English German Spain Italian Dutch Russian

Jeanne ou St Maurice ?Les secrets de Jeanne - Questionnements & hypothèses

Le point sur le prieuré de Sion

Diverses considérations sur Pierre Plantard, les « dossiers secrets », le Prieuré de Sion et les rapports avec nos recherches historiques

« Il est difficile d’attraper un chat noir dans une pièce sombre, surtout lorsqu’il n’y est pas. »

(Proverbe chinois)

Depuis un certain nombre d’années la recherche historique est perturbée par des romances issues de publications qui ne sont pas des récits historiques mais qui sont considérées comme tels par certains lecteurs.
Ces livres qui ont connu un grand succès de librairie désignent quelques personnages qui interfèrent dans la période johannique, et la Pucelle elle-même, et permettent ainsi des confusions regrettables et des extrapolations fantaisistes.
Nos investigations sont perturbées par de la documentation fallacieuse créée par des personnes qui ont des ambitions personnelles dans des domaines étrangers à la recherche historique.

Un personnage ayant côtoyé la Pucelle, un compagnon d’armes a été introduit par des individus peu scrupuleux dans une organisation appelée « Prieuré de Sion » pour satisfaire les ambitions politiques fantaisistes d’un prétendant au trône de France (au titre de la résurgence de la monarchie mérovingienne).
On remarque au passage que les Mérovingiens ayant eu un grand nombre d’enfants, il est plus que probable que toutes les personnes d’ascendance de l’Europe de l’Ouest ont au moins un roi mérovingien parmi leurs ancêtres.
On trouve dans le numéro 18 de la revue trimestrielle (numéro spécial – deuxième série) Le Charivari l’affirmation que Jeanne d’Arc et Gilles de Rais auraient été membres de cette organisation ! (Voir les numéros 18 du 01/11/1973 et 19 du 01/02/1974). Nous présentons ci-dessous le numéro 19 qui titre "Les trésors Templiers".

 

Un amalgame analogique est fait entre des entités portant le nom de Sion et des personnages historiques qui sont rattachés à cette entité, à notre grand étonnement.
René d'Anjou (de 1418 à 1480) et Yolande de Bar (de 1480 à 1483) sont de plus cités dans la liste des « Grands Maîtres » d’un « Prieuré de Sion » ! Les historiens ne peuvent accréditer cette affirmation qui ressort de faux documents déposés à la Bibliothèque Nationale et non de documents historiques d’époque comme nous allons le voir.
Ce « Prieuré de Sion » est également désigné comme "l’Ordre de la Nef et du Croissant", ou comme "Ordre Militaire de la Nef, ou Ordre du Navire, ou Ordre des Argonautes de Saint-Nicolas" !

Les historiens s’indignent car l’Ordre de la Nef n’a rien à voir avec l’Ordre du Croissant d’une part, et d’autre part, cet ordre fut créé en d’autres lieux, et à une autre époque (en 1382), par le roi de Naples Charles de Duras, afin de perpétuer le souvenir du couronnement de sa femme, la reine Marguerite.
Ce prince se déclara chef et souverain maître de l'ordre, et imposa aux chevaliers la règle de Saint Basile. Aucun pontife ne confirma cette fondation, qui disparut à la mort de son fondateur, survenue en l'année 1386.
René d’Anjou fut, par contre, le créateur du second "Ordre du Croissant", qui n’a rien à voir avec le premier du même nom, et qui n’a rien à voir non plus avec un « Prieuré de Sion » ou avec l’Ordre de la Nef.

Nous avons déjà montré à nos lecteurs comment un faussaire en matière de généalogie, Charles du Lys (voir notre article sur la noblesse de la famille d’Arc), voulait nous faire accréditer l’anoblissement de la Pucelle pour des raisons personnelles et familiales, avec pour conséquence de renforcer la thèse officielle de la petite paysanne roturière d’abord puis anoblie ensuite!

Nous avons maintenant un autre sujet tout aussi dangereux pour l’histoire johannique.

Cet article fait état de faux documents déposés à la Bibliothèque Nationale concernant une organisation présentée comme secrète dite « Prieuré de Sion » et d’une liste de responsables de cette même organisation évidemment totalement fictive dans laquelle René d’Anjou est distingué comme étant l’un des Grands Maîtres.

Mais dans cette dernière affaire la justice a été amenée à se prononcer et le principal responsable a reconnu ses turpitudes. Tous les signalements de police, rapports, comptes rendus des renseignements généraux et relations judiciaires étant déposés sur le site internet de Paul Smitt , nous n’en ferons pas état dans le détail pour chaque période.

Le « Prieuré de Sion » est une création contemporaine ayant fait l’objet d’une déclaration associative en sous-préfecture le 25 juin 1956 par Monsieur Pierre Plantard (Journal Officiel du 20 juillet 1956 – page 6731 – colonne 2).
Il ne doit pas être confondu avec :

1 – L’abbaye de Jérusalem contemporaine de la première croisade appelée l’Abbaye Notre-Dame de Sion. Godefroy de Bouillon, devenu roi de Jérusalem quand il mena la première de ses expéditions, fonda en 1099 dans sa capitale Jérusalem, une Abbaye d’Augustins (chanoines réguliers) dits de Notre-Dame de Sion.

GODEFROY DE BOUILLON

L’ABBAYE AUGUSTINE DE NOTRE DAME DE SION A JERUSALEM

En 1149, des religieux de celle-ci vinrent en France où le Roi Louis VII (1120 – 1180) leur donna, près d’Orléans, la vieille abbaye Saint-Symphorien qui devint l’abbaye Saint-Samson.
Le pape Adrien IV (1100 – 1159) confirma cette donation en laissant les moines sous la règle de Saint Augustin. L’abbaye se délita; en 1289, elle n’avait plus qu’un moine. On décréta donc l’extinction du monastère et ses biens passèrent aux religieux de l’abbaye de Saint-Jean-le-Blanc qui adoptèrent la règle des Capucins.
En Palestine, les moines de l’abbaye (elle n’était pas un prieuré, son supérieur ayant le titre d’abbé, non de prieur) et ceux de sa dépendance de Saint-Léonard à Saint-Jean-D’acre se maintinrent jusqu’à la poussée musulmane de 1291. Peu y survécurent; ils se réfugièrent en Sicile où leur communauté s’éteignit au XIVème siècle. Ses archives rejoignirent en France celles de l’abbaye Saint-Samson (Voir les Actes des Souverains antérieurs au XIVème siècle conservés dans les archives départementales du Loiret – Fonds du Prieuré de Saint-Samson d’Orléans – par Jacques Soyer archiviste du Loiret).

L'abbaye de l'ordre des Augustins de Saint-Samson à Orléans, et petit prieuré de Montission, dépendant de Saint-Samson

Après la Révolution, elles passèrent à Orléans aux Archives départementales du Loiret. Les bombardements de la guerre de 1939 – 1945 détruisirent une partie de ses archives monastiques. Quatre articles en avaient été tirés de 1888 à 1909. Nous sommes donc en présence de l’histoire banale d’une petite communauté religieuse d’origine médiévale semblable à tant d’autres qui s’effacèrent comme elles (cf. tiré de Les Illuminés et le Prieuré de Sion de Massimo Introvigne – Edité chez Xénia – Le chaînon manquant – Mai 2006).

2 – L’Abbaye Cistercienne Notre-Dame du Mont-Sion fondée en 1242 par l’abbesse et les Moniales de Saint-Pons auprès d’une église et d’un hôpital dans un faubourg de Marseille; Jean Petit, Abbé de Cîteaux, introduisit dans cette maison les observances réformées de son ordre. Les archives départementales locales conservent onze archives et treize liasses de cette Abbaye allant du XVIème au XVIIIème siècle. Cette Abbaye n’a jamais fait l’objet de spéculations religieuses, politiques ou historiques (cf. Abbayes et prieurés de l’Ancienne France par Dom Beaunier – Tome II – Les provinces ecclésiastiques d’Aix, Arles, Avignon et Embrun par Dom J.-M. Besse) .

3 – La Confrérie de l’Assomption de Notre-Dame dont les membres portaient le titre de Chevaliers de Notre-Dame de Sion créée en 1396 par Ferri 1er de Vaudémont dans le but de mettre fin aux luttes fratricides des seigneurs entre eux. Le moyen employé est la dévotion à la Vierge et Ferri introduit à cet effet la Trêve de Marie, de Notre-Dame de Sion, qui rappelle la Trêve de Dieu.

Cette confrérie a été créée en l'honneur de l'Assomption de Notre-Dame, dont on ne pouvait faire partie sans être gentilhomme ou franc-bourgeois. Les pèlerinages vont se développer sous l’influence des comtes de Vaudémont devenus ducs de Lorraine. Une église, dédiée à Notre-Dame, fut élevée à Sion, centre d’une très vaste paroisse à l’époque carolingienne. Dans cette paroisse se trouvait Vaudémont, dont les comtes favorisèrent le culte de la Vierge: au début du XIVe siècle, Henri II construisit le chœur de l’église actuelle où il plaça une très belle statue de Notre-Dame allaitant l’Enfant Jésus, malheureusement détruite en 1793.

En 1396, le comte Ferri et sa femme fondèrent donc, avec 36 seigneurs du pays qui dépendaient de lui et qui étaient ses vassaux, la Confrérie des chevaliers de Notre-Dame de Sion.
Et c’est au XVIe siècle qu’un pèlerinage y prit un grand développement, devenant le centre religieux du patriotisme lorrain. En 1669, le duc Charles IV, à qui Sion doit beaucoup, fit par acte notarié donation solennelle de ses états à la Vierge Marie, qu’on honora dès lors du titre de Duchesse de Lorraine.
Les successeurs de Charles IV ne furent pas moins fidèles à Notre-Dame de Sion; le roi Stanislas lui-même, très dévot, fit construire la nef de l’église, telle qu’elle existe encore. La Révolution sembla anéantir le pèlerinage car l’antique statue fut brisée pendant que le sanctuaire était déserté. Mais, dès 1797, le culte y fut rétabli et on remplaça l’image disparue par une gracieuse statue provenant de Vaudémont.
Cette confrérie qui n’offre rien de particulier à son époque fait l’objet de manipulations diverses en matière ésotérique. On nous raconte qu’à l’occasion du mariage du fils de Ferri 1er avec Yolande de Bar, fille du Bon Roi René d'Anjou, la "Confrérie de l'Ordre de Notre-Dame de Sion" et le fameux "Prieuré de Sion" auraient fusionné ! Il faut bien donner de la crédibilité à l’invention contemporaine du "Prieuré de Sion" et pour cela on pratique l’amalgame entre une entité médiévale réelle et une entité moderne créée avec de fausses pièces pour les besoins de la cause d’un seul individu … Nous nous répétons, mais cela est nécessaire et les explications suivent dans la suite de l’article.

4 - La Congrégation de Notre-Dame de Sion créée par Théodore Ratisbonne en 1843. Théodore Ratisbonne, (né le 28 décembre 1802 à Strasbourg et décédé le 10 janvier 1884 à Paris) était un prêtre français d'origine juive converti au catholicisme. Prédicateur et écrivain distingué, il fut directeur de l'Archiconfrérie des Mères chrétiennes. Il fonda en 1843 la Congrégation de Notre-Dame de Sion avec l'aide de son frère cadet, Alphonse Ratisbonne.
Il fut aussi le directeur spirituel du Père Hermann Cohen.
En 1843, il fonda la Congrégation de Notre-Dame de Sion en action de grâce pour la conversion de son frère et en fut nommé le supérieur général. Des maisons s'ouvrirent alors pour l'éducation chrétienne des garçons et des filles juifs. Pie IX donna à Théodore Ratisbonne de nombreuses marques de son affection, et Léon XIII le nomma protonotaire apostolique.
A sa mort, il reçut les derniers sacrements des mains de l'archevêque de Paris Monseigneur Guibert, accompagnés de l'ultime bénédiction de Léon XIII. Il repose dans le parc de l'école Notre Dame de Sion à Évry. Cette Congrégation bien connue n’a jamais fait l’objet de problèmes historiques particuliers au regard de son nom.

5 - La Confrérie de Notre-Dame de Sion créée en 1856 par Monseigneur Menjaud pour aider à la construction du monument en l’honneur de l’Immaculée Conception sur la colline de Sion.
Le monument est magnifique aujourd’hui. L’Abside est du XIVème, la nef du XVIIIème et la tour du XIXème. Une tour extérieure de 45 mètres avec une statue monumentale de la Vierge de sept mètres de haut donnent son apparence définitive à la Basilique. Aujourd'hui, après 150 ans de présence de la communauté des oblats, le diocèse et la communauté des Clarisses perpétuent la dimension spirituelle et l'accueil des pèlerins.

LA BASILIQUE DE SION

Le pèlerinage à Sion, qui subsiste encore, et dont l'origine remonte aux temps les plus reculés, a succédé peut-être aux fêtes que les Gallo-Romains célébraient en l'honneur d’une déesse païenne.

En effet, sur le plateau de Sion, dès la période gauloise, les hommes venaient honorer Rosmertha, déesse de la fécondité.
Les romains ont ensuite édifié ici un temple à Mercure, dieu du commerce. Le premier témoignage du christianisme en Lorraine, qui remonte au Vème siècle, a aussi été découvert sur ce site.

La basilique et les bâtiments religieux

Sion s’est révélé très tôt un lieu de dévotion populaire, s’affirmant comme un lieu dédié à la Vierge Marie à partir du Xème siècle. Sion est un des lieux du diocèse de Toul où le christianisme s’établit dès les premiers temps. On y a trouvé l’épitaphe d’un jeune chrétien, nommé Nicetius, qui vivait au IVe ou Ve siècle.
Une église, dédiée à Notre-Dame, y fut élevée, centre d’une très vaste paroisse à l’époque carolingienne. Mais c’est au XVIème siècle surtout que le pèlerinage prit un grand développement, devenant comme le centre religieux du patriotisme lorrain… L’évêque de Nancy confia l’église de Sion aux Oblats de Marie Immaculée dès 1850 pour répondre à une situation d’urgence.
Les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée occupèrent le site jusqu’en 2006.
Cette maison est donc une des plus anciennes de la Congrégation et son histoire est particulièrement riche.
Sion est d’abord un sanctuaire marial à l’histoire plus que millénaire, un des plus importants de l’Est de la France. Son développement doit donc beaucoup aux Oblats.
Sion a été tour à tour ou simultanément pour les Oblats : juniorat, noviciat, scolasticat, maison missionnaire, maison provinciale de la Province de France-Nord.
Après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, on édifia la tour de l’église dominée par la Statue de Marie-Immaculée. En 1873, le 10 septembre, par ordre du bienheureux Pie IX, la statue du sanctuaire fut couronnée. Dans les époques les plus troublées de notre histoire récente, de 1870 à 1945, Notre-Dame de Sion fut considérée comme le haut-lieu de l’unité lorraine, perdue et retrouvée à deux reprises du fait des conflits avec le voisin Allemand. Pie XI érigea le sanctuaire en basilique en 1933.
Aucun problème pour les historiens avec cette Confrérie qui n’est pas, comme les précédentes, une société secrète. On peut même dire que c’est tout l’inverse…
Pour plus d'info sur Sion, visitez le site.

NOTRE DAME DE SION – BONNE DUCHESSE - REINE DE PAIX – GARDE TA LORRAINE

LA COLLINE DE SION AVEC SA BASILIQUE

Le lien entre les institutions précitées et le « Prieuré de Sion » ne peut être établi sur le plan historique car le Prieuré de Sion est créé postérieurement, en 1956. La première institution est un monastère dont la maison mère est en Terre Sainte, la deuxième une abbaye cistercienne, la troisième une confrérie en l’honneur de la Vierge Marie attachée à un sanctuaire en France et créée pour des raisons sociales et humanitaires, la quatrième une congrégation enseignante et la cinquième une confrérie de donateurs pour la construction d’un monument religieux.

Par ailleurs, les relations politiques et religieuses entre le Roi René, la Pucelle, les Orléans, les Armagnacs, les Universités, les religieux, les rois, les princes, les papes de l’époque, etc. nous intéressent et sur ces sujets nous avons de la documentation historique à profusion. Des synthèses restent néanmoins à réaliser pour comprendre le rôle politique de tous ces intervenants. Les chercheurs attachés au site s’emploient activement dans ce domaine mais sont obligés de se démarquer des romanciers pour conserver une certaine éthique attachée au travail historique.

En ce qui concerne les recherches dans les fonds privés d’Eglise, certaines observations doivent être faites. On remarque les archives d’Eglise qui concernent la Pucelle ou les personnages que cette dernière a côtoyés sont bien évidemment contrôlées et ont été ou seront sûrement assainies de tout ce qui peut porter préjudice à l’Institution dont ces archives dépendent.
Ces archives ne sont pas ouvertes au public sans restriction.
Il faut se souvenir des difficultés de Schneider (l’historien catholique éminent cité dans notre bibliographie) qui a découvert le procès de Poitiers dans les archives vaticanes et qui n’a pu publier le produit de ses recherches.
Les archives secrètes du Vatican créées en 1612 présentent des pièces rares sur les Templiers et l’Inquisition qui y sont recensées d’après les renseignements que l’on peut avoir… Quelques documents sont montrés à certains chercheurs mais une recherche exhaustive ne peut être réalisée.

Nous savons aussi que le procès en rupture de fiançailles de la Pucelle est toujours entre les mains des archivistes diocésains et qu’il n’est même pas recensé officiellement.

On peut d’ailleurs se demander pourquoi la République ne s’est pas rendu détentrice de ces archives qui concernent le passé des Français et le passé de toutes les familles de France. L’Eglise bénéficiait d’une fiscalité adaptée au Moyen-âge (les privilèges ou droits privés) compte tenu de son rôle social dans la société et on peut donc se demander si ses anciennes archives n’appartiennent pas aussi à la Nation et pas seulement à l’Eglise aujourd’hui.

Les archives secrètes du Vatican

"Les Archives Secrètes Vaticanes" (archivio segreto vaticano) constituent justement un des organes de la Bibliothèque apostolique vaticane tout en s'en distinguant malgré tout comme institution dans l'institution. En cela, la bibliothèque apostolique vaticane fonctionne à la fois comme une bibliothèque traditionnelle et comme un fond d'archives.
Auréolées de mystères, au cœur des élans fictionnels de Dan Brown, les archives secrètes vaticanes offrent en réalité d'abondantes et riches ressources.
Conservant toutes les archives de la papauté depuis le Moyen-âge, les Archives Secrètes du Vatican se distinguent dans le monde avec ses plus 85 kilomètres de rayonnage. Elles furent fondées par Paul V (1605-1621). A noter que le qualificatif "secretus" rattaché aux archives est à comprendre dans le sens qu'on lui donnait autrefois, à savoir "privé", "réservé au souverain".
Ces Archives regroupent tous les fonds relatifs aux représentations pontificales (nonciatures, délégations apostoliques), les fonds des Conciles, des fonds privés (familles, ordres, religieux) et des fonds de dicastères » et bien sûr tous les documents qui concernent l’Inquisition et les procès de la Pucelle (cf. : PETTINAROLI, Laura. Les Archives vaticanes : des ressources pour l'histoire contemporaine)

Nous pourrions également penser qu’entre l’Eglise Catholique et le Citoyen Français dans un pays sous Concordat une collaboration plus fructueuse pouvait enrichir les deux partis.

Donc, peu de coopération à attendre des hiérarchies catholiques, comme nous le montre l’expérience, et peu de chances donc de récupérer les documents qui nous intéressent, dont l’existence est avérée mais classés dans des fonds de la Bibliothèque Vaticane ou du diocèse local.
L’inaccessibilité pour les chercheurs non agréés à toutes les pièces de ces fonds est la preuve de ce que nous avançons
.

Ces confusions concentrent et égarent la recherche historique sur des sujets qui n’offrent, et pour cause de falsification, aucune possibilité de découverte nouvelle.

Cela étant, il faut bien considérer aussi que les recherches concentrées sur des complots imaginaires ou sur des ordres chevaleresques ou religieux tout aussi imaginaires ne peuvent non plus évidemment aboutir.

Il convient donc de faire la part des choses et pour cela nous devons prévenir les lecteurs attachés à notre site en fournissant la documentation nécessaire sur ces phénomènes.

Il y a donc le faussaire qui donne les idées (Pierre Plantard), il y a la petite main (Philippe de Chérisey) qui crée matériellement des faux documents, il y a la Bibliothèque Nationale qui conserve ces mêmes documents (on ne lui reproche rien car c’est le principe de son activité), et il y a l’organisme qui est créé dans les faux documents (Le Prieuré de Sion). Le bénéficiaire de toute l’opération est le maître d’œuvre Pierre Plantard, encore lui, comme nous allons le voir.

Nous donnerons des informations sur Pierre Plantard, le créateur du Prieuré de Sion en 1956, sur les documents dits « dossiers secrets » créés par ce dernier avec Philippe de Chérisey et sur le « Prieuré de Sion » enfin. Pour éviter toute confusion à notre tour chaque sujet sera explicité sans éviter les redites.

Pierre Plantard co-auteur des « dossiers secrets » d’Henri Lobineau en 1967 :

Pierre Athanase Marie Plantard, né à Paris le 18 mars 1920 et mort à Colombes (Hauts-de-Seine) le 3 février 2000, dessinateur de métier, est surtout connu pour avoir longtemps prétendu être un des descendants de la lignée des Mérovingiens.
Fils unique, issu d'une famille modeste (son père est maître d'hôtel, sa mère femme de ménage), Plantard quitte l'école à 17 ans.
Devenu sacristain à l'église Saint-Louis-d'Antin, dans le 9e arrondissement de Paris, il milite dans diverses associations d'extrême droite ce qui le mène à la fondation de divers groupes antisémites tels que Rénovation nationale française ou Alpha Galates.
Mais il est surtout connu pour être le co-auteur en 1967 des dossiers secrets d'Henri Lobineau déposés à la Bibliothèque Nationale. Pierre Plantard s'est imaginé une ascendance noble à travers une généalogie mérovingienne fabriquée sur mesure et toute une série de noms d'emprunt au fil de sa vie : « Varan de Verestra », « Pierre De France », « Chyren » et après 1975 « Pierre Plantard de Saint-Clair ».

Pierre Plantard s'essaiera une vingtaine d'années en politique, à l'extrême droite de l'échiquier français.

Pierre Plantard fait un bref passage à l’Action Française. C’est un admirateur de la Cagoule qui est créée à la suite de l'assaut manqué contre la Chambre des députés le 6 février 1934. Deux dissidents de l'Action française, Eugène Deloncle et Jean Filliol, fondent le " Comité secret d'action révolutionnaire " (CSAR), organisation secrète, structurée, qui s'étend à toute la France et qui prépare la guerre civile en tentant d'y entraîner l'armée. Elle passe à l'acte en organisant un attentat le 11 septembre 1937 contre la Confédération générale du patronat français et du groupe des industries métallurgiques : la police passe alors à l'action et arrête l'état-major civil en juillet 1938, alors que les militaires compromis rentrent dans les rangs. Certains de ses éléments les plus actifs font partie de l'équipe dirigeante de la Milice ou des mouvements collaborationnistes gravitant autour.

Plantard voulait, en réalité, revenir sur le conflit entre Maurras et Deloncle, rappeler son adhésion au dissident et présenter son organisation comme une continuation de la Cagoule avec l’aspect de la dimension secrète de l’organisation terroriste. Un article du numéro 4 du 21 décembre 1943 de Vaincre, le périodique de Plantard, est essentiel sur ce point. Il est signé du philosophe du droit Louis Le Fur. Ce texte recule l’origine de l’Alpha-Galate au-delà de 1943, justement au 06 février 1934, jour où Le Fur, amer et désillusionné, aurait écrit à un orientaliste, le comte de Moncharville, qui signa plusieurs articles dans Vaincre. Le 21 janvier, Moncharville lui aurait dit de s’adresser à l’ésotériste Georges Monti. Le Fur l’aurait fait le jour suivant et serait devenu six mois plus tard membre de l’Alpha Galates, qui aurait donc préexisté. Le Fur le décrit comme un groupe secret « exerçant un pouvoir suprême » ; il serait la base arrière d’une grande partie des organisations de l’extrême-droite européenne et serait intervenu dans la guerre civile espagnole. Le comte de Moncharville en aurait été le chef suprême jusqu’au 21 septembre 1942, où il aurait abdiqué en faveur de Pierre de France, donc de Plantard. Or, il n’y a pas trace de l’Alpha-Galates avant l’été de 1942 ! Mais tout montre que Plantard préparait le montage sur le Prieuré de Sion.

En 1937, Pierre Plantard fonda l’Union Française, groupuscule d’antisémites, admirateurs de Deloncle et de Franchet-d’Esperey, qui devaient ignorer leur existence.

Après la déclaration de la guerre, le 08 septembre 1939, Plantard écrit à Daladier pour le supplier « d’arrêter une guerre créée par les Juifs dans laquelle tant de vies tomberaient ».
En 1940, après les accords de Munich, il demande au Président du Conseil, Edouard Daladier, l’autorisation de faire paraître un journal au titre évocateur de Rénovation Française. Cette dernière lui étant refusée, il fait paraître son journal, sous forme de tracts hebdomadaires gratuits tirés à 10 000 exemplaires. On ignore l’origine des fonds utilisés par Plantard pour diffuser son hebdomadaire mais compte tenu de l’orientation politique de ce dernier on peut faire des suppositions sans risque de se tromper beaucoup.

Le 16 décembre 1940 Plantard écrit au Maréchal Pétain pour dénoncer un complot juif et franc-maçon qui se développe dans le pays. Ce dernier se présente comme conférencier et journaliste, rappelle les termes de sa précédente lettre à Daladier et enjoint au Maréchal d’agir au plus vite. Une enquête fut diligentée sur Plantard (cf. documentation tirée du livre les sources secrètes du Da Vinci Code de Jean-Jacques Bedu – Editions du Rocher 2005)

En décembre 1940, Pierre Plantard se dit dirigeant d’une structure dénommée Rénovation Nationale Française. Le 21 avril 1941, il écrit à la Préfecture pour l’informer que son mouvement a décidé, avec « l’appui des hautes autorités allemandes, de prendre possession du local inoccupé situé au 22 place Malesherbes et loué à un juif anglais, M. Shapiro ». La permission sera refusée par les autorités allemandes le 3 septembre 1941.
En février 1941, un rapport de la préfecture de police, établi à la demande du secrétaire d’Etat à l’Intérieur, signale que Pierre Plantard est « l’un de ses jeunes gens illuminés et prétentieux, chefs de groupements plus ou moins fictifs, voulant se donner de l’importance et qui profitent du mouvement actuel en faveur de la jeunesse pour tenter de se faire prendre en considération par le Gouvernement ».
La Police conclut que le mouvement Rénovation Nationale Française semblait être un groupe imaginaire qui n’avait d’existence réelle que dans l’esprit de Plantard.

Pierre Plantard fonde Alpha Galates en 1942 (association déclarée à la Préfecture de Police de Paris), mouvement d'extrême droite qui soutiendra le régime de Vichy. Son bulletin mensuel de quatre pages, Vaincre - Pour une jeune chevalerie, n'est publié et distribué gratuitement qu'à six reprises entre septembre 1942 et février 1943. Il y signe des articles sous le nom de Pierre De France ou Pierre De France-Plantard. Plantard réussira à faire passer l’organe de presse Vaincre pour un organe de la Résistance auprès des auteurs de l’Enigme sacrée ! On mesure le niveau de méfiance de ces derniers !
Alpha Galates fait remonter sa fondation aux temps des Gaulois pour légitimer ses grades curieusement druidiques ! L’ordre Alpha Galates est ensuite symboliquement associé sans aucune preuve au Grand Prieuré des Gaules (ordre maçonnique authentique de rite écossais rectifié). Pierre Plantard introduit donc dans son ordre en plus des repères druidiques des repères de grades maçonniques en totale incohérence avec ses idées politiques antimaçonniques ce qui rend le montage très peu crédible à l’époque. Et les grades maçonniques à l’époque des Gaules sont pour le moins atypiques…

LE LOGO DE L’ALPHA GALATES

Un rapport de police, en date du 3 janvier 1943, nous renseigne à nouveau sur Plantard : « Tout est l’œuvre d’un illuminé, d’un jeune homme prétentieux et sans grande formation intellectuelle ».
Le 03 septembre 1943 la préfecture et les autorités allemandes lui interdisent toute activité.

A la Libération, il essaie de faire passer ses organisations pour des groupes de résistance.
Paul Smith note que " Pierre Plantard a été condamné le 17 décembre 1953, par la cour de Saint Julien-en-Genevois, à 6 mois de prison pour abus de confiance.
La preuve se trouve dans une lettre écrite par le maire d’Annemasse en 1956 au sous-préfet de St Julien-en-Genevois, que l’on trouve dans le dossier contenant les statuts du Prieuré de Sion et les documents d’enregistrement du Prieuré de Sion de 1956 :

Dans nos archives nous avons une note de l’INSSE datée du 15 décembre 1954 nous informant que Monsieur Pierre Plantard a été condamné le 17 décembre 1953 par la cour de St Julien-en-Genevois à 6 mois d’emprisonnement pour abus de confiance selon les articles 406 et 408 du Code Pénal.

En 1956, il fonda à Annemasse le Prieuré de Sion, dont André Bonhomme fut président jusque 1973. Une affaire de détournement de mineur conduisit Plantard en prison en 1956 – 57, ce qui l’amena à déménager le « Prieuré » à Paris. En 1960 il s’associa à Gérard de Sède qui avait popularisé la croyance en l’existence d’un trésor templier sous le château de Gisors.

Les pièces essentielles des mystifications ésotériques sont issues du contact que Plantard aurait eu, avant et pendant la guerre, avec le milieu synarchiste de Saint-Yves d'Alveydre, notamment par l'entremise d'Israël Monti (Marcus Vella), alias Georges, Monti (1885-1936). Ce sont sans doute ces premiers éléments qui l'ont poussé, en 1947, à rassembler les papiers légaux nécessaires à la création de l’Académie Latine, organisation dont le but était la recherche historique. Mais il faudra réellement attendre le milieu des années cinquante pour le voir répandre, dans les cercles catholiques, une version de son histoire personnelle qui accrédite son ascendance royale, Plantard se disant descendant de Dagobert II, Mérovingien et prétendant au trône de France.
Le 8 juillet 1951, il est initié au Grand Orient de France par la loge "L’Avenir du Chablais" à Ambilly.
En décembre 1953, à la sortie de six mois de prison pour abus de confiance, Plantard déclare être le dirigeant d’une organisation cachée, le « Prieuré de Sion ». Le 7 mai 1956, il en dépose les statuts à la sous-préfecture de Saint-Julien-en-Genevois. L’objectif en version officielle du projet de cette confrérie serait de rénover moralement l’Europe en réalisant l’unification du continent. Le projet est pour le moins ambitieux mais quelquefois plus c’est gros et mieux cela passe dans l’opinion.
Pour donner une crédibilité à ses propos, Plantard n'hésite pas à fabriquer et introduire anonymement, entre 1964 et 1967, à la Bibliothèque Nationale de Paris, une série de faux documents sous le nom des Dossiers secrets d'Henri Lobineau : parmi ceux-ci un document relatif au Prieuré de Sion.
Son dernier coup d’éclat se situe lors de la crise de mai 1958 lorsqu’il prétend être l’un des organisateurs des comités de salut public en métropole.
En réalité Plantard voulait construire un prieuré qui devait servir de centre d’études, de méditation, de repos et de prière.
André Bonhomme se démit de la présidence du Prieuré le 17 août 1973 car il ne voulait plus être associé aux initiatives de Plantard. Dans la louable intention de démythifier le « Prieuré de Sion », il a déclaré plusieurs fois que le seul but du Prieuré était d’appuyer un projet de construction d’HLM à Annemasse et de critiquer les politiciens du cru qui s’y opposaient. Ce sujet est l’unique thème du premier numéro de Circuit, modeste bulletin polycopié publié le 27 mai 1956.
En 1960, Plantard s’associa à Gérard de Sède qui avait popularisé la croyance en l’existence d’un trésor templier sous le château de Gisors.

Le Prieuré de Sion sortira de son quasi-anonymat à la fin des années 1970, lorsque Plantard contacte Gérard de Sède, l'auteur d'un livre sur l'histoire de Gisors: Les Templiers sont parmi nous (1976). Cette rencontre aboutira au deuxième livre de de Sède, écrit par Plantard, L'or de Rennes, qui lui-même servira de base avec l’Enigme Sacrée au best seller de Dan Brown, le Da Vinci Code.
En 1993, Pierre Plantard sera interrogé par la justice dans le cadre de l'enquête sur la mort de Roger-Patrice Pelat, ancien ami de François Mitterrand. Plusieurs documents retrouvés chez lui le présentent comme étant le « vrai Roi de France ». Pourtant, Plantard avouera son imposture et recevra un avertissement à ne plus jouer avec la justice française.
Il resta isolé de 1993 jusqu'à sa mort. Mort le 3 février 2000, l'annonce ne fut faite que le 17 juin de la même année, mais en indiquant une date de décès au 13 juin. Ses restes furent incinérés.

• En 1982, trois auteurs anglais : Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh ont écrit L'Énigme Sacrée puis Le Message où ils ont plusieurs entrevues et de nombreux contacts avec Pierre Plantard.

• Dans le jeu d'aventure Les Chevaliers de Baphomet sorti en 1996, un homme nommé Plantard se fait assassiner dans l'introduction. Un personnage secondaire porte également le nom de Lobineau (encore l’influence de Plantard).

• En 2003, Dan Brown s'est explicitement référé au « Prieuré de Sion » dans son ouvrage Da Vinci Code. Il en fait une de ses sources historiques et mentionne Pierre Plantard. Dan Brown n’a évidemment aucune raison de dénaturer son œuvre qui lui procure des revenus substantiels. Bien que le Da Vinci Code ait toujours été présenté comme une fiction et non une thèse (malgré la préface disant le contraire), l'auteur entretient la confusion, mêlant réalité, vraisemblance et pure invention. De nombreux ouvrages, publiés peu après le roman, ont mené à bien une analyse complète des théories présentes dans ce roman ; ils servent à remettre facilement en cause les prétentions de l'auteur à l'exactitude historique.

• En 2004, publication de Mise au point des connaissances actuelles sur les thèmes abordés dans le roman par Marie-France Etchegoin et Frédéric Lenoir, « Code Da Vinci » : l'enquête, éd. Robert Laffont.

• En 2005, Jean-Jacques Bedu écrit « Les source secrètes du Da Vinci Code » où il parle d'une conversation téléphonique qu'il a eue avec M. Plantard et démystifie les supercheries sur le prieuré de Sion, Rennes-le-Château, entre autres sujets. Depuis les années cinquante, des générations de chercheurs et d'écrivains se sont succédé à la quête du mystère et du fabuleux trésor de Rennes-le-Château. En 1990, la parution de ce livre lève un voile définitif sur cette ténébreuse affaire et découvre enfin les multiples zones d'ombre. Jean-Jacques Bedu, qui dispose de documents demeurés jusque-là inédits, rétablit scrupuleusement les comptes de l'abbé Saunière et révèle l'étrange source de revenus du prêtre de Rennes-le-Château, le fameux " curé aux milliards ". Derrière les chimères du trésor des Wisigoths, des Cathares, des templiers ou de Blanche de Castille, les arcanes des sociétés secrètes, des Rose-Croix et de la franc-maçonnerie, se cache une autre vérité que cet ouvrage s'attache à établir. Rennes-le-Château, autopsie d'un mythe demeure à ce jour l'étude la plus sérieuse et complète que cette énigme ait jamais suscitée.

En 2001 Jean-Jacques Bedu publiait Rennes-le-Château – autopsie d’un mythe.

• En 2005, Bill Putman et John Edwin Wood, The Treasure of Rennes-le-Château. A Mystery Solved, Stroud (R. – U.), Sutton publishing.

• En 2005, Sharan Newman produit son ouvrage La Vérité Historique derrière le Code Da Vinci. Cette historienne reconnue qui est docteur en histoire médiévale et a eu le privilège de consulter certaines archives vaticanes (ils sont un certain nombre quand même à pouvoir s’honorer de ce privilège !) considère qu’ « il n’y a pas le soupçon d’une preuve, avant 1964, quand les dossiers secrets furent connus, que cette organisation (le Prieuré de Sion) ait jamais existé ».

Sharan Newman nous invite à un voyage dans l'histoire, la philosophie et la religion, où chaque personnage, lieu, événement, monument, organisation secrète... est replacé dans sa vérité historique.

Sharan Newman est docteur en histoire médiévale. Historienne reconnue, elle a eu accès, entre autres, à des archives du Vatican. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages historiques dont The Real History behind the Templars :

  • Marie Madeleine fut-elle une prostituée, une disciple, l'épouse de Jésus ?
  • Jésus a-t-il eu une descendance ?
  • Pourquoi les Évangiles apocryphes ont-ils été exclus du Nouveau Testament ?
  • Qu'est-ce que le Saint-Graal ? Ce merveilleux trésor existe-t-il ?
  • Qui étaient les Templiers, pourquoi ont-ils disparu si brutalement, et existent-ils encore aujourd'hui ?
  • Qui était vraiment Mona Lisa ? Quelle est la clé des tableaux de Léonard de Vinci ?
  • Quelle est la puissance réelle de l'Opus Dei ?

• En 2005 Pierre-André Taguieff publie La Foire aux Illuminés et nous invite à explorer la nouvelle culture populaire massivement diffusée sur Internet, ce qu'il faut bien appeler le bazar de l'ésotérisme. Il part d'un constat : les fictions signées Dan Brown, parmi de nombreuses autres n'ayant pas rencontré un succès comparable, puisent dans le même fonds symbolique qu'une multitude de pamphlets conspirationnistes publiés depuis le début des années 1980. Ce stock de rumeurs, de légendes et de croyances - nées parfois il y a plus de deux siècles, comme la légende des Illuminati - ne cesse d'être exploité par des entrepreneurs culturels spécialisés dans " l'ésotérisme " au sens ordinairement vague et attrape-tout du terme, renvoyant à " tout ce qui exhale un parfum de mystère ". La Foire aux " Illuminés " porte sur la production, la circulation et la réception de ces produits culturels ésotéro-complotistes ordinairement négligés ou méprisés par les travaux universitaires.

• En 2006, Massimo Introvigne publie son ouvrage Les Illuminés et le Prieuré de Sion.

C’est cette prétention à la vérité historique qui motive l'étude de Massimo Introvigne.

Dans ces deux romans, Dan Brown met en scène le Prieuré de Sion et les Illuminati, deux sociétés initiatiques qui contrôleraient des secrets prodigieux. Le Prieuré de Sion, en particulier, détiendrait la preuve que Jésus aurait épousé Marie-Madeleine et en aurait eu des enfants. Mieux encore : les descendants physiques de Jésus-Christ seraient encore vivants et sur le point de se manifester au monde !

Mais cette mise au point historique aboutit aussi à une interrogation d’ordre sociologique. Comment expliquer cette « volonté de croire » à des constructions malhabiles chez des lecteurs qui se disent sceptiques à l’égard des croyances établies ? Comment comprendre que tant d’esprits modernes puisse se prêter à cette simplification outrageuse de l’histoire par des mythes séduisants, mais tout à fait faux ?

• En 2006, un universitaire italien professeur titulaire du département d'histoire de l'Université de Montréal Pierre Boglioni publie Le Prieuré de Sion – le roman, l’histoire, les questions. Jésus et Marie Madeleine étaient-ils mariés? Le Prieuré de Sion existe-t-il ? Marie Madeleine apparaît-elle dans La Cène de Léonard de Vinci? Un spécialiste de l'histoire du christianisme antique et médiéval dont l'expertise a été sollicitée à maintes reprises par les médias révèle enfin les véritables secrets du Da Vinci Code : du point de vue de la véracité historique, il n'y a pratiquement rien à retenir de ce roman ! Les faits "avérés" qu'il est censé nous raconter sont en réalité des canulars extravagants ou des caricatures extrêmes de certaines données. Par quelques exemples clairs et faciles à vérifier, l'auteur nous montre comment Dan Brown façonne l'histoire. Le Da Vinci Code n'est pas une histoire vraie racontée comme un roman, mais un roman raconté comme une histoire vraie. Dan Brown écrit avec la liberté du romancier et invite lui-même ses lecteurs à prendre son histoire avec un brin d'humour et de scepticisme. Le Da Vinci Code a fait remonter à la surface des doutes et des questionnements sur l'histoire du christianisme qui étaient déjà là, enfouis quelque part dans l'esprit des lecteurs. Son succès incroyable, et la curiosité effervescente qu'il a suscitée, sont là pour prouver la pertinence, pour des millions de gens, des questions qu'il a soulevées. Le présent ouvrage nous offre la réflexion la plus nuancée et la plus objective sur un phénomène éditorial unique.

• En 2006, Jean-Luc Chaumeil est l’auteur de Rennes-le-Château, Gisors, le Testament du Prieuré de Sion, le crépuscule d’une ténébreuse affaire. Le livre est publié également en anglais sous le titre The Priory of Sion: Shedding Light on The Treasure and Legacy of Rennes-le-Château and The Priory of Sion traduit par Chantal Low en 2010.

Les références du livre édité en Angleterre sont utiles car le livre édité en France est épuisé et difficile à trouver en livre d’occasion.

Nous donnons à la suite la relation d’un entretien entre Jean-Luc Chaumeil et Jean-Patrick Pourtal au cours de l’été 2001, transcrit à partir de la page 143 du livre, dans lequel Jean-Luc Chaumeil indique : « Dans ce dossier il y avait un rapport des Renseignements Généraux extrêmement clair qui disait que Plantard n’était qu’un illuminé, qu’il voulait sauver la France. Qu’il annonçait près de six mille adhérents, mais, en fait, il n’y avait qu’une dizaine de personnes, à savoir les membres du bureau. Les gens qui fréquentaient Plantard le quittaient les uns après les autres. Par conséquent, que ce soit de 1940 à 1953 pour Rénovation Française et après 1956, on a eu affaire qu’à de petits organismes très localisés sans aucune envergure. La seule prétention était dans la tête de Plantard ».

« J’ai rencontré un troisième personnage : Le marquis de Chérisey, que j’ai interviewé pour le Charivari. A partir de choses vraies, il avait retrouvé, comme Gérard de Sède d’ailleurs, à Saint-Jean-le-Blanc, près d’Orléans, une abbaye où il y avait eu des moines qui, revenus de Jérusalem, avaient fondé tout un chapitre dédié à Notre-Dame-de-Sion. S’il est vrai que dans l’histoire il y avait eu une organisation ayant à peu près le même libellé, elle n’a jamais eu l’importance d’une société occulte comme celle du « Hiéron du val d’Or ». On a essayé de coller des morceaux parce qu’on voulait créer un mythe moderne par rapport à un ouvrage. Les livres de Gérard de Sède, d’une manière générale, ne sont que le texte de l’outil de base de Pierre Plantard. Si on reprend les contrats chez Julliard, que ce soit pour « Les Templiers sont parmi nous » ou que ce soit pour l’Or de Rennes, Gérard de Sède n’a que des droits d’auteur limités en tant qu’écrivain, tandis que Chérisey est plutôt le concepteur du document comme les fameux parchemins de l’abbé Saunière, et que Pierre Plantard aurait été le Merlin de l’histoire, celui qui a apporté les idées. Comme il faut que ces idées soient crédibles donc il faut un spécialiste et en l’occurrence ce fut Gérard de Sède ».

Autrement Jean-Luc Chaumeil nous apprend que « les deux parchemins grand et petit soi-disant découverts par l’Abbé Saunière sont l’œuvre exclusive du marquis Philipe de Chérisey. Plantard était le documentaliste de Gérard de Sède dans « Les Templiers sont parmi nous ». La chapelle sainte Catherine a été trouvé, mais non pas sous la colline supportant le château de Gisors mais dans la rue de Vienne dans le village de Gisors, juste à côté de l’église saint Gervais, coté nord. Lhomoy a menti purement et simplement, il avait comme beaucoup d’autre entendu parler à demi mot de la légende des trente coffres. Plantard écrit entièrement « l’or de Rennes ». Il veut le faire publier sous le nom de Gérard de Sède maintenant devenu spécialiste des Templiers pour accorder du crédit à son livre contre 35 % sur les droits d’auteurs. A cette époque, de Sède ne connaissait rien à l’affaire de Rennes-le-Château. Il fait du chantage durant près de 6 mois pour avoir 50 %. De Sède devient l’ennemi de Plantard car c’est un homme dur en affaire. A cette époque Philippe de Chérisey joue les agents doubles. Il est ami avec les deux, mais complote sur chacun. Plantard refuse la proposition de de Sède pour les 50 % et souhaite maintenant le publier sous de nom de Philippe de Chérisey. De Sède accepte de prêter son nom pour 35 %, Plantard lui envoi le manuscrit pour correction. Le livre parait sous le titre « l’or de rennes » édition Julliard, mais Plantard constate que deux pages sont rajoutés (il l’apprendra plus tard, écrites par De Chérisey) plus en annexe les deux faux parchemins et le trucage de certaines de ses photos. Après 10 ans, les éditions Julliard arrête la publication. Gérard De Sède se fait passer pour l’auteur et fait republier le livre sous le titre « Signé Rose+Croix » aux éditions Plon. Plantard ne peut plus rien faire, puis il essaie à nouveau d’empêcher la parution de « Trésor maudit » de la collection l’aventure mystérieuse des éditions J’ai lu en 1977, mais n’y arrive pas non plus. L’or de Rennes est truffé de blagues rendant le livre de Plantard à l’état de farce historique révisionniste. L’auteur de la trahison est un de ses meilleurs amis, Philippe de Chérisey (peut être jaloux de ne pouvoir publier à grand tirage son roman Circuit (où il relate les aventures de Charlot et Marie Madeleine à la recherche d’un trésor), cela est peut probable, à mon avis c’est juste un farceur née qui ne peux s’empêcher de rire de la bêtise humaine). De Chérisey a donc fait les deux parchemins pour une raison qui reste obscure, il a également mené de Sède en bateau pour qu’il les trouve de son propre chef au moment et a l’endroit choisi par l’auteur lui et non transmis directement de sa main pour que cela soit plus convainquant. De Sède dira plus tard qu’il les a reçu par la poste…D’ailleurs à ce sujet, Chérisey a écrit à Franck Mari quand celui-ci a révélé tant bien que mal le décodage des parchemins. Il lui a expliqué quelques erreurs qu’il avait commises. Celui-ci est excusé car Mr Mari avait lui-même plagié un autre chercheur mais de Chérisey ne l’a jamais su. Plantard possédait bien trois parchemins qui ont étés découverts par Saunière dans son église. Il s’agit de trois généalogies sur la descendance du roi Dagobert II. Ses parchemins, Saunière les a légués à sa famille. L’héritière, madame James, habitant Montazel les a légué à son tour à la LLYODS BANK EUROPE LIMITED pour 25 ans, à la suite de quoi Mr Pierre Plantard qu’elle croyait comte de Rhédé et de Saint Clair en prendrait possession par l’intermédiaire de « The International Leage of Antiquarian Booksellers ». (Pierre Plantard dit qu’il les a reçu de son oncle qui lui les aurait acheté à madame James, c’est faut, il s’est juste fait passer pour ce qu’il n’est pas, afin de séduire la dame flatté de sa visite), etc. »

Le testament du Prieuré de Sion The Priory of Sion

Les dossiers secrets créés par Pierre Plantard et Philippe de Chérisey

Pierre Plantard à droite et de Chérisey à gauche.

Les Dossiers secrets d'Henri Lobineau (aussi appelés le Dossier Lobineau ou les Dossiers secrets) sont une série de documents dactylographiés, élaborés par Pierre Plantard et son ami Philippe de Chérisey puis déposés entre 1964 et 1967 à la Bibliothèque nationale de France sous la forme d’un don anonyme. Ces documents seraient des "preuves inventées par les auteurs dans le but de mettre en place une monarchie française dirigée par un descendant des rois Mérovingiens." Ils sont enregistrés sous la cote 4° LM1 249 et sont datés de 1975 dans le fichier central.

Philippe de Chérisey est originaire d'une illustre et vieille famille de Lorraine, né à Paris le 13 février 1923, le marquis de Chérisey décida de devenir un comédien et contre la volonté de sa famille. Il intégra le cours Simon en 1946 où il débuta son métier d'acteur.

Il créa un faux parchemin pour son ami Pierre Plantard, le présentant comme descendant du roi Dagobert II. Philippe de Chérisey a aussi élaboré plusieurs « documents sur le Prieuré » qui ont été déposés à la Bibliothèque nationale à Paris durant les années 1960. Ces documents ont été utilisés comme principales sources par du Da Vinci Code. Il a été découvert récemment que le texte d'un des « parchemins » avait été copié du Codex Bezae, un texte en latin ancien et grec du Ve siècle contenu dans le livre de Fulcran Vigouroux, Dictionnaire de la Bible (Letouzey et Ané, Éditeurs, tome premier; 1895). P. de Chérisey décida de copier ce texte, car Vigouroux était un prêtre en rapport avec l'église Saint-Sulpice, un des endroits qui avait été définis comme faisant partie du mythe du Prieuré de Sion créé par Plantard et Chérisey.

Bien que polyglotte — parlant anglais, espagnol latin et chinois —, il fit quelques erreurs dans la reprise du texte Codex Bezae pour ses parchemins.

Mais cette version est incompatible avec ses déclarations de 1979. A cette époque, P. de Cherisey affirmait :

« Les parchemins ont été fabriqués par moi, dont j’ai pris le texte en onciale à la Bibliothèque nationale sur l’œuvre de dom Cabrol, L’Archéologie chrétienne ». Or il n'y a aucun extrait du Codex Bezae dans le dictionnaire de dom Cabrol. Cela signifie que le farceur ne connaissait pas le Codex Bezae et qu'il a recopié son texte d'après des parchemins authentiques ou qu'il croyait tels.

Au-delà de ça, Philippe de Chérisey était un blagueur. Le meilleur exemple se trouve dans une de ses nouvelles ésotériques, Circuit (1968), qui contient de nombreux sous-entendus et passages satiriques. Plantard prit tout cela très au sérieux ; mais un schisme se développa entre les deux hommes dans le milieu des années 1980.

Philippe de Chérisey était sur le point de terminer plusieurs travaux - L'Encyclopédie du tréma et une biographie de Balzac, ouvrages à ce jour non publiés - quand il décéda à Paris (20e), le 17 juillet 1985.

Les « dossiers secrets » ne sont nullement des parchemins mais des documents contemporains, aujourd'hui microfilmés et accessibles aux chercheurs à la Bibliothèque Nationale sur le site François Mitterand. Ils se présentent comme un mince volume, chemise à couverture rigide contenant un assemblage hétéroclite de documents : coupures de presse, lettres, encarts, plusieurs arbres généalogiques et pages imprimées d’autres ouvrages, et à plusieurs reprises d’ailleurs subtilisées puis remplacées par d’autres, elles-mêmes surchargées parfois de notes et de corrections manuscrites.

1) Le premier dépôt se fait en janvier 1964, sous le titre « Généalogie des rois mérovingiens et origine de diverses familles françaises et étrangères de souche mérovingienne ». Le document mécanographié est signé d’un certain Henri Lobineau. Il est question des rois mérovingiens et comment leur descendance par le sang est restée présente dans certaines familles françaises. La famille Plantard y figure, en ligne directe avec un certain Sigebert IV, présenté comme un fils caché de Dagobert II. « Henri Lobineau » serait un pseudonyme, dérivé de la « rue Lobineau » située près de la rue Saint-Sulpice à Paris. De nombreux textes ultérieurs de ces dossiers nomment Leo Schidlof comme étant le vrai auteur, bien que ces textes ne soient parus qu'après la mort de ce dernier en octobre 1966. Leo Schidlof était un marchand d'art autrichien établi à Londres en 1948. Sa fille a toujours nié qu'il ait employé ce pseudonyme ou qu'il ait eu un quelconque lien avec ces publications. Le « Prieuré de Sion » a édité des textes dans les années 72 affirmant qu’Henri Lobineau était un aristocrate français : Henri, Comte de Lénoncourt.

2) Le deuxième dépôt légal date d’août 1965. Le titre « Les descendants mérovingiens ou l’énigme du Razès Wisigoth » qui est signé sous un autre pseudonyme « Madeleine Blancasall » suggère à nouveau certaines descendances mérovingiennes, mais cette fois liées aux mystères du pays de Razès : la région de Rennes-les-Bains, et Rennes-le-Château situé tout à côté.

3) Le troisième document est déposé en mai 1966. Il parait sous le titre « Un trésor mérovingien à..... Rennes-le-Château..... » signé « Antoine l'Ermite ». Une fois de plus il s’agit évidemment d’un pseudonyme issu du patronyme d’un saint populaire... dont on peut retrouver une statue dans l'église de Rennes-le-Château. C'est une brochure de neuf pages qui n’est autre qu’un fac-similé des chapitres d'un livre par Robert Charroux, auteur spécialisé sur les mystères en général qui fut un des premiers à écrire sur le sujet du mystère de Rennes-le-Château. Les textes du livre et les copies sont quasiment les mêmes à deux changements mineurs près...

4) Le quatrième document date de novembre 1966 et se présente comme un supplément au premier. L'auteur, un certain « S. Roux » y énumère des rapports faits par un certain « Lionel Burrus ». On y trouve une copie d'un article de celui-ci écrit dans la Semaine Catholique Genevoise intitulé « Faisons le Point » qui identifie Lobineau comme étant Leo Schidlof, mort à Vienne 1 mois plus tôt à l'âge de 80 ans. « S. Roux » attaque Burrus et Schidlof, accusant même le dernier d'être un agent soviétique.

5) Le cinquième document est le « Serpent Rouge ». C'est un curieux poème en prose, symbolique avec ses 13 strophes baptisées du nom des signes du zodiaque (avec un signe supplémentaire l'Ophiuchus ou Serpentaire inséré entre le Scorpion et le Sagittaire), combiné avec une série de plans et de diagrammes concernant le séminaire de la rue St Sulpice et l'église voisine de St Germain des Prés à Paris. Ce document a été timbré et posté en date du 20 mars 1967, mais avec un texte signé du 15 février 1967. Cette antériorité est importante en raison des trois auteurs présumés : Pierre Feugère, Louis Saint-Maxent et Gaston de Koker. Chacun des trois prétendus auteurs est un personnage réel, mais tous trouvent la mort entre le 15 février et le 20 mars. L’indication que le véritable auteur tente de faire passer est que les trois auteurs ont été assassinés ou se sont suicidés après avoir terminé et fait enregistrer ce texte. En vérité, l'auteur a probablement recherché dans les rubriques nécrologiques les décès par suicide. Il aura fini par trouver ces trois personnes, et user de leurs noms afin que tous les croient auteur de cet étrange texte.

6) Le sixième et dernier document de la série s'appelle « Les Dossiers secrets de Henri Lobineau » rassemblés par un certain Philippe Toscan du Plantier. Ce titre donnerait ainsi, non seulement un nom à la série, mais une ultime indication sur l’identité de l’auteur des dossiers : « Lobineau ». Ce dernier recueil est déposé à Bibliothèque Nationale en avril 1967. Il complète ainsi le processus qui consiste à dévoiler au grand public le Prieuré de Sion.

Parmi ces dossiers, un manuscrit datant de 1956 affirme l'existence d'une société secrète, le « Prieuré de Sion », et relate son histoire depuis sa fondation en 1099 par Godefroy de Bouillon. On y trouve aussi la liste des grands maîtres qui se seraient succédé à la tête de l’organisation depuis le XIIe siècle, parmi lesquels figurent Léonard de Vinci, Isaac Newton, Victor Hugo, Claude Debussy, Jean Cocteau.

La mise en parallèle de ces généalogies avec l'objectif du prieuré confirme en réalité les ambitions de Pierre Plantard. En effet, on peut supposer que lorsque celui-ci laisse entendre que la mission du prieuré est de restituer la dynastie mérovingienne à la France en s'appuyant sur la mythologie de Rennes-le-Château, il sous-entend que l’héritier légitime des rois mérovingiens n'est autre que lui-même.

• Malgré les aveux de P. Plantard, en 1982, les trois auteurs Michael Baigent, Richard Leigh et Henry Lincoln, grands reporters et prétendus spécialistes des sociétés secrètes, considèrent les Dossiers Secrets comme véridiques dans leur essai d'histoire alternative intitulé L'Énigme sacrée. Ils s'en servent dans leur « enquête » sur le prieuré.

• En 1984, Pierre Plantard démissionne du Prieuré de Sion après avoir été discrédité par l'écrivain journaliste Jean-Luc Chaumeil.

• Pierre Plantard sera accusé de fraude par la justice française en 1992, à la suite de l'examen des documents déposés à la Bibliothèque Nationale et des déclarations de ses complices, Philippe de Cherisey et Gérard de Sède. En 1993, Pierre Plantard avouera son imposture à la justice française dans le cadre de cette enquête parallèle.

• En 2003, l'auteur Dan Brown exploite à nouveau tous ces documents pour la construction de son roman Da Vinci Code et c’est un grand succès de librairie.

PIERRE PLANTARD

GERARD DE SEDE

Le Prieuré de Sion :

SYMBOLE DU PRIEURE DE SION SUIVANT LA DEFINITION DE PLANTARD

Le « Prieuré de Sion » est le nom donné à une organisation fondée en France en 1956 par Pierre Plantard sous la forme d’une association déclarée.

En fait Plantard avait nommé le « Prieuré de Sion » d’après une petite montagne proche d’Annemasse où il projetait en 1956 d’établir une maison de retraites spirituelles. Lisant l’histoire des croisades, vivier de tant de ses idées lumineuses, il avait vu Godefroy, devenu roi de Jérusalem quand il mena la première de ses expéditions, fonder en 1099 dans sa capitale une Abbaye de Notre-Dame de Sion…

Dans une série de documents tapés à la machine à écrire et déposés à la Bibliothèque nationale au milieu des années 1960, intitulés Dossiers secrets d'Henri Lobineau, Pierre Plantard présente le Prieuré comme une confrérie remontant à 1099, liée soi-disant à l'ordre du Temple en France. En fait il s’agit de l’Abbaye du Mont Sion près de Jérusalem dont l’historicité est indéniable. Cependant, de nombreux historiens, universitaires et spécialistes ont démontré l’inauthenticité de ces derniers. Nous présentons les statuts de cette association ci-dessous pour montrer que le rédacteur avait une culture sur les sujets touchant aux ordres de chevalerie et à la période médiévale. L’article III des statuts déposés à l’origine de l’association stipulait que le nom de Sion ne faisait pas référence à Jérusalem, mais au mont de Sion qui est la petite montagne près d’Annemasse où le il s’agissait de construire une maison offrant divers services.

Les Statuts

• Article 1 : Il est formé, entre les soussignés de la présente constitution et les personnes qui y adhéreront par la suite et rempliront les conditions ci-après, un ordre initiatique de chevalerie, dont les us et les coutumes reposent sur la fondation faite par Godefroi VI, dit le Pieux, Duc de Bouillon, à Jérusalem, en 1099 et reconnue en 1100.

• Article 2 : L'Ordre a pour dénomination : "Sionis Prioratus" ou "Prieuré de Sion".

• Article 3 : Le Prieuré de Sion a pour objet de perpétuer l'ordre traditionaliste de la chevalerie, de son enseignement initiatique, et de créer entre ses membres une mutuelle assistance, tant morale que matérielle, en toutes circonstances.

• Article 4 : La durée du Prieuré de Sion est illimitée.

• Article 5 : Le Prieuré de Sion fait élection de son bureau représentatif chez son secrétaire général nommé par le Convent. Le Prieuré de Sion n'est pas une société secrète, tous ses décrets comme ses actes et ses nominations sont divulgués au public en texte latin.

• Article 6 : Le Prieuré de Sion comporte 121 membres; il est ouvert dans cette limite à toute personne majeure reconnaissant les buts et acceptant les obligations prévues aux présentes constitutions. Les membres sont admis sans considération de sexe, de race, de conceptions philosophiques ou politiques.

• Article 7 : Par dérogation, dans le cas où un membre désignerait par un acte l'un de ses descendants pour lui succéder, le Convent devra faire droit à cette demande, et pourvoir, si nécessaire, en cas de minorité, à l'éducation du sus-désigné.

• Article 8 : Le futur membre doit prévoir pour son passage au premier échelon une robe blanche avec cordon, dont les frais d'achat sont à sa charge. A partir de son admission au premier échelon, le membre a droit au vote. Lors de son admission, le nouveau membre doit prêter de servir l'ordre en toutes circonstances de sa vie, de même que celui d'oeuvrer pour la PAIX et le respect de la vie humaine.

• Article 9 : Le membre doit verser lors de son admission une obole dont le montant est libre. Chaque année, il devra faire parvenir au secrétariat général, une contribution volontaire pour l'ordre, dont la valeur sera fixée par lui-même.

• Article 10 : Le membre doit fournir, lors de son admission, un extrait de naissance et faire dépôt de sa signature.

• Article 11 : Le membre du Prieuré de Sion contre lequel une sentence a été promulguée par un tribunal pour délit de droit commun peut être suspendu de ses charges et titres, ainsi que de sa qualité de membre.

• Article 12 : L'assemblée générale des membres porte le nom de Convent. Aucune délibération du Convent ne peut être valable si le nombre de membres présents est inférieur à 81. Le vote est secret et se fait par l'utilisation de boules blanches et noires. Toute proposition pour être adoptée doit obtenir 81 boules blanches. Toute proposition n'ayant pas obtenu au moins 61 boules blanches lors d'un vote ne pourra pas être représentée.

• Article 13 : Le Convent du Prieuré de Sion décide seul, et à la majorité de 81 voix sur 121 membres, de toute modification de la constitution et du règlement intérieur du cérémonial.

• Article 14 : Toutes les admissions seront décidées par le "Conseil des Treize Rose-Croix". Les titres et les charges seront décernés par le Grand Maître du Prieuré de Sion. Les membres sont admis à vie dans leur fonction. Les titres reviendront de plein droit à l'un de leurs enfants désigné par eux-mêmes sans considération de sexe. L'enfant ainsi désigné peut faire acte de renoncement à ses droits, mais ne peut faire cet acte en faveur de frère, sœur, parent, ou toute autre personne. Il ne pourra être réintégré dans le Prieuré de Sion.

• Article 15 : Dans le délai de 27 jours pleins, deux frères auront charge de contacter le futur membre, de recueillir son assentiment ou son renoncement. Faute d'un acte d'acceptation après un délai de réflexion de 81 jours pleins, le renoncement sera reconnu de plein droit, et le siège considéré comme vacant.

• Article 16 : En vertu du droit héréditaire, confirmé par les précédents articles, les charges et titres de Grand Maître de Prieuré de Sion seront transmissibles selon les mêmes prérogatives à son successeur. Lors de la vacance du siège de Grand Maître et en cas d'absence de successeur direct, le Convent devra dans les 81 jours procéder à une élection.

• Article 17 : Tous les décrets doivent être votés par le Convent et recevoir validation par le sceau du Grand Maître. Le secrétaire général est nommé par le Convent pour trois ans, renouvelable par tacite reconduction. Le secrétaire général doit avoir le grade de Commandeur pour assumer ses fonctions. Les fonctions et charges sont bénévoles.

• Article 18 : La hiérarchie du Prieuré de Sion comprend 5 grades:

  1. Nautonier (1)
  2. Croisé (3)
  3. Commandeur (9)
  4. Chevalier (27)
  5. Ecuyer (81)
  • Le Nautonier, les Croisés et les Commandeurs forment l'Arche des Treize Rose-Croix
  • Les Chevaliers et les Ecuyers occupent les 9 commanderies du Temple
  • Total = 121 membres

• Article 19 : Il existe 243 frères libres, dit Preux ou depuis l'an 1681 nommés Enfants de Saint-Vincent, qui ne participent ni au vote, ni aux Convents, mais auxquels le Prieuré de Sion accorde certains droits et privilèges en conformité du décret du 17/01/1681.

• Article 20 : Les ressources du Prieuré de Sion se composent des dons et oboles de ses membres. Une réserve dite "Patrimoine de l'Ordre" est constituée par Conseil des Treize Rose-Croix; ce trésor ne peut être utilisé qu'en cas de nécessité absolue et de danger grave pour le Prieuré et ses membres.

o proposition : le trésor d'Echolalie ne peut être utilisé qu'en cas de surmenage du bureau et nécessité de vacances au soleil

• Article 21 : Le Convent est convoqué par le secrétaire général lorsque le Conseil des Rose-Croix le juge utile.

• Article 22 : Le reniement d'appartenance au Prieuré de Sion manifesté publiquement et par écrit, sans cause ni danger pour sa personne, entraîne l'exclusion de ce membre qui sera prononcée par le Convent.

• Texte de la constitution en XXII articles, conforme à l'original et conforme aux modifications du Convent du 5 juin 1956.

• Signature du Grand Maître : Jean Cocteau.

De nombreux théoriciens de la conspiration, qui ne sont pas historiens, persistent à croire que le Prieuré de Sion est une organisation obscure qui protège un secret capable de faire s'écrouler l'Eglise catholique. Cette thèse est celle proposée par Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh dans leur livre L'Énigme sacrée publié en 1982 et dont de nombreux éléments ont été repris par Dan Brown dans son roman best-seller intitulé Da Vinci Code.

L'Énigme sacrée (The Holy Blood and the Holy Grail, « La Sainte Lignée et le Saint Graal ») publié en 1982 par Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh, trois journalistes britanniques, présente le Prieuré de Sion comme un regroupement d'organisations secrètes telles que les templiers, les Rose-Croix ou encore les francs-maçons. Dans cet essai, la dynastie mérovingienne quant à elle descendrait directement de Jésus et de Marie Madeleine. Dans cette optique, la mission du Prieuré serait donc de cacher l'existence de cette « sainte lignée ». Les trois coauteurs établirent un lien entre cette mission et le thème du Graal, traditionnellement associé aux Templiers et déclarent que le « Graal » est une métaphore qui désignerait cette descendance supposée du Christ.

Le Prieuré de Sion pour être compris doit faire l’objet d’une explication de ses sources romanesques qui sont diverses. La mythologie de son créateur ne se limite pas à considérer la part que Rennes-le-Château joue dans l’histoire secrète de la dynastie mérovingienne, mais s’occupe aussi d’autres centres « occultes », dont les principaux sont Gisors et Stenay, qui, avec Rennes, composèrent le soi-disant « triangle d’or » du Prieuré. Au sommet du triangle, Gérard de Sède dédiait une trilogie : Les Templiers sont parmi nous (1962), parle du château de Gisors et de ses dépôts de papiers secrets ; L’Or de Rennes (1967), dessine Rennes-le-Château l’abri du « Rejeton Ardent » Sigebert IV ; La Race Fabuleuse (1974) décrit Stenay, la ville où Dagobert II fut assassiné, siège d’une pierre mystérieuse, jusqu’à supposer des origines extraterrestres pour la descendance mérovingienne. Les trois textes sont fondamentaux pour reconstruire la mythologie de Plantard, l’inventeur et le falsificateur précité.

Une polémique est soulevée quant aux sources de Dan Brown pour la rédaction du Da Vinci Code. Le thème central du roman consiste en effet en une synthèse des théories de plusieurs ouvrages, dont cinq sont considérés comme les sources majeures de l'auteur pour la construction de son récit :

• L'Énigme sacrée, de Michael Baigent, Richard Leigh et Henry Lincoln. Nous citerons les auteurs de l’Enigme Sacrée qui annoncent : « Absolument rien ne prouve que les sources que nous citons et les faits que nous rapportons soient authentiques, mais à supposer qu’ils le soient, les conclusions qu’on en peut tirer sont incontestables. »

• La Révélation des Templiers, de Lynn Picknett et Clive Prince

• La Clé d'Hiram, de Christopher Knight et Robert Lomas

• Marie-Madeleine, la Femme au flacon d'albâtre, de Margaret Starbird

• Marie Madeleine et le Saint Graal, Margaret Starbird, Ed. Exclusif

Ces cinq livres sont qualifiés de romans historiques ou « pseudo-historiques » par de nombreux experts. La critique porte surtout sur L'Énigme sacrée, dont se serait amplement inspiré Dan Brown (certains l'ont accusé de plagiat), un livre polémique écrit par trois Britanniques en 1982, publié la même année à Londres et sorti en France en 1983. Le 7 avril 2006, un tribunal britannique a lavé Dan Brown de tout soupçon de plagiat en ce qui concerne ce livre, ce qui n'empêche pas les ressemblances troublantes entre les deux ouvrages.

Dans L'Énigme sacrée, on retrouve l'histoire du « Prieuré de Sion » et sa mission de protection des descendants du Christ issus d'une relation charnelle entre celui-ci et Marie Madeleine, ainsi que la liste des grands maîtres de ce Prieuré telle qu'elle apparaît dans le Da Vinci Code.

Les élucubrations de Pierre Plantard sont exploitées par des auteurs intelligents de romans qui en retirent un énorme profit financier alors que ce dernier, amateur de chevalerie à l’origine, n’est pas intéressés dans ces affaires.

« L’avant-propos qui précède le récit de Da Vinci Code, situe donc sur le même plan une entité fictive, le Prieuré de Sion, et une réalité religieuse institutionnelle, l’Opus Dei. C’est une façon d’induire en erreur le lecteur non averti, de lui faire croire que le Prieuré de Sion a existé et continue d’exister. Et lorsque le lecteur de Da Vinci Code s’avise de vérifier les affirmations de Dan Brown, il peut tomber sur de faux décodeurs de la démystification. Ainsi, Simon Cox, rédacteur en chef de Phenomena, magazine consacré à « l’étude critique des dogmes, des orthodoxies et des demi-vérités » et auteur d’un best-seller intitulé Cracking the Da Vinci Code (Le Code Da Vinci décrypté), conclut l’article sur le « Prieuré de Sion » par cette phrase : « Même aujourd’hui, l’existence du Prieuré de Sion continue à être un mystère ». La littérature censée décoder des messages codés ou rétablir la vérité historique déformée, qui s’annonce démystificatrice, ajoute souvent du mystère au mystère. Manière de satisfaire un engouement du public pour l’ésotérique, de faire marcher le commerce. Henry Lincoln peut donc commencer ainsi son livre La Clé du mystère de Rennes-le-Château : « Tout le monde aime les histoires mystérieuses ».

L’auteur de Da Vinci Code a fabriqué son roman sur un certain nombre d’inventions abusivement transformées en faits historiques établis ou hautement vraisemblables par Baigent, Leigh, Lincoln et d’autres auteurs du même acabit. Certains livres suscités par l’immense succès du roman de Dan Brown, bien qu’ils se présentent comme des guides de lecture critique fournissant des précisions historiques, appartiennent au même champ que leur objet ésotéro-conspirationniste. Ils nourrissent les croyances à des récits pseudo-historiques et renforcent l’illusion du lecteur d’être lui-même un initié aux « grands secrets ». L’idée directrice du Da Vinci Code, que Jésus, époux de Marie-Madeleine, a eu une descendance qui s’est prolongée jusqu’à nos jours, est empruntée à des ouvrages tels que L’Enigme sacrée déjà cité ou La Révélation des Templiers de Lynn Picknett et Clive Prince.

Ces auteurs de best-sellers ont à leur tour repris des interprétations pour le moins contestables de textes décrivant de manière allusive les relations entre Jésus et Marie-Madeleine, tel l’Evangile de Philippe (LVIII, 33-6), l’un des Evangiles gnostiques qui figuraient dans le trésor de Nag Hammadi, découvert en Egypte en 1945. Baigent, Leigh et Lincoln ont ajouté à ce récit légendaire la thèse que le prétendu Prieuré de Sion avait pour mission de défendre la lignée sacrée descendant du couple et de protéger le secret de cette union ainsi que de sa descendance (des Mérovingiens à Plantard !).

Il en va de même pour l’interprétation du Saint Graal, qui désigne traditionnellement le calice ayant recueilli le sang du Christ lors de la crucifixion. Dan Brown reprend de L’Enigme sacrée la thèse, présentée comme une vérité occultée par l’Eglise, à savoir que le Graal serait la métaphore de la lignée du Christ. Ce qui suppose que Marie-Madeleine, après la crucifixion, se serait réfugiée en France avec son enfant, et que l’un des descendants de celui-ci, qui se serait marié avec un membre de la tribu franque, aurait fondé la dynastie mérovingienne. Pour corser l’histoire, l’on ajoute que les Templiers ont été créés pour protéger le « grand secret » du Saint Graal.

Quant à Léonard de Vinci, présenté comme l’un des Grands-Maîtres du Prieuré de Sion, de 1510 à 1519, il n’a jamais dissimulé dans ses tableaux des indices du fictif « grand secret » (le mariage de Jésus et de Marie-Madeleine). La remarquable étude de Marie-France Etchegoin et Frédéric Lenoir l’a bien établi.

Sur les Templiers comme sur Léonard de Vinci, Dan Brown apparaît comme un compilateur habile, qui ne se gêne pas de parler de « faits » à propos d’inventions. » (Cf. Les théories complotistes de Pierre-Marie Pouget www.contrepointphilosophique.ch Rubrique Politique - 2 novembre 2011

Selon les documents déposés par Pierre Plantard à la Bibliothèque Nationale de France dans les années 1960 intitulés "archives du Prieuré de Sion" (Il ne rentre pas dans la mission de la Bibliothèque Nationale de contrôler la véracité des documents qui lui sont confiés), le Prieuré de Sion serait une organisation secrète prestigieuse fondée en 1099 à l'issue de la Première croisade (allusion à l’Abbaye du Mont Sion de Jérusalem), qui aurait compté parmi ses membres un grand nombre de personnages qui figurent parmi les plus illustres de l’histoire et de la civilisation occidentale comme :

  • Guillaume de Chanaleilles (1153-1154)
  • Jean de Gisors (1180 – 1220)
  • Marie de Saint-Clair (1220 – 1266)
  • Guillaume de Gisors (1266 – 1307)
  • Edouard de Bar (1307- 1336)
  • Jeanne de Bar (1336 – 1351)
  • Jean de Saint-Clair (1351- 1366)
  • Blanche d’Evreux (1366 – 1398)
  • Nicolas Flamel (1398 – 1418)
  • René d’Anjou (1418 – 1480)

Le second ordre du croissant, totalement distinct du précédent, fut fondé le 11 août 1448 à Angers par René d'Anjou dit le Bon, roi de Sicile et de Jérusalem, en l'honneur de saint Maurice. L'ambition de cet ordre était d'être d'un niveau de prestige comparable à celui de la Toison d'or, créé quelques années auparavant.

Nul ne pouvait y être reçu ni porter le croissant, « s'il n'était duc, prince, marquis, comte, vicomte ou issu d'ancienne chevalerie, et gentilhomme de ses quatre lignées, et que sa personne fut sans vilain cas de reproche ».

On comptait parmi les membres de ce nouvel ordre des personnages importants comme le duc de Milan Francesco Sforza ou encore le comte de Vaudémont Ferry II de Lorraine.

René d'Anjou, le "Bon Roi René"

Les trente-six chevaliers formant l'ordre portaient un manteau de velours rouge cramoisi doublé de satin blanc, un mantelet de velours blanc, et un habit long de même couleur, sur le côté droit duquel était cousu un croissant d'or. Sur ce croissant était gravé le mot loz. Le vieux français loz, en style de rébus, voulait dire « loz en croissant », с'est-à-dire qu'« en avançant en vertus, on mérite des louanges ».

Le collier de l'ordre était fait d'une chaîne d'or à trois rangs, à laquelle était suspendu, par trois chaînettes d'or, un croissant d'or également. On reconnaissait la valeur et la générosité des chevaliers, aux ferrets d'aiguillette d'or, correspondant au nombre de batailles ou sièges au cours desquels ils avaient combattu.

L'ordre du croissant ne survécut pas à son créateur René d'Anjou lui-même. Le pape Paul II, ennemi de René d'Anjou, le supprima par une bulle, vers l'année 1461.

  • Yolande de Bar (1480 – 1483)
  • Sandro Filipepi (Botticelli) (1483-1510)
  • Leonardo da Vinci (1452-1519)
  • Charles III (Duc de Bourbon-Montpensier) (1519-1527)
  • Connétable de Bourbon Ferdinand de Gonzague (1527 – 1575)
  • Robert Fludd (1595 – 1637)
  • J. Valentin Andreä (1637 – 1654)
  • Robert Boyle (1654 – 1691)
  • Isaac Newton (1691-1727)
  • Charles Radclyffe (1727 – 1746)
  • Charles de Lorraine (1746 – 1780)
  • Maximillien de Lorraine (1780 – 1801)
  • Charles Nodier (1801 – 1844)
  • Victor Hugo (1802 - 1885)
  • Claude Debussy (1885 - 1918)
  • Jean Cocteau (1918 - 1963)
  • François Balphagon (1963 - 1969)
  • John Drick (1969 - 1981)
  • Pierre Plantard (1981- 1984)
  • Philippe de Cherisey (1984)
  • Roger-Patrice Pelat (1984 - 1989)
  • Etc.

Les personnages qui précèdent n’ont donc rien à voir avec le Prieuré de Sion qui est une supercherie contemporaine. En septembre 1993, le juge Thierry Jean-Pierre qui enquêtait sur le scandale Pelat fit perquisitionner la demeure de Plantard et le convoqua en qualité de témoin. Prié de s’expliquer sur les documents du Prieuré de Sion, l’aventurier assura au juge que tout cela n’était qu’imagination de sa part et qu'il s'agissait d'une supercherie qui était censée le mettre sur le trône de France en tant que descendant des Mérovingiens.

De nos jours, le Prieuré de Sion a une existence « officielle », mais bien moins mystérieuse et ésotérique que certains veulent le donner à penser : il s'agit d'une association loi de 1901 fondée le 7 mai 1956 par Pierre Plantard (secrétaire général), André Bonhomme (président), Jean Deleaval (vice-président), Armand Defago (trésorier) et dont les statuts sont déposés à la sous-préfecture de Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie). Elle prend pour sous-titre l'acronyme CIRCUIT (Chevalerie d'institution et règle catholique et d'union indépendante traditionaliste) et comme emblème un coq blanc.

LE CERCLE ORGANE DU PRIEURE DE SION

CIRCUIT ORGANE DU PRIEURE DE SION

Le 27 décembre 2002, un communiqué fut publié sur du papier à en-tête officiel, annonçant publiquement la réactivation de la société. Le message était signé de Gino Sandri, ancien secrétaire particulier de Pierre Plantard, sous le titre de secrétaire général, et d'une femme anonyme, censée être le nouveau nautonier. Cependant, certains experts y virent un nouveau coup publicitaire pour relancer l’attrait pour le prieuré. C’était une dernière tentative qui ne pouvait faire illusion parmi les historiens parfaitement avertis maintenant.

S’agissant de l’ordre créé par Plantard, Pierre-André Taguieff écrit dans La Foire aux Illuminés que : « Dès la fin des années 1980, l’existence du « Prieuré de Sion », la création de Plantard, en tant que société secrète ou ordre de chevalerie fondé à Jérusalem en 1099, étaient considérée comme douteuse, même chez les consommateurs de littérature dite « abusivement » ésotérique (sur l’étrange, l’insolite, le mystérieux, etc.). Le travail d’investigation du journaliste Jean-Luc Chaumeil avait clairement établi que les preuves de l’existence du « Prieuré de Sion », à savoir les « Dossiers secrets » présentés comme les archives de la prétendue société secrète, n’étaient que des faux. On trouve aussi des traces d’une distance critique dans la description prudente faite en 1989 par Jean-Pierre Bayard, du « Prieuré de Sion » (cf. Le guide des sociétés secrètes – Editions Philippe Lebaud – 1989).

Les ouvrages de Pierre-André Tagguieff et de Jean-Pierre Bayard.

L’article du livre précité suffit à prouver qu’en 1989 l’histoire racontée par Baigent, Leigh et Lincoln (et plus tard « esthétisée » par Dan Brown) paraissait invraisemblable aux spécialistes même des « sociétés secrètes ». Dans ces milieux, le doute s’était largement répandu à la suite du témoignage de Gérard de Sède, qui après avoir contribué à mettre en forme et à diffuser la légende inventée par Pierre Plantard et Philippe de Chérisey (quinze ans avant le best-seller de Baigent, Leigh et Lincoln, et trente six ans avant la parution du Da Vinci Code en 2003), avait fait une autocritique n’en laissant rien subsister.

Gérard de Sède découvrit dans les années 1980 que la mystification avait surtout profité à des tiers, et en 1988 il fit paraître un livre pour démontrer que les documents sur le « Prieuré de Sion » étaient des apocryphes empreints d’un sensationnalisme mercantile. Sur le partage des bénéfices du livre L’Or de Rennes, Plantard, Chérisey et de Sède se disputaient ainsi que sur les livres suivants car de Sède utilisait des éléments tirés des « documents secrets » sur le « Prieuré de Sion » déposés à la Bibliothèque Nationale ou du manuscrit initial de Plantard repris par de Sède. Lors de ces différents, les trois auteurs admirent que les documents étaient des faux.

L'ouvrage de Gérard de Sède

Un dernier auteur, Angelina Viva, dans "le fantastique trésor de l'abbé Saunière" nous fait part de ses constatations :

« une conjuration époustouflante des turlupins de l'Histoire ... Comment le monde entier a t'il pu gober de telles carabistouilles ? Le mythe de Rennes le Château se poursuit, rebondit chaque année, toujours plus fort, toujours plus étonnant ...»

Dans cet ouvrage passionnant, Angélina Viva apporte des pièces nouvelles, et remet les choses en ordre ...

L'ouvrage d'Angelina Viva

Nous terminerons par une citation de Philippe de Chérisey à l’intention des chercheurs et que nous dédierons à ceux qui portent de l’intérêt à notre site :

Philippe de Chérisey

« O ami lecteur, ami lecteur à qui nous disons tout et n’entendez rien, de quelle estime, pauvre andouille, pouvons-nous vous honorer, et comment prendrions-nous au sérieux vos jérémiades que l’on vous bourre le crâne. Bien sûr que Gérard de Sède et moi, nous vous bourrions le crâne mais n’est-ce pas ce que vous avez demandé, par cette soif de fantastique à bon marché qui ne sert que nos droits d’auteur ?
« Page 107- Pierre et Papier – le testament du Prieuré de Sion. »