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Château de ChinonLes secrets de Jeanne - De Chinon à Rouen

La descendance de Jeanne

On a vu plus avant les différentes hypothèses visant à expliciter ce qui a pu apparaître comme une anormalité sexuelle de Jeanne. Nous en arrivions à la conclusion qu'elle était parfaitement normale physiquement, mais que sa sexualité autant que son aspect physique avaient été modifiés par une grossesse.

On va bien sûr nous opposer la pureté virginale de l'héroïne. Ainsi bien sûr que les "examens" (que la légende prétend "intimes", nous l'évoquons dans un autre chapitre) destinés à prouver cette même virginité.

Rappelons que la virginité se prouvait au moyen d'une ordalie, examen "scientifique" s'il en est...

Un exemple:
Pour prouver la sorcellerie, l'Eglise utilisait l'ordalie dite de la "balance": On mettait donc en balance l'accusée de sorcellerie et une "sainte" bible... Si la personne était plus lourde que les "Saintes Ecritures", c'est qu'elle avait conclu un pacte avec le Démon... Méthode particulièrement scientifique, on peut aisément le constater.....

Pour contrôler la virginité, on recourait à divers procédés parmi lesquels:

Le première consistant à mirer les urines de la demoiselle, qui se devaient d'être claires et pétillantes...
Le deuxième consistant à observer les tétons, pointant naturellement vers le haut...chez une vierge!
La troisième technique faisant appel à une tisane diurétique administrée à la patiente, qui devait ensuite se retenir d'uriner...
Et enfin la dernière technique: On servait à la jeune femme du vin dans une corne pleine à ras bord, qu'elle devait boire sans en perdre une goutte...

Le lecteur lira avec intérêt l'ouvrage de "Kathleen Coyne Kelly: Performing virginity and testing chastity in the Middle-ages".
L'auteur y passe en revue toutes les méthodes employées pour contrôler la virginité... On y lit par exemple: "If an unchaste woman comes down to the fountain in order to wash her
hands clean, the water will scream out as if it were completely mad and
become red as blood."

Concernant Jeanne, il convient de rappeler qu'elle avait passé auparavant deux semaines dans l'auberge de  "La Rousse" à Neufchâteau, endroit vraisemblablement plus formateur au contact avec les hommes de tous genres, qu'à la dévotion.

Rappelons également que lors de son arrivée à Chinon, on devra lui soigner "l'entre-jambe" particulièrement abîmée par ces deux semaines à cheval...

Par ailleurs, en tant que fille d'Isabeau de Bavière, surnommée la "grande putain", et de son amant le beau Louis d'Orléans, séducteur invétéré, on est en droit de supposer qu'elle devait faire preuve d'un certain atavisme.

"Les chiens ne font pas des chats" a-t-on coutume de dire!

Les nombreuses apparitions, présentées comme ayant une crédibilité historique, voire scientifique, évidente pour les "historiens" traditionalistes, nous fournissent une information capitale.

En effet, Jeanne voit apparaître l'archange Michel, ainsi que les deux saintes, Catherine et Marguerite. Elle peut converser avec eux, les sentir, les voir, et même les toucher ! Néanmoins, nombreux sont ceux qui doutent de la réalité de ces apparitions:


Au XVIIIème, l'abbé Nicolas Lenglet-Dufresnoy écrit [Histoire de Jeanne d'arc, 1753] 

"De croire que cette fille ait eu des visions et des apparitions, des révélations de saints et de saintes, j'abandonne cette pieuse créance à des personnes d'un esprit moins rétif que le mien"

Le Père Marolles et l'abbé Jean Duvernet surenchérissent :

"Jeanne n'eut pas de peine à persuader ceux avec qui elle passait sa vie, qu'en dormant, elle conversait avec Saint Michel et Sainte Marguerite. Leur imbécile croyance aux superstitions les y disposait".

Jusqu'au pape Jean XXIII lui-même qui supprimera Catherine et Marguerite de la liste des saints de l'église, à l'excellente raison qu'elles n'ont point existé ! Ce qui amènera le commentaire suivant de Jean Guitton, écrivain catholique s'il en est :

"Il est évident que le sceptique peut être fondé à se demander comment une sainte peut apparaître si elle n'a pas existé"

Notons cependant que Jean XXIII ne faisait que reprendre l'opinion de deux fervents catholiques... Jean de Launoy, docteur en Sorbonne, qui établit dès le XVIIème que cette sainte Catherine d'Alexandrie n'a jamais existé, et Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont, prêtre catholique et historien français, qui rejette comme une fable absurde la biographie de cette même sainte!

Mais qui étaient donc ces personnages, qui vont venir conseiller, et surtout informer Jeanne de sa Mission ?

A cette époque, il était courant dans certaines congrégations religieuses de se donner des titres et noms différents de ceux que l'on portait régulièrement. Cette pratique a d'ailleurs perduré, ainsi appellait-on "Sa Sainteté Benoît XVI" celui qui pour l'état civil se nomme Joseph Ratzinger !

Qui donc étaient alors "Sœur Sainte Catherine" et "Sœur Sainte Marguerite"?

Il est  vraisemblable que ces initiatrices de Jeanne étaient des membres d'un ordre religieux, certainement d'obédience franciscaine. On a  envisagé pour ce rôle les "Dames de Bourlémont"...

Chose curieuse, elles sont enterrées elles aussi à Pulligny sur Madon, dans la même église qui abrita les restes de Jeanne des Armoises!
Quel secret renferme donc cette église?

En revanche, qui était celui qui apparut parfois en cuirasse,  présenté sous le nom de Michel ?

Saint Michel était traditionnellement le patron de l'Ordre Templier. Quel personnage aurait pu perpétuer le souvenir de cet ordre, démantelé dans le " Royaume de France" un siècle auparavant ?

Souvenons-nous que la Lorraine n'est pas française, elle ne le deviendra qu'en 1766. Il est bien évident que les édits de Philippe le Bel concernant l'éradication des Templiers n'y avaient aucune force. Quand on sait que ces mêmes Templiers avaient été "créés" pour protéger les pèlerins se rendant en Terre Sainte, donc à Jérusalem, pourquoi alors ne pas envisager René d'Anjou, fils de Yolande, la Reine des quatre royaumes dont Jérusalem, qui prendra une part importante, quoique fort discrète, à l'épopée de Jeanne, pour tenir le rôle du célèbre archange?

René ne réside pas loin de Domremy, aussi peut-être a-t-il participé, directement ou pas, à l'éducation militaire et politique de Jeanne. D'ailleurs, si elle ne le connaissait pas, pourquoi l'aurait-elle "demandé" au Duc de Lorraine, lors de sa visite à Nancy ?

Les écrivains traditionalistes avancent arbitrairement la date du voyage de Jeanne à Chinon, précisément pour faire en sorte que René ne puisse  participer à l'entretien de Jeanne et du Duc de Lorraine ! Ils est bien évident qu'ils "subodorent" le rôle important de ce personnage dans la vie de la Pucelle...

A son départ de Vaucouleurs, Jeanne possède un physique de "page", c'est-à-dire de jeune garçon. On veut nous faire croire que ce n'était qu'à cause de sa coupe de cheveux à l'écuelle, à la mode des hommes de guerre de l'époque. Mais, dans la mesure où elle portait un chaperon qui masquait sa coupe de cheveux, c'est plus son allure androgyne qui la faisait ainsi qualifier.

Par ailleurs, on ne retrouve l'allusion à cette coupe à l'écuelle à l'origine que dans le seul témoinagne d'un de ses compagnons d'alors, témoignage fort tardif d'ailleurs...

Plus tard, on la décrira comme une femme bien en chair, et son écuyer, qui l'avait souvent vue nue lorsqu'il l'habillait, parlera de ses "tétins qu'elle avait fort beaux" ; de plus, "elle n'avait point la maladie secrète des femmes", ce qui, traduit en français de notre époque, signifie qu'elle n'était pas (ou plus) réglée. Son écuyer n'est d'ailleurs pas le seul à décrire les seins de Jeanne! Le duc d'Alençon les évoque aussi...

D'autre part, les témoignages de ses compagnons d'armes mettent en évidence le peu d'attirance sexuelle que Jeanne exerçait sur eux!

Bien sûr on doit se méfier de ces témoignages de pure complaisance, mais il faut savoir que l'état de grossesse inhibe la productions des phéromones responsables de l'appel sexuel inconscient de la femme...

A certains moments de sa campagne, elle ne quittera pas son armure pendant une semaine ; quand on sait que l'armure ne comporte pas d'orifice pour les besoins naturels, on imagine la gêne d'un tel comportement...

jeanne dort en armure!

Mais on peut également se poser la question de la raison impérieuse qui pouvait le dicter... Car hormis à cacher un ventre par trop saillant, à quoi pouvait bien servir une cuirasse entre les combats ?

On sait aussi qu'elle devra changer d'armure au cours de la campagne, récupérant celle d'un ennemi! Mais pourquoi?

Jeanne a bien évidement à cet âge (nous avons vu plus avant qu'elle a alors dépassé sa vingtième année) terminé sa croissance! Et la vie militaire trépidante qu'elle mène ne doit pas la conduire à l'obésité, ni même à quelque simple embonpoint.

Il semble alors évident que c'est une autre raison, plus impérieuse celle là, qui oblige notre héroïne à quitter la magnifique cuirasse offerte par le roi, pour revêtir celle prise à un bourguignon...

Elle doit donc abandonner l'armure dont lui a fait cadeau Charles VII, faite à sa mesure quelque temps auparavant et qui avait coûté fort cher au Trésor, pour se contenter de ce qu'on pourrait appeler une armure d'occasion...

D'autre part, cela ne nous apparait aucunement dans les goûts de Jeanne, dont on sait qu'elle prisait beaucoup les beaux vêtements et les belles étoffes! Alors l'armure d'un autre?

Il nous faut donc en chercher la raison ailleurs! Un motif  tout bête ...

Simplement parce qu' après quelques mois de grossesse, elle ne rentre plus dans son armure!

armure de Jeanne armure de jeanne

Ci dessus, l'armure offerte par Charles VII à Jeanne, telle qu'on peut aujourd'hui l'admirer chez un antiquaire parisien.

L'épée de Fierbois

Une autre anecdote rapporte qu'un jour elle poursuit à cheval une ribaude à travers champs, et qu'elle lui casse sur le dos l'épée de Fierbois.

Il faut supposer une colère terrible capable de décupler les forces de Jeanne pour arriver à un tel résultat : une épée qui ne se brise pas en frappant des cuirasses pendant un combat, se brise sur le dos d'une femme? On ne rapporte pas l'état de la pauvre fille après le choc, mais on peut présumer qu'elle devait être très sérieusement touchée, voire morte !

Cela dit, on voit assez mal Jeanne, malgré même un caractère assez "spécial", poursuivre une ribaude à cheval à  travers champs et  pour la frapper de son épée... Il semble plus probable qu'elle a pu corriger cette femme à coups de bâton, puisqu'elle en possédait un, qu'elle nommait son "Martin", avec lequel elle menaçait à tout va... Mais c'est une explication officielle pour la disparition de la célèbre épée de Fierbois, dont on peut lire dans un autre chapitre qu'il s'agissait bien davantage d'un symbole que d'une arme véritable.

Pourquoi cette subite colère, envers une des très nombreuses filles à soldats qui suivaient la troupe à cette époque ? Souvenons-nous que Jeanne est alors à cheval, et entend vraisemblablement une remarque à son passage, faite par une "ribaude" nous dit-on.

Jeanne poursuivant les ribaudes

Qu'avait-elle fait, ou dit à Jeanne ? Peut être avait-elle simplement percé son secret, découvert son état, sa grossesse, et l'avait-elle  raillée? Il est vrai qu'il était alors malvenu pour Jeanne, qui prônait pour ses troupes abstinence sexuelle et  chasteté, de se trouver confondue par une simple fille de joie!

La "Pucelle" engrossée...

Bien sûr, il était plus facile à une prostituée, parfaitement au courant des choses du sexe par obligation "professionnelle" pourrait-on dire, de deviner le secret que Jeanne voulait cacher.

Bien évidemment, la découverte de cette grossesse était moins à la portée de son écuyer Jean d'Aulon, certainement plus au fait des choses de la guerre, qu'à celles du sexe et de l'enfantement.

Et vraisemblablement aussi dans la confidence, mais certainement avait-il  des consignes de silence...

Dans un autre chapitre, nous nous intéressons aux représentations de Jeanne, et nous interrogeons sur une peinture que l'on peut admirer en la basilique de Dresde. Ce volet droit d'un retable peint par Van Eyck fait apparaitre une jeune femme manifestement enceinte, vêtue de vert perdu, et l'épée à la main...
Elle n'a pas d'auréole par contre, ce qui signifie que ce n'est pas une sainte que l'on a voulu representer là... Alors qui?

Qui est cette grande jeune femme rousse vêtue de vert perdu et portant à son cou ce médaillon?

On nous signale par ailleurs que l'on retrouve cette même silhouette de femme sur le retable de l'Adoration de l'Agneau Mystique de Gand, peint par le même peintre... Retable sur lequel on peut apercevoir au premier rang des "Chevaliers du Christ" celle que nous identifions comme Jeanne en costume de guerre...

Une correspondante nous fait une judicieuse remarque:

Lors de son séjour à Vaucouleurs, Jeanne semble piaffer d'impatience de rejoindre la cour pour commencer ses opérations militaires... Pourquoi cette urgence? Pourquoi ne pas attendre les beaux jours pour effectuer un voyage plus facile, au lieu que d'aller traverser un pays gelé? Le témoignage de "Catherine", que l'on retrouve dans les notes sur le procès de Jeanne est particulièrement explicite... "Le temps lui pesait comme à une femme enceinte" , relate ce témoin... Phrase que l'on peut interpréter de moult façons!

Donc Jeanne portait un enfant au début de sa campagne militaire!

D'ailleurs Shakespeare, dans sa pièce "Henri VI", la fait s'exprimer ainsi :

"I am with child, ye bloody homicides:
Murder not then, the fruit within my womb."

Et plus loin, dans la même scène, l'auteur lui fait révéler le nom du père : "René, le roi de Naples".

Selon Wikipedia, René Ier de Naples, ou René d'Anjou, ou encore René de Sicile, surnommé par ses sujets provençaux, le Bon Roi René (né en 1409 - mort le 10 juillet 1480 à Aix-en-Provence), fut seigneur puis comte de Guise (1417-1425), duc de Bar (1430-1480) de fait dès 1420, duc consort de Lorraine (1431-1453) roi de Naples (1435-1442), duc d'Anjou (1434-1480), comte de Provence et de Forcalquier (1434-1480), et roi titulaire de Jérusalem (1435-1480) et d'Aragon.

Mais que devint l'enfant de Jeanne ?

L'enfant nait au moment de la campagne pour conquérir Paris! l'armée est dissoute à ce moment là, et Jeanne disparaitra ensuite de la scène pendant plusieurs mois. Elle doit se trouver à ce moment là au Château de Sully, et c'est là qu'elle va se reposer...

Un de nos lecteurs nous fait part d'une autre hypothèse quant à cet accouchement!

Il aurait eu lieu dans la bourgade de Braine, dans l'Aisne. Nous recherchons d'ailleurs tout complément d'information à ce propos!

Cette éventualité de l'accouchement de Jeanne au premier étage de la maison photographiée ci-dessous a été exposée par un spécialiste de Jeanne lors de la soutenance d'une thèse de doctorat d'état en 1985 devant un jury de la Faculté de Reims. Cette hypothèse n'aurait pas retenu l'assentiment des jurés! Son directeur de thèse l'avait donc au préalable prié de passer sous silence certains points...

Néanmoins, le "thésard" obtiendra une mention : vraisemblablement avait-il édulcoré quelque peu sa version des faits.

Nous avons voulu nous procurer cette thèse auprès de la bibliothèque universitaire de Reims, car elle s'y trouvait référencée par le biais du site SUDOC.

Et rappelons le, il existe forcèment plusieurs exemplaires d'une thèse, dont au moins un détenu par la Faculté devant laquelle elle a été soutenue...

Malheureusement, elle a disparu des rayons de cette bibliothèque... sans que nous puissions obtenir une quelconque explication de la part des autorités universitaires.

Nous nous sommes donc rabattus sur une autre bibliothèque universitaire détentrice de l'ouvrage (Arsenal à Toulouse), pour découvrir que là aussi, elle avait disparu...

La maison de Braine qui aurait abrité l'accouchement de Jeanne, avant sa rénovation.

L'étudiant (s'agissant d'une thèse de doctorat d'Etat, il devait être assez âgé) auteur de la thèse est décédé voilà près de 20 ans! Sur quelles pièces d'archives fondait-il sa théorie, nous l'ignorons encore, mais avons la certitude qu'elles existent toujours.

La maison de Braine existe encore, curieusement laissée à l'abandon jusqu'à récemment sur la place principale de ce village ...

Rappelons en passant que la maison de Metz dans laquelle ont vécu Jeanne et Robert des Armoises a été détruite au XIXème, et que l'auberge de la Rousse a curieusement été détruite par un mystérieux incendie...

Un article publié en Août 2010 dans l'Union-l'Ardennais nous en apprend davantage sur cet édifice:

 

Elle est, avec la collégiale Saint-Yved, l'une des fiertés des habitants de Braine.
Belle bâtisse à colombages située au cœur du chef-lieu de canton, rue du Martroy, la Maison espagnole aurait été construite au début du XVe siècle et la légende veut que Jeanne d'Arc y ait dormi en 1 429.
Aujourd'hui, pourtant, nombreux sont les Brainois à s'inquiéter de sa dégradation qui s'accélère. Achetée et revendue Édifice classé, la Maison espagnole a, jusqu'en 1995, hébergé une charcuterie, date à laquelle le maire de l'époque, Gaston Costeaux, l'avait fait acheter par la commune « pour qu'elle ne se dégrade pas ».
Son successeur, Michel Teneur, a, lui, choisi de la revendre et c'est un particulier amoureux de vieilles pierres qui avait décidé de l'acquérir. Avec son décès, c'est finalement l'un de ses proches qui en est devenu propriétaire*.
Pour l'association de défense de l'environnement, de protection et de sauvegarde du patrimoine de Braine que préside José Pouillard, il y a pourtant « urgence à faire quelque chose ». C'est principalement l'état de la toiture qui suscite l'inquiétude de ses responsables. En plusieurs endroits, les combles sont en effet à ciel ouvert, une dégradation à laquelle les nombreux pigeons, qui ont pris possession des lieux, ne sont sans doute pas étrangers.
« Avec un coup de vent ou un orage, les dégâts pourraient être très importants », relève Viviane Martin, la secrétaire de l'association. « Ce que nous voulons, ce sont des mesures de protection, tout à la fois pour sauver la Maison espagnole mais aussi pour la sécurité des passants. Cela devient dangereux », insiste la Brainoise en montrant les trous béants dans la toiture.
Office de tourisme ? Pour les responsables de l'association, même si la maison appartient à un privé, « le maire a la possibilité de prendre un certain nombre de mesures pour la protéger ». Les défenseurs de la demeure, auquel il n'a pas échappé qu'elle est de nouveau en vente au prix de 90 000 euros, estiment que l'idéal serait en fait qu'elle soit rachetée par une collectivité, pour y implanter l'office de tourisme par exemple.
« La communauté de communes du Val de l'Aisne (CCVA) s'est beaucoup occupée du Fort de Condé. Elle pourrait peut-être penser un peu à Braine maintenant ! », juge Viviane Martin, aux yeux de laquelle « peu importe ce qu'on en fait ensuite, il faut sauver cette maison pour la sauver ». Avant de nous répondre, François Rampelberg, maire de Braine et vice-président de la CCVA que nous avons sollicité a lui, visiblement, voulu se donner le temps de la réflexion.
Philippe ROBIN
*
Nous avons cherché à contacter le propriétaire, mais en vain.

Les "officiels" posent devant la Maison...

En 2010, cette bâtisse était toujours à l'abandon semble-t-il... Or les propriétaires ont su récemment se faire entendre, assistés en cela par une association locale, et le chantier de rénovation est en cours.
Nous reviendrons prochainement sur le sujet!

Cette maison de Braine figure dans des actes  du XVIème sous le nom de "Maison de la Fleur de Lis"

Mais qui pourrait bien être cette Fleur de Lis?  Pourquoi pas la fille de Jeanne, la fleur de Jeanne du Lis, Pucelle de France... 

Rapprochons-nous d'un autre chapitre de notre site, celui qui évoque le "retable", qui nous montre l'image de Jeanne (enceinte), une touffe de muguet entre les jambes... Le muguet, en anglais Lily of the valley, le lis de la vallée!

Il est également à noter que Jeanne, après sa libération en 1436, reviendra dans la région (à Notre Dame de Liesse) avec ses frères. Certainement pour retrouver la trace de sa gamine. Car qu'a-t-on fait croire à Jeanne après cet accouchement?

Que va-t-il se passer alors après cette naissance?

Revenons là encore à René !

Marié de 1420 à 1453 (date de son veuvage) à Isabelle de Lorraine, il en eut plusieurs enfants, dont deux nous posent problème. En effet, ceux-ci se succèdent à une cadence pour le moins bizarre, en fait impossible à tenir pour une femme normalement constituée : Yolande, née au début du second semestre de 1429, vraisemblablement au courant  de l'été, et Marguerite, née en avril 1430.

Nous avons donc là deux enfants qui se suivent à moins de huit mois d'intervalle.

Il est absolument impossible que ces enfants soient issus de la même mère. Et pourtant, cet enfant "impossible" fut accepté et élevé par l'épouse légitime de René d'Anjou comme sa propre fille.

Ce qui dénote, soit d'une grandeur d'âme absolument exceptionnelle, difficile à admettre chez la fille d'un chef d'état qui reçoit en pleine face l'inconduite de son époux, soit plutôt à une parfaite soumission à des intérêts élevés, voir très supérieurs!

Rappelons que le Duc de Lorraine était le vassal de Sigismond Ier, Empereur Romain Germanique, qu'on rencontre à plusieurs reprises dans la saga de Jeanne.

Deux autres points inexplicables de la vie de Jeanne.

D'abord, pourquoi lors de sa libération de la prison où elle était détenue depuis la fin du procès de Rouen, Jeanne réapparait-elle directement en Lorraine ? Orléans lui fera plus tard un accueil plus que chaleureux... Mais elle choisit néanmoins la Lorraine, terre où elle n'a jamais vécu! Notons que Domremy se situe en Champagne...

Ensuite, pourquoi épouse-t-elle Robert des Armoises, parti peu fortuné et qui partira au couvent après son mariage, alors que les plus beaux partis d'Europe peuvent la convoiter ? Rappelons en effet qu'elle est la sœur du Roi de France, la sœur de la Reine d'Angleterre, descend par son père de la famille d'Orléans et par sa mère, Isabeau de Bavière, d'une grande famille allemande.

Il est à noter la vraisemblable implication de la famille de Luxembourg tout au long de l'affaire... On a vu dans un autre chapitre le parchemin établissant qu'une correspondance existait avant Orléans entre Jeanne et l'empereur Sigismond (SERG), et on voit Jeanne libérée séjourner à Arlon, à la cour de Luxembourg...et même y contracter mariage! De plus, la formation de la Pucelle a été faite dans une congrégation dépendant du Saint Empire! et n'oublions point que la Lorraine (et par là même le Duc et son beau-fils René) dépend également du Saint Empire...

De plus, sur le fameux retable de l'Agneau Mystique de Gand, sur lequel l'auteur a fait figurer Jeanne au premier rang de "Chevaliers du Christ", on peut identifier l'homme situé immédiatement derrière elle et qui semble la protéger, comme étant Sigismond de Luxembourg, empereur d'Allemagne...

Concernant le choix du séjour en Lorraine, la réponse est certainement simplement dans ce qu'on appelle "l'instinct maternel" :

Jeanne a donc une fille, née au moment de la campagne de Paris, qui a aux alentours de six ans, et son désir le plus vif est de revoir cette gamine qu'elle n'a pour ainsi dire jamais connue. A cause du secret à garder bien sûr, mais aussi de la campagne militaire, de la capture et du procès, puis de la captivité qui s'ensuivit. Et surtout à cause du rôle à jouer qu'on lui avait dévolu...

Quoi de plus naturel que cet instinct maternel? On a là une mère qui a pour des raisons politiques (ou religieuses) abandonné son bébé, et qui, maintenant que presque tous l'ont laissé choir, ou bien que sa mission est accomplie, souhaite revoir son enfant.

Et après avoir retrouvé sa fille, qui habite à Pont à Mousson, à la Cour de son père René, Jeanne va vouloir demeurer près d'elle.

Il n'est pas évident en effet que jeanne ai connu en captivité le sort de son enfant. Peut être l'avait-on fait passer pour mort, à ses yeux. Ce qui explique la quasi adoption par l'épouse de René d'Anjou.

Et peut être a-t-elle dû enquêter par la suite pour retrouver sa fille... Ce qui explique son voyage à Notre Dame de Liesse, (un prétexte), lieu guère éloigné de Braine...l'endroit où elle a accouché.

Il est bien évident qu'elle ne peut alors habiter chez René, son (ancien?) "amoureux", mais va demeurer à proximité en épousant le sire des Armoises.

Et puis, cela permet en passant de respecter les convenances: Jeanne est alors mariée, même si son mari est parti au couvent, lui laissant sa totale liberté.

Enfin, n'oublions point que Robert des Armoises était le vassal de René! 

Alors mariage convenu, prétexte?

Le château de Jaulny, ou la maison de Metz, où va vivre Jeanne des Armoises, Pucelle de France, ne sont situés qu'à quelques kilomètres de Pont-à-Mousson, l'endroit où se tient la cour du Duc de Lorraine, René.

Il nous semble particulièrement curieux que la municipalité de Metz ait autorisé la destruction de la Maison que Robert des Armoises possédait en face de l'église Ste Ségolène... On y a toutefois récupéré la porte d'un lit clos gravé des portraits des deux époux... détenue en ses réserves par le Musée de la Cour d'Or de cette même ville de Metz...

La porte du lit clos récupérée lors de la démolition de la maison, avec les effigies de jeanne et son époux...

Cette situation de a Pucelle présente de nombreux avantages d'autre part:
En effet, Jeanne ne se trouve plus en "France" de ce fait, mais en Lorraine, sous la protection de René, et par là même, de l'Empereur Sigismond Ier . Il y avait vraisemblablement beaucoup de choses à craindre pour elle dans le royaume de Charles VII, mais bien moins en territoire étranger.

N'oublions pas non plus que c'est ce même René qui protégera plus tard un autre évadé célèbre, Jacques Cœur!

René retrouve alors son amour d'adolescence! Souvenons-nous que son mariage avec Isabelle de Lorraine était un mariage complètement arrangé par sa mère!  Il avait été "fiancé" à 8 ans, et avait dû épouser une femme de 11 ans son ainée...

Concernant l'enfant de Jeanne et de René, c'est donc Yolande!

Celle-ci épousera en 1445 Ferri II, Comte de Vaudémont!

Le 8 Avril a lieu en effet à la cour du Roi René le mariage de sa fille Yolande avec Ferri  II de Lorraine, mais en même temps le mariage de son autre fille Marguerite avec Henry VI, Roi d'Angleterre...

Bien sûr, le ban et l'arrière ban sont conviés aux festivités, ainsi que bien sûr les parents et alliés!

Ce qui fait que non seulement Robert et Jeanne des Armoises sont là, mais que Charles VII est présent lui aussi!

C'est à la date de ce mariage que nous situons celle de la création des fresques de Jaulny... Les deux portraits commémorent la cérémonie de mariage de Yolande... La mère de la mariée en habits de cérémonie!

Yolande ira bien sûr à compter de son mariage vivre avec son époux, et elle se trouve à partir de cette date, 1445, au Château de Vaudémont, sur la colline de Sion!

Une chose nous a surpris dans nos recherches: On ne connait pas grand chose de Yolande de Bar, à commencer par sa date et son lieu de naissance... Selon les sources consultées, elle est née à une date inconnue, entre Juillet et Décembre, et on envisage différents lieux de naissance, dont la Meuse, Nancy, et Pont-à-Mousson!
Bizzare pour cette fille de René d'Anjou dont on connait tout des autres enfants, même des batards...
De même est-il impossible de trouver un portrait d'elle, quand bien on peut trouver sur Internet le portrait peint du dernier des capitaines de cette époque...

Et devinez quel village est très proche de Sion?

Pulligny bien sûr...