, nous ne pouvions prendre comme point de départ le rapport de S. Gorbenko… sous peine d’orienter l’étude dans une mauvaise direction. Notre contribution devait donc être une expertise du travail de ces chercheurs certes, mais également une relecture des interventions et des travaux réalisés aux XVIIIe et XIXe s. Nos recherches sur l’embaumement médiéval nous avaient d’ailleurs déjà amené à nous intéresser à l’église Notre-Dame et aux tombes qu’elle recèle.
Mais ne se limiter qu’aux os n’aurait fait de nous qu’un piètre chercheur. Nous n’aurions en effet mis en évidence que les déficiences des méthodes paléobiologiques antérieures, sans contribuer à comprendre les raisonnements des uns, voire à expliquer le but des autres. C’est pourquoi la quantité de sources et de documents utilisée pour ce travail n’a eu qu’une limite : celle du temps. Le financement de l’Etat ne permettait qu’un mois d’étude. Par ailleurs, le temps passant, nombre d’entre elles ont en effet disparu. Nous avons donc dû nous reporter aux personnes qui avaient pu les consulter, tout en ne manquant évidemment pas d’être prudent, aussi bien dans leur traduction que dans leur(s) interprétation(s). Ce qui nous a amené à nous intéresser aux auteurs, autant qu’à leur œuvre. Car dans cette affaire, nous avons la chance de connaître les différents protagonistes, voire de pouvoir en dresser le portrait… L’Histoire n’a retenu que quelques noms, et encore moins d’ouvrages. Pourtant, l’énigme du tombeau de Louis XI, si tant est qu’il s’agisse vraiment d’une énigme, a mobilisé les énergies de dizaines de personnes et a fait couler beaucoup d’encre. Et ce n’est certainement pas fini… Tous étaient persuadés que leurs écrits, preuves qui leur paraissaient suffisantes à l’appui, livraient la vérité, voire allaient clore un débat. C’est en fait le contraire qui bien souvent s’est produit. Il ne s’agit donc pas d’une enquête ordinaire. Chaque document, aussi incomplet soit-il, devient une source de première importance. A défaut d’apporter des renseignements essentiels, il nous renseigne sur la façon dont l’étude a été menée et dans quelles conditions. Mais, plutôt que de retranscrire ce que d’autres ont vu et décrit avec exactitude, avec force détails, nous avons gardé le plus souvent possible les propos originaux et livré en fin de volume quelques pièces justificatives de première importance. On pourra alors voir la qualité des descriptions du XIXe s. mais aussi la difficulté de traiter les documents les plus récents… Car plus que les mesures d’os ou de distance entre les sépultures, les arguments scientifiques sont affaire de mots. Mais le verbe ne pallie pas toujours l’absence des illustrations.
On compare fréquemment les études archéologiques en général, et celles liées aux sépultures en particulier, à de véritables enquêtes policières. C’est vrai, mais en partie seulement. Cette analogie de doit pas induire le lecteur en erreur. Surtout, elle ne doit pas pousser les auteurs à utiliser des méthodes médico-légales, nettement moins précises que les outils anthropologiques développés dans le cadre de l’archéologie. Mais plus qu’une enquête, ce rapport risquait de ressembler à un jugement. Relire ce que les autres ont écrit revient bien souvent à porter une appréciation sur les contributions passées et éventuellement mettre en évidence les failles du raisonnement. Sans être particulièrement indulgent, la lecture de chaque document, y compris les comptes-rendus de fouilles, doit être comprise dans son contexte historico-social. Les manques sont signalés certes, mais pas jugés. Tel est l’esprit qui a guidé notre étude et qui a motivé l’implication d’autres chercheurs dans cette entreprise. Les recherches aujourd’hui, à défaut d’être suffisamment dotées en moyens, peuvent regrouper de nombreux spécialistes dont les compétences et l’expérience sont une donnée primordiale. Nous reviendrons brièvement sur l’importance de l’église Notre-Dame de Cléry-Saint-André au Moyen Age et bien après et nous détaillerons les sépultures qui s’y trouvent. Mais localiser l’ensemble des sépultures serait tout aussi difficile qu’inutile. Sans pouvoir en faire un inventaire exhaustif, les découvertes ont révélé au cours du temps que cette église, comme bien d’autres, fut un lieu de repos dit éternel privilégié. Seuls les personnages les plus importants ont attiré l’attention. En revanche, la critique détaillée des sources, le récapitulatif chronologiques des interventions depuis la première moitié du XVIIe s. et les méthodes employées pour déterminer l’identité paléobiologique des sujets font de ce travail une nouvelle contribution, que nous espérons bien évidemment plus riche. Nos analyses ostéologiques ne concernent toutefois que les os qui ont été prélevés en 2001 ; ils proviennent du caveau royal et de quelques sépultures de la chapelle des Dunois-Longueville. Nous avons enfin réservé un chapitre à l’embaumement médiéval, qui, jusqu’à présent, n’avait été que très peu appréhendé par les différents auteurs. L’église de Cléry est pourtant un site exceptionnel regroupant des cas exemplaires ; ils permettent d‘en savoir plus sur cette pratique qui apparaît au moins dès le bas Moyen Age et se poursuit bien après. Enfin, nous tenterons de répondre à la question que tout le monde se pose au sujet de la présence supposée des ossements de Louis XI.

Nous ne pouvons resister à l'envie de vous livrer quelques commentaires envoyés par les lecteurs à la suite de cette abondante communication:

- Personnellement, je suis assez réticent à suivre Gorbenko, mais j’ai quelque difficulté à comprendre pourquoi les recherches ultérieures, demandées par la voie officielle, et payées par des organismes gouvernementaux, donc les contribuables, ne sont pas publiées. Une chose est de nier, mais encore faut-il présenter les arguments. Or les manoeuvres illégales et cachées qui ont eu lieu à Pulligny, effectuées avec des organismes officiels, avec comme résultat de jeter le trouble sur ce qu’était devenues les dépouilles inhumées en ce lieu, appellent éclaircissement, et non pas un second enterrement.(Par Champenois, le 23 avril 2010)

- Monsieur, dans cet article datant de 2006 si j’ai bien lu, vous « promettez » au lecteur de les éclairer sur les « mystères » de la basilique ND de Cléry. Où peut-on trouver la suite de cette étude qui passionne quelques uns d’entre-nous : livre, site, publications par vous même ou d’autres chercheurs actuels ??? (Par Bernard37, 22 novembre 2011)

- Pourrait-on avoir une mise à jour fin 2012? Louis Jarry écrivait dans les Mémoires de la Sté Archéologique et Historique de l’Orléanais en 1889 que le sous-sol de Notre-Dame-de-Cléry n’avait sans doute pas livré tous ses secrets. Le site du Dr Gorbenko pose quelques questions non négligeables.(Par W Grekoff, 13 décembre 2012)

Ces questions sont naturellement restées sans réponses...

A la suite de la parution de cet article sur le site des Secrets de Jeanne, le compte "Anthropo(b)logue" de Mr Patrice Georges de l'INRAP sur le site www.unblog.fr a été supprimé par son utilisateur...

Nous avons fin 2013 contacté le Professeur Charlier, qui devait faire partie de la commission d'enquête dont il est question ci-dessus. Il nous avait alors informé de la sortie du rapport de cette commission pour le "début 2014"...

Notons simplement qu'il aura fallu deux ans à Gorbenko pour publier les résultats de ses investigations (même si le livre en question a été censuré), alors qu'il aura fallu plus de dix ans à ces fameux scientifiques pour envisager de communiquer les conclusions de leur études, menées à l'aide de fonds publics, rappelons le!

Et au début août 2015, nous n'avions toujours aucune nouvelle de cette publication "scientifique".... hormis un message reçu en Mars 2015 de Mr Patrice Georges (INRAP) dont nous vous livrons la teneur ci-après:

"Bonjour,
Au sujet de Cléry, peut-être auriez-vous pu me contacter, non ?
En tout cas, le rapport des recherches est déposé depuis 2005 au Service régional de l'archéologie du Centre. Il est accessible par tous selon les conditions légales.
Plusieurs articles ont déjà été publiées.
Quant à la monographie, le retard s'explique notamment par un problème de financement. Si vous avez des pistes, je suis preneur... Mais ça ne devrait pas tarder. Je ne suis pas sûr, toutefois, que cela vous inétresse vraiment...
Est-il vraiement utile d'ajouter que tous les archéologues ne passent pas leur temps à travailler à une vérité officielle ?
Cordialement,"
Patrice GEORGES.

Rappelons simplement à Mr Patrice Georges qu'à la suite de la parution en 2006 de son long article sur son site "Anthropo(b)logue", nous avons à maintes reprises tenté d'obtenir des éclaircissements de sa part quant à ses recherches sur la crypte de Dunois, sans obtenir de réponse... Et si un rapport avait été déposé en 2005, pourquoi ne pas l'évoquer précisément dans son article de 2006?

La publication du "Bulletin de la Société d'Histoire de Chinon Vienne & Loire"

En 2013, le "Bulletin de la Société d'Histoire de Chinon, Vienne & Loire", sous la plume de Wladimir Grekoff, publie un article fort documenté sur les Travaux de Gorbenko à Cléry.

Nous publions ce texte avec l'aimable autorisation de l'auteur, Mr Wladimir Grekoff, et du responsable de publication du "Bulletin de la Société d'Histoire de Chinon Vienne & Loire" . (www.histoire-de-chinon.fr)

Le vitrail de Jeanne, carte postale ancienne.

Enfin, en 2016, du nouveau!

Le 31 janvier 2016 sort enfin en librairie le rapport tant attendu sur:

"Les sépultures prestigieuses de l'église Notre-Dame de Cléry-Saint-André (Loiret). Étude pluridisciplinaire du caveau de Louis XI"
386 p., 108 fig. Broché : 38,50 €. ISBN 978 2 343 06867 1


Le service régional de l'Archéologie du Centre (ministère de la Culture, Orléans)a diligenté en 2004 une mission d'expertise des investigations menées dans l'église Notre-Dame de Cléry-Saint-André (Loiret), en particulier sur le caveau royal de Louis XI. Si une étude documentaire préalable a permis de trouver des documents inédits et des comptes rendus d’anciennes fouilles archéologiques, il s'agissait surtout de mener une analyse des ossements humains. La confrontation des sources historiques et des analyses paléobiologiques ont mis en évidence dans le grand sarcophage du caveau royal l’apport, à la fin du XIXe siècle, d’ossements étrangers aux squelettes attribués à Louis XI et à Charlotte de Savoie. Les os épars ne correspondant sans doute pas à l’image qu’on pouvait se faire d’un tombeau aussi prestigieux, les os déposés ont alors été disposés de manière à révéler des corps, tandis que les autres, initialement présents dans les sarcophages, ont été isolés.

Cette étude démontre que, malgré ce qui a été écrit encore très récemment, des os de Louis XI et/ou de Charlotte de Savoie sont encore vraisemblablement présents. Ce travail est enfin l’occasion d’aborder la question de préparation des corps des grands du royaume à la fin du Moyen Âge. Les traces sur les os permettent de déterminer la façon dont les dépouilles ont été embaumées : prélèvement de tout ou partie des viscères, exérèse particulière du cœur, application de produits, etc.

Nos lecteurs trouveront des informations complémentaires au sujet de cette publication en visitant le site de l'INRAP, ou en cliquant sur les titres suivants:

- La liste des auteurs

- La table des matières

- L'introduction


La critique de Wladimir Grekoff sur cet ouvrage:

"Les sépultures prestigieuses de l'église Notre-Dame de Cléry-Saint-André"

"Etude pluridisciplinaire du caveau de Louis XI"

C'est sous ce titre qu'est enfin paru fin 2015 aux éditions de l'Harmattan, sous la direction de P. Georges-Zimmermann, l'ouvrage présentant les travaux de recherches réalisés 11 ans plus tôt sous le sol de la basilique chère au roi Louis XI et à la famille de Dunois.

Ses 350 pages contiennent beaucoup d'éléments techniques intéressants pour les archéologues et les historiens, souvent très précis, établis par 26 intervenants qualifiés.
On n'y trouve cependant aucun élément permettant aux curieux d'avoir des preuves de la présence effective des restes royaux en ce lieu.

Bien évidemment, les travaux du Dr S. Gorbenko sont cités à de multiples reprises, le ton étant donné dès la page 24, présentant le scientifique ukrainien comme un spécialiste de la reconstruction faciale "à des fins commerciales", n'ayant "manifestement aucune compétence et/ou expérience véritable en archéologie".

Il est, bien évidemment, dommage que les deux chercheurs n'aient pu se rencontrer et discuter posément, puisque nous en sommes réduits à assister à un dénigrement systématique a posteriori des rapports établis lors des investigations de 2001
.
Il s'agit donc, comme indiqué p. 307, d'une "contre-expertise", essentiellement à charge, avec un mépris assez marqué.
En page 71, l'auteur se contente de citer la théorie de S. Gorbenko selon lequel le crâne de Jeanne d'Arc serait présent dans le caveau royal.
S'abstenant de toute référence, même critique, aux hypothèses "non traditionnelles" de la vie de l'héroïne, il se contente de 3 points de suspension et d'un point d'exclamation pour rejeter cet aspect de la question.
Une des critiques les plus sérieuses réside dans le mauvais emploi qu'aurait fait l'équipe ukrainienne des textes historiques sur les fouilles du XIXème siècle.
La barrière de la langue et l'absence d'un assistant bilingue expert en la matière fut certainement un handicap en 2001.

La conclusion (p. 307) de P. Georges-Zimmermann est abrupte pour "rejeter en bloc" les travaux du Dr Gorbenko: le seul fait de penser avoir trouvé le crâne de Jeanne suffit à le discréditer définitivement.

Ce livre n'apporte rien, hormis les sarcasmes précités, à l'histoire de Jeanne: rien à l'appui des thèses officielles, rien contre celles qui en divergent, lesquelles ne sont même pas évoquées.
L'auteur a cependant l'honnêteté scientifique de conclure que ces investigations pluridisciplinaires sur les sépultures de la basilique ne permettent pas de clore le débat sur leur contenu et que "d'autres recherches restent à mener".

W. Grekoff, 02 mai 2016

Cléry de nos jours...