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Jeanne ou St Maurice ?Les secrets de Jeanne - Questionnements & hypothèses

Généalogie d'Isabelle Romée

Proposé par THEVENIN

Parente de Charlemagne à la 19ème génération et parente d’Hugues Capet. Sa parenté avec Saint François d’Assise. Des descendants de Jacquemin d’Arc alliés aux Capétiens.

La légende nous enseigne que les parents de Jeanne d’Arc étaient des laboureurs de simple extraction dont les familles appartenaient au commun des mortels. Les livres d’histoire ne s’étendent pas sur les fonctions administratives et sociales du père adoptif de la Pucelle, Jacques d’Arc, ni sur ses origines aristocratiques anciennes. Il en est de même pour les autres membres de la famille d’Arc qui avaient des fonctions sociales éminentes.

En ce qui concerne la mère adoptive de notre héroïne, la légende ignore totalement ses origines généalogiques prestigieuses car elles ne sont pas compatibles avec les éléments légendaires présentés comme historiques et défendus par les historiens que nous qualifierons « d’historiquement corrects".

Isabelle Romée appartient à une branche cadette d’une famille illustre du Barrois et de Lorraine, les Salm, dont la noblesse remonte aux temps ancestraux. Nous sommes en présence d’une ascendance mérovingienne et capétienne à la fois, puisque Isabelle Romée est une parente lointaine de Charlemagne à la 19ème génération d’une part, et d’autre part, est une parente du fondateur de la monarchie capétienne.

Nous étudierons successivement :

Les origines de Jacques d’Arc, père adoptif de la Pucelle :

Le mari d’Isabelle Romée est également issu d’une famille de noblesse chevaleresque. Le Vicomte Oscar de Poli, dans l'annuaire de 1890 du Conseil héraldique de France, dont il était le Président, publia (pages 41 à 99) des "Notes sur la Famille de Jeanne d'Arc" où il envisageait la possibilité que cette famille soit un rameau d'un lignage chevaleresque fort ancien : celui des seigneurs d'Arc sur Tille.
Sa conclusion (page 84) était que : « dès le XIIème siècle ces derniers provignaient dans la direction de la Champagne ; à l'aide de quatre ou cinq cents de leurs titres, pendant trois siècles, d'Arc sur Tille jusqu'auprès de Ceffonds de 1360 à 1375, date approximative de la naissance de Jacques, père de la Pucelle, des rameaux de cette très noble Maison étaient possessionnés aux environs de Ceffonds, où naquit ledit Jacques".
Dans les années 1940 à 1953, deux érudits, le général Alfred Voiriot et son frère Charles Voiriot, firent de leur côté des recherches minutieuses aux Archives départementales de la Côte d'Or, dont Charles publia les résultats à Dijon en 1954 (De l'ascendance paternelle au lieu natal de Jeanne d'Arc, Dijon, Bernigaud et Privat, 1954) -
Eux aussi aboutissent à la conclusion d'une origine chevaleresque de la famille de Jacques d'Arc.

Les armes de la famille d’Arc :

La famille d’Arc possédait des armes : " d’azur à l’arc posé en fasce, chargé de trois flèches entrecroisées, les pointes férues, deux d’or ferrées et plumetées d’argent, la troisième ferrée et plumeté d’or. En chef d’argent au lion passant de gueules " (voir la reproduction ci-dessous).

Plusieurs de ses membres ont exercé des fonctions importantes, tant auprès de la famille royale (dont un précepteur du dauphin), que dans l’administration et dans l’Eglise.

Nous présentons le blason de la famille d’Arc qui ne doit pas être confondu avec celui octroyé à Jeanne la Pucelle seule par le roi Charles VII. Le sujet de la noblesse de la famille d’Arc, voir l'étude sur notre site, est très controversé et entretenu par les historiens partisans de la légende, qui ne veulent pas reconnaitre que la famille d’Arc ne pouvait pas être anoblie en 1429 une seconde fois car déjà noble ! L’examen de l’authenticité des lettres d’anoblissement (lettres patentes de décembre 1429) n’a jamais été réalisé par les nombreux historiens, tenants de l’histoire officielle. La Pucelle a reçu son blason personnel en juin 1429, à l’occasion d’un acte royal authentique, telle une princesse de France.

Armoiries ancestrales  de la famille d’Arc sculptées dans l’église de Ceffonds, reproduites dans le livre de M. de Sermoise

Reproduction couleur des armoiries ancestrales de la famille d'Arc

Blason octroyé à la Pucelle en juin 1429

L’Ordre du Porc-épic attribué à Pierre d’Arc :

La distinction de l’Ordre du Porc-épic décernée par Charles d’Orléans au chevalier Pierre, fils de Jacques d’Arc, nécessitait de la part du récipiendaire d’être issu de quatre générations nobles. Nous sommes donc en présence d’une famille noble.

L’Ordre du Porc-épic fut institué par Louis de France Duc d'Orléans, second fils du Roi Charles V, auteur de la branche d'Orléans qui mit la Couronne de France sur la tête du Roi Louis XII.
Cette Institution date de l'année 1363 et est née à l’occasion des fêtes et pour la solennité et les réjouissances du Baptême de Charles d'Orléans, fils aîné du Duc ; Louis arrêta le nombre des Chevaliers de cet Ordre à vingt-cinq, lui étant compris en qualité de Chef Souverain ; le Collier se compose d'un tortil de trois chaînes d'or, au bout duquel pend un Porc-épic aussi d'or, sur une terrasse émaillée de vert et de fleurs, lequel se mettait sur le Manteau de l'Ordre de velours azuré (les frères de Sainte Marthe disent de velours violet, le Mantelet d'Hermines) doublé de Satin cramoisi, dont était le Chaperon et le Mantelet ; sous ce Manteau une Soutane de violet. Il prit ce Porc-épic pour devise, pour montrer à Jean Duc de Bourgogne son ennemi mortel qu'il se vengerait à nouveau des bravades qu'il lui faisait, et romprait ses mauvais desseins, en quoi se rapportait de quelque façon la devise de l'Ordre, COMINUS ET EMINUS, qui est à dire de près et de loin ; ainsi cet animal darde ses pointes à ceux qui l'offensent.
On donnait encore aux Chevaliers un Camaïeu garni d'or, sur lequel était de relief la figure du Porc-épic, et pour cette raison il était aussi appelé L'Ordre du Camaïeu.

Représentation de l’insigne de Grand Maître de l’Ordre du Porc-épic par la Librairie d’Orléans

La généalogie de la mère adoptive de la Pucelle Romée de Vouthon :

La suite généalogique suivante depuis Charlemagne est significative de l’ascendance du personnage. Nous constaterons ainsi que cette dernière est issue de familles royales, celles de Charlemagne et d’Hugues Capet, fondateurs des dynasties de notre pays :

Charlemagne de Francie (747-814)

Plusieurs épouses et concubines dont Hildegarde de Vintzgau 757-783
Enfants dont Louis 1er le Pieux

Armes de Charlemagne

 

Armes de Charlemagne

Louis Ier le Pieux de Francie (778-840)

Marié à Ermengarde de Hesbaye vers 794 – marié en 819 à Judith de Bavière
Enfants dont Charles II de Francie

Charles II le Chauve de Francie (823-877)

Marié à Ermentrude d’Orléans – marié à Richilde
Enfants dont Louis II le Bègue

Louis II le Bègue ou le Fainéant (846-879) - Roi de France

Connu sous le nom de Louis II Carolingiens dit le Bègue, Louis II roi de France dit le Bègue et Louis II Carolingien, roi d'Aquitaine dit le Bègue.
Fils de Charles II Carolingien, empereur dit le Chauve et Ermentrude d' Orléans, reine de France.
Epouse Ansgarde d'Hiémois de Bourgogne en 862. Ansgarde d'Hiémois de Bourgogne et Louis II, roi de France dit le Bègue ou le Fainéant divorcent en 866.
Roi d'Aquitaine en 867. Il épouse Aélis de Paris, fille de Girard II de Paris, comte de Roussillon et Eve d' Auxerre vers 874.
Roi des Francs le 06 octobre 877.
Décède le 10 avril 879 à Compiègne et est inhumé le 14 avril 879 dans l'église Notre-Dame de Paris.
Enfants dont Charles III le Simple.

Charles III le Simple (879-929) - Roi de France

Il est aussi connu sous le nom de Charles III, roi de France et Charles III Carolingien, roi de France le Simple. De 888 à 922, il est connu sous le nom de Charles, roi de Lotharingie dit le Simple.
Fils de Louis II, roi de France dit le Bègue ou le Fainéant et Adélaïde de Paris.
Roi des Francs le 8 juillet 893 à Laon.
Epouse Frérone de Ringelheim, fille de Thierry II, comte de Ringelheim en Saxe et Rheinghildin de Frise en 907.
Il épouse Hedwige d'Angleterre, fille de Édouard Ier, roi d'Angleterre dit l'Ancien et Elfleda de Bernicie en 919.
Roi de Lotharingie en 911. Déposé en 923.
Décède le 7 octobre 929 au château de Péronne.
Père de Louis IV d’Outre-Mer.

Louis IV d’Outre-Mer (921-954) - roi de France

Il est aussi connu sous le nom de Louis IV Carolingien dit d'Outremer, Louis IV, roi de France, Louis France, empereur et Louis IV Carolingien, roi de France d'Outremer. En 936, il est connu sous le nom de Louis IV, roi des Francs-de-l'Ouest.
Fils de Charles III, roi de France dit le Simple et Hedwige d' Angleterre.
Roi des Francs le 15 janvier 936 à Reims. Epouse Gerberge de Saxe, fille de Henri Ier, empereur de Saxe dit l'Oiseleur et Matilde de Ringelheim, reine de Germanie en 939.
Décède le 10 septembre 954 à Reims. Inhumé le 15 octobre 954 dans la basilique Saint-Rémi de Reims.
Enfants dont Charles Ier, duc de Basse-Lorraine dit le Gros.

Charles 1er dit le Gros (953-994) - Duc de Basse-Lorraine.

Il est aussi connu sous le nom de Charles de France, duc de Lothier, Charles, duc de Brabant et Charles de Lothier. Il est le fils de Louis IV, roi de France dit d'Outre-Mer et Gerberge de Saxe.
Epouse Bonne, comtesse d'Ardennes, fille de Godefroi 1er de Limbourg, comte d'Ardennes, Verdun, Bidgau et Methingau dit le Captif et Mathilde, princesse de Saxe dite Billung vers 971. Il épouse également Agnès de Meaux, fille d’Herbert III de Vermandois, comte de Meaux et Troyes et Hedwige d' Angleterre en 985.
Décède le 22 juin 994 à Orléans.
Enfants dont Ermengarde de Lothier.

Sans reprendre un historique détaillé, il faut se rappeler qu’en 959 le Duché de Lotharingie est divisé en deux territoires, un Duché de Basse-Lotharingie, qui rapidement deviendra le Duché de Lothier, puis Duché de Brabant, et un Duché de Haute-Lotharingie, qui deviendra le Duché de Lorraine (Haute-Lorraine). En conséquence de quoi, l’histoire de la Haute-Lorraine est distincte de celle de la Basse-Lorraine depuis le Xe siècle.

Blason des Ducs de Lothier Blason des Ducs de Brabant
Blason des Ducs de Lothier (Basse-Lorraine) Blason des Ducs de Brabant : de gueules, à la fasce d'argent
(Armes reprises par les Comtes de Louvain)

Albert Ier comte de Namur (959-1011)

Comte de Namur à partir de 981 jusqu’à sa mort. Il était fils de Robert Ier, comte de Namur.
Alors que son père disparait des actes dès 974, il n’apparaît qu’en 981 comme comte de Namur. Dès 973, il s’était joint aux fils de Régnier III de Hainaut, Régnier et Lambert qui cherchaient à reconquérir leur héritage sur Renaud et Garnier, les comtes nommés en Hainaut par l’empereur Otton Ier.
Réconcilié par la suite avec l’empereur, il se voit confier par ce dernier la défense de l’abbaye de Brogne en 998.
Il épouse Ermengarde de Lothier, fille de Bonne, comtesse d'Ardennes et Charles Ier, duc de Basse-Lorraine dit le Gros vers 988. Il épouse Adélaïde de Basse-Lorraine, fille de Charles Ier, duc de Basse-Lorraine dit le Gros et Bonne, comtesse d'Ardennes en 990. Il décède en 1011.
Père d’Albert II de Namur.

Blason des comtes de Namur

Blason des comtes de Namur

Albert II comte de Namur (997-1069)

Epouse Régelinde de Lorraine. Fils d’Albert 1er comte de Namur. Plusieurs enfants, dont Hadwige de Namur.

Hadwige (ou Hedwige) de Namur (1030-1080)

Fille d'Albert II, comte de Namur et de Regelinde de Lorraine, mariée à Gérard 1er d’Alsace, duc de Lorraine, dit le Grand.
Enfants dont Gérard 1er comte de Vaudémont.

Gérard d'Alsace

Gérard d’Alsace, duc de Lorraine

Hadwige survit assez longtemps à son mari. Elle meurt dans son château du Haut-Bourg de Châtenois, le 28 janvier 1080, selon la Foundation for Medieval Genealogy. Elle est enterrée dans le cloître du prieuré Saint Pierre à Châtenois qu’elle a fondé. Effectivement, entre 1075 et 1080, Hadewidis ductrix, la duchesse Hadwige, invite les moines de Saint-Evre à s’installer dans l’ecclesia apud Castanei castrum (le Châtenois). Depuis 1047 et la révolte de Godefroy le Barbu, le Duché de Lorraine est aux mains de la Maison d’Alsace, descendant des Comtes de Metz.
Depuis une date indéterminée, probablement les origines de l’héraldique au début du XIIe siècle, ceux-ci portaient des armoiries d’or, à la bande de gueules. En 1205 toutefois, le Duc Simon II abdique pour se retirer dans un monastère. N’ayant pas d’enfant survivant, c’est son frère Ferry (Frédéric) Ier qui lui succède. Les armoiries aux alérions étant attestées depuis ce Duc, il est donc probable qu’ils étaient sa brisure de cadet. On peut supposer que cette brisure, à l’origine sans doute de simples aigles, étaient une référence à l’aigle des armes impériales de sa mère, Judith (alias Berthe) de Hohenstaufen et surtout de son oncle l’Empereur Frédéric Ier Barberousse, dont il portait d’ailleurs le prénom.

Blason de la Maison d'Alsace Blason des Ducs de Lorraine
Blason de la Maison d’Alsace Blason des Ducs de Lorraine
   

               

Gérard 1er de Vaudémont (1057-1108)

Premier comte de Vaudémont, de 1070 à 1108. Second fils de Gérard d'Alsace, duc de Lorraine, et d'Hedwige de Namur – Enfants dont Gisèle de Vaudémont.

Blason des comtes de Vaudémont

Château de Vaudémont

Château de Vaudémont

Gisèle de Vaudémont (1090-1144)

Fille de Gérard 1er Comte de Vaudémont - mariée à Renaud 1er Le Borgne fils de Thierry II Comte de Montbéliard et de Bar
Enfants : Clémence de Bar, Renaud de Bar, Agnès de Bar et Stéphanie de Bar.

Agnès de Montbéliard et de Bar (née en 1082 ou 1087)

Comtesse de Langenstein puis de Salm, était fille de Thierry I, comte de Bar (Bar-le-Duc), et d'Ermentrude (fille de Guillaume Ier Tête Hardie, comte de Bourgogne). Elle est née vers 1082 ou 1087 au château paternel de Bar, et morte vers 1176. Elle était la nièce du pape Calixte II.
Elle épousa d'abord Godefroi (Gotfried), comte de Langenstein ou Langstein (mort avant 1110), descendant d'Adalbert d'Alsace, qui possédait le château de Langenstein (Longue Pierre, devenu Pierre-Percée).

   Blason des comtes de MontbeliardBlason des comtes de Bar

Blason des comtes de Montbéliard           Blason des comtes de Bar

Veuve, elle se remaria vers 1110 avec Hermann II de Salm et eut de lui trois enfants connus.

Le marié est Comte de Salm, c'est à dire, de Salm en Ardenne, et est apparenté aux Comtes de Luxembourg. La famille de Salm est issue de l'ancienne noblesse lotharingienne puis des comtes de Luxembourg anciennement possessionnés dans l'actuel pays des Ardennes belges. Elle est surtout connue par la destinée que connut la branche qui s'implanta dans les Vosges qui sut constituer au fil du temps le territoire d'une principauté dont la capitale fut Badonviller puis Senones.

Blason des comtes de Luxembourg

Blason des comtes de Luxembourg

Cette noble ascendance est cependant peu de chose en comparaison de celle de la mariée, qui descend d'une sœur d'Hugues Capet, premier Roi capétien de France, et qui apporte de nombreuses possessions Lorraines.

Blason des capétiens avant 1376     Blason des capétiens après 1376

Blason des Capétiens avant 1376     Blason des Capétiens après 1376

A la suite de ce mariage, les terres des Salm vont du Luxembourg jusqu'en Lorraine, pas sans discontinuité cependant. Cette maison est à son apogée, elle est liée à maints rois, évêques, papes et empereurs.

En 1121, Hermann II est chargé d'une ambassade à Rome. Il est l'envoyé de son cousin Guillaume, comte de Luxembourg. Et le Pape auprès duquel il se rend est Calixte II, oncle de sa femme Agnès. Il s'agit de déposer une pièce d'or sur l'autel de Saint Pierre ; un an avant cela, Etienne de Montbéliard avait été nommé évêque de Metz et cardinal par son oncle le Pape; cela aide d'avoir de telles relations...

Agnès est veuve du Comte Godefroi de Langenstein, un premier mari très aimé, dont elle continuera de porter le nom après son veuvage et son remariage.
Elle en a hérité le château de Langenstein, dans lequel elle a fait creuser un puits. Après ce creusement, un exploit technologique qui impressionna fort à l'époque, le château de Langenstein devint le château de Pierre Percée, résidence favorite d'Agnès.
De ce premier mariage, Agnès a trois enfants, dont le petit Guillaume, qui meurt jeune et qui est enterré à Raon les Leau. Vassal du duc de Lorraine, le comte Hermann accompagna ce dernier dans ses guerres livrées contre la propre famille d'Agnès. Il trouva la mort (en 1134 ?) au cours d'une bataille, et son château vosgien fut conquis après plus d'un an de guérilla.

Devenue veuve, Agnès fonda l'abbaye de Haute-Seille en 1140, non loin de Pierre-Percée, qu'elle affilia à l'Ordre cistercien.

La légende veut qu'Agnès ait trouvé la mort au cours du siège du château, après avoir fait creuser le fameux puits.

C'est son deuxième fils, Henri Ier, qui prit la succession du comté. D'après certaines sources, sujettes à caution, la comtesse aurait été ensevelie dans l'église de Raon-lès-Leau et non dans celle de Badonviller, la capitale du comté.

La famille d’Hermann II Salm, est issue de l'ancienne noblesse lotharingienne puis des comtes de Luxembourg anciennement possessionnés dans l'actuel pays des Ardennes belges. Elle est surtout connue par la destinée que connut la branche qui s'implanta dans les Vosges qui sut constituer au fil du temps le territoire d'une principauté dont la capitale fut Badonviller puis Senones. Ses représentants s'illustrèrent notamment en tant que comtes de Trèves, d'Ardenne, palatin de Lorraine, puis de Salm, roi de Germanie, avoués de l'abbaye Saint-Pierre de Senones, comtes de Salm en Vosges, gouverneurs de Nancy, maréchaux de Lorraine et du Barrois, princes du Saint Empire, princes souverains de Salm-Salm.

Hermann II, obtint, peut–être déjà de son père, l’avouerie de l’abbaye de Senones (Herimannus comes et advocatus Senoniensis en 1126) qui lui fut confirmée par l’évêque de Metz, un proche parent. Mais ce fut son mariage avec Agnès, de la famille des comtes de Bar et veuve du comte de Langstein, qui constitua concrètement le point d’ancrage de la famille aux pieds des Vosges. Ce mariage le mit en possession de la forteresse de Pierre Percée dont dépendait un territoire étendu englobant la ville de Badonviller, puis plus tard de Blâmont.

Comme son père, Hermann II était un chef militaire qui n’hésitait pas à guerroyer pour élargir ses domaines et étendre son autorité. Dans ses efforts de domination qu’il dirigea contre son beau–père, le comte de Bar, et pour distendre ses liens d’inféodation qui le liait à l’évêque de Metz Etienne de Bar, l’une des plus puissantes dynasties de Lorraine, il s’allia contre eux avec le duc de Lorraine. Malheureusement pour lui, le duc se réconcilia en 1135 et l’évêque parvint l’année suivante à conquérir le Château de Pierre Percée après un siège de plus d’un an, au cours duquel Hermann et son fils aîné paraissent avoir perdu la vie.

Ce deuxième échec n’entrava pas la montée en puissance de la famille ; de nombreux autres territoires du Saulnois entrèrent dans leur patrimoine encore dans la première moitié du XIIe siècle, acquis sans doute à la faveur du mariage d’Henri Ier, second fils d’Hermann II, avec Adélaïde, héritière des comtes de Metz. Les comtes successeurs purent, par des alliances avec les principaux nobles du pays (dont les comtes de Bar et de Dabo) conserver et élargir plus pacifiquement leur domaine.

Henri II (1160-1204) Comte de Salm

Marié à Judith de Lorraine.
Henri II, né au château de Pierre Percée, choisit de vivre dans le nouveau comté de Salm qu'il créa à la fin du XIIe siècle sur les terres vosgiennes (Salm en Vosges) ; il abandonna alors le comté de Salm en Ardenne à sa sœur Élise ou Élisabeth.
Enfants : Henri III de Salm et Frédéric Henri sire de Blâmont.

     Armes anciennes des Salm        Blason des comtes de Salm

Armes anciennes de la famille de Salm          Blason des Comtes de Salm

Henri III (1200-1246) Comte de Salm

La famille de Salm est, en ce début de XIIIe siècle, avec les comtes de Bar, (Bar-le-Duc) l'une des plus puissantes de Lorraine.

Henri III construit ou rénove à partir de 1205 un château sur les terres qu'il administre pour l'abbaye, dans la vallée de la Bruche, au-dessus du village de La Broque, et le nomme château de Salm. Ses terres sont appelées dès lors Salm en Vosges ou Obersalm, par opposition au Salm originel en Ardenne, ou Niedersalm. Ce territoire relève du Saint-Empire romain germanique, appliquant le droit germanique, mais contigu au duché de Lorraine, État souverain de langue romane, qui applique le droit romain quoiqu'également terre d'Empire.

Château de Salm

Château de Salm

Henri III octroie la seigneurie de Blâmont à son fils cadet Ferry, tige des sires puis comtes de Blâmont de la Maison de Salm.

Déjà propriétaire des Châteaux de Blâmont, Deneuvre, Viviers, Morhange et de Pierre Percée, Henri III éleva entre 1205 et 1225 un nouveau Château dans la vallée de la Bruche sur les terres de l’abbaye de Senones. Par cette construction, le comte Henri III affermi avec cette forteresse – sur la base solide que lui avait laissé son père Henri II (mort vers 1200) – une politique castrale ayant pour but d’asseoir son autorité au premier rang des principales familles nobles de Lorraine.

Cette nouvelle construction, réalisée sans le consentement ni l’approbation de l’abbaye de Senones, pourrait être interprété comme une expression de puissance et de volonté d’indépendance vis-à-vis de l’évêché de Metz comme du duc de Lorraine. Ainsi, et selon un principe en usage au Moyen Age, les grands féodaux tendent à étendre leur pouvoir en s’accaparant des biens et des droits régaliens des abbayes.

Les raisons de cette politique castrale peuvent aussi s’expliquer par le souci du pouvoir comtal de contrôler efficacement les ressources économiques du domaine abbatial. En effet, Henri III a probablement conçu sa forteresse aussi dans le but de dominer et de protéger les forges de Framont (Ferratus Mons) situées aux pieds de la montagne du Donon. Bien que l’exploitation des filons métallifères n’apparaisse formellement dans les textes qu’en 1261, il est vraisemblable qu’on y travaillait déjà vers 1200, ce qui constituait un cas nullement isolé en Lorraine pour la même période. Le comte Henri III semble donc vouloir utiliser à son seul profit les ressources minières locales. L’enjeu était de taille, car l’exploitation du fer (comme du sel) était de nature à assurer l’enrichissement notable des exploitants.

En ce début de XIIIe siècle, la famille paraît avoir jouis d’une aisance relative et c’est probablement dans ce contexte d’enrichissement et de pouvoir qu’elle songea un instant à faire jeu égal avec les prétendants à la couronne de Germanie à la faveur du bouleversement politique du grand interrègne.

Henri de Salm de Viviers

Fils aîné et homonyme d’Henri III qui meurt dans des circonstances douteuses en laissant un fils encore jeune, le futur Henri IV.

Henri IV (1245-1292) Comte de Salm

Comte de Blieskastel (1275 – 1284), Marié à Lorette de Blieskastel, dame de Puttlingen.

Devenu adulte, Henri IV poursuivit avec peu de succès les efforts de son grand père en réorganisant les salines de Morhange. N’ayant plus vraiment les moyens de sa politique industrielle, il se heurta à l’énergique et redoutable évêque Jacques de Metz bien décidé à réduire la puissance de la noblesse. Profitant d’une opportunité (endettement du comte), l’évêque investit militairement les installations métallurgiques de Framont en obligeant le comte à lui vendre ses Châteaux de Salm et de Pierre Percée, entre 1250 et 1258. D’après la chronique du moine Richer de Senones (vers 1258–1267), l’évêque se serait déplacé lui–même avec ses gardes pour passer la nuit à Salm, prenant symboliquement possession du Château. Le comte fut contraint de se reconnaître homme lige de l’évêque pour les deux forteresses avant de les reprendre en fief. Mais sitôt l’évêque décédé, le comte conclus avec l’abbaye en 1261 un contrat d’exploitation minière prévoyant la reprise des travaux et le partage des bénéfices. Ce contrat laissa aux comtes de Salm les mains libres pour développer et pour devenir progressivement les véritables propriétaires des forges.

Mais dès lors, si les comtes de Salm demeuraient de puissants nobles avec lesquels évêques et ducs devaient compter, ils ne pouvaient plus s’élever contre ces derniers mais bien leur rendre hommage. Le temps des comtes grands seigneurs et grands propriétaires terriens était révolu.

Les comtes de Salm résident principalement à Badonviller mais aussi à Pierre Percée où ils restent en relation directe avec les affaires et la politique. Ils ne demeurent donc qu’à de brèves occasions dans leur burg éloigné de Salm qu’ils confient dès la fin du XIIIe siècle à des prévôts qui les représentent et qui y exercent la justice. En 1299, l’un d’eux se nommait Wiriat.

Jean I (1264-1328) Comte de Salm de Blâmont

Armoiries de Jean Ier de Salm

Armoiries de Jean 1er Comte de Salm

Nicolas de Salm (1336-1343)

Seigneur de Puttelange en 1337.
marié à Adélaïde de Lichtenberg

Jean III (1352 - ?) Comte de Salm

Seigneur de Puttelange et Viviers avant de devenir comte de Salm.
Marié à Isabelle de Brixey de Bourlémont (1340 – 1385)

Jean III meurt à Ligny en 1368, Jean IV, pendant la guerre contre les Anglais en 1386, Jean V à Bulgnéville en 1431.

Jean de Salm

Reproduction partielle d’une image de http://patrimoine-de-lorraine.blogspot.com

Ces expéditions malheureuses affaiblirent leur puissance dans la vallée de la Vesouze, et expliquent comment les petits seigneurs de Montigny, d'Ancerviller, de Barbas, devinrent les uns après les autres, vassaux de Blâmont et non de Salm, et pourquoi leurs propres sujets, cherchant protection là où ils trouvaient la force, se détachèrent d'eux pour se donner aux comtes de Blâmont, plus actifs, plus puissants, et toujours présents dans le pays. Les comtes de Salm, avaient donc perdu dès le milieu du XVe siècle, non pas leurs possessions de la Vesouze, mais la plus grande part de leur influence dans cette contrée.
Mais les comtes de Salm, possédaient aussi, dans la Lorraine allemande les seigneuries de Morhange et de Viviers. C'est dans ce pays, moins âpre que leurs forêts des Vosges, et beaucoup plus fertile, qu'ils s'installèrent peu à peu, délaissant non seulement le voisinage de Senones dont ils étaient voués, mais aussi l'abbaye de Haute-Seille fondée pourtant par leurs ancêtres, pour faire de celle de Salival leur nécropole préférée. C'est là qu'ils édifièrent leur fortune, en s'aidant du patronage des ducs de Lorraine pour s'étendre au voisinage sur les petites seigneuries morcelées et enchevêtrées de la Lorraine allemande.

La famille de Bourlémont a fait construire aux XIIe et XIIIe siècles le château de Bourlémont sur un promontoire dominant la vallée de la Meuse. La première mention connue de la seigneurie de Bourlémont date de 1184.

Isabelle de Brixey de Bourlémont descend d’une branche cadette d’une famille des plus illustres de la contrée, noblesse chevaleresque remontant au VIème siècle et de sang mérovingien, dont les forteresses dans le comté de Bar et le duché de Lorraine surplombaient Frébécourt, Greux, Neufchâteau, Bourlémont, Maxey sur Meuse, Vaucouleurs, Domremy, autant de points stratégiques de la vallée de la Meuse.

Cette famille avait des liens avec Domremy et la contrée, et l’étude historique et géographique de Chapelier sur Domremy est significative à ce sujet :

« Au XIIIe siècle, Domremy et tout son territoire étaient du Barrois, et Greux et La Neuveville aujourd'hui les Roises, étaient du temporel de l'Evêque de Toul. Ce temporel s'étendait même encore plus à l'Ouest, jusque sur le village de Seraumont, où l'évêque Thomas de Bourlemont (1330-1353), fit quelquefois sa résidence.
Joffroy, sire de Bourlemont et Sibille son épouse transmirent leurs seigneuries de Domremy et de Greux à leur postérité, qui les conserva en grande partie au moins jusqu'à la fin du XVIIe siècle, peut-être même, jusqu'à la réunion de la Lorraine à la France.
Leurs héritiers les possédèrent sans interruption, de père en fils ou filles, dans l'ordre suivant :

  • Pierre III de Brixey, sire de Bourlemont et Jeanne de Choiseul (1269- 1310).
  • Pierre de Bourlémont, seigneur de Rorthey, décédé en 1316, fils de Pierre III, seigneur de Bourlémont et de Jeanne de Choiseul décédée en 1311. Marié en 1316 avec Jeanne de Beaufrémont, dame de Rorthey, décédée le 3 novembre 1347. Le frère de Pierre est Thomas évêque de Toul (1311 – 1353).
  • Jean Ier de Brixey, sire de Bourlémont et Jeanne de Grancey (1310-1340). Le fils Henri (1330 -1403), Seigneur de Bourlémont, s’est marié avec Alix de Joinville.
  • Pierre IV de Brixey, sire de Bourlemont, jusqu'après 1353, avec son frère Jean II, qui lui succéda à Domremy. Pierre est déjà contemporain de la Pucelle ainsi qu’en atteste la déposition de Isabelette, femme de Girardin, dans les actes du procès en 1431.
  • Jean II de Brixey de Bourlémont, marié à Catherine de Bauffremont dite de Ruppes, eut Jeanne de Bourlémont, qui épousa André de Joinville.

Jean II de Brixey de Bourlémont avait certainement Domremy en entier quand, le 12 février 1397, il en donna le dénombrement à Robert, duc de Bar.
Leur fille Jeanne de Joinville épousa : 1) Henri d'Ogévillers ; 2) Jean V, comte de Salm, tué en 1431, à la bataille de Bulgnéville.
De Jeanne de Joinville naquirent : 1) Béatrix d'Ogévillers, mariée à Jean de Fénétrange; 2) Jean VI, comte de Salm, mort en 1485; ils se partagèrent la succession de leur mère et en particulier la seigneurie de Domremy.
Les successeurs de Jean VI, comte de Salm, furent : Jean VII, comte de Salm, mort en 1501, époux d'Anne d'Haraucourt et Jean VIII, comte de Salm, décédé en 1548, époux de Louise de Stainville
Les deux frères de Jean IX, comte de Salm, sont morts sans alliance en 1600, et Paul, comte de Salm, épousa Marie Le Veneur. De ce mariage naquit Christine de Salm, baronne de Ruppes, dame de Domremy, etc., mariée le 15 avril 1597, à François, comte de Vaudémont, puis duc de Lorraine. Ils eurent pour fils les ducs Charles IV et Nicolas-François, ce dernier, père du duc Charles V, aïeul du duc Léopold, et bisaïeul du duc François III qui, en 1737, céda la Lorraine à la France, et devint empereur d'Allemagne en 1745.

Blason des Bourlémont Château des Bourlémont
Blason de la famille de Bourlémont Château de Bourlémont
blason Jeanne de Choiseul Armes de jeanne de Grancey
Armes de Jeanne de Choiseul, épouse de Pierre III de Bourlémont
Famille du Maréchal Jean de Baudricourt, seigneur de Baudricourt et de Choiseul
Armes de Jeanne de Grancey,
épouse de Jean I de Bourlémont  
Blason de Catherine de Bauffremont
Blason de Catherine de Bauffremont, épouse de Jean II de Bourlémont

Romée de Vouthon ou Isabelle de Salm (1377-1458)

Mariée à Jacques d’Arc (1380 - 1440), régisseur des domaines Vosgiens de Yolande de Bar, doyen en 1423 puis sergent et procureur de Domremy – Isabelle ou Isabelette ou Romée a repris le surnom de Romée qui était porté par sa mère prématurément disparue. L’origine de cette appellation est consécutive au pèlerinage d’octobre 1376, auquel la mère de la Pucelle a participé pour célébrer le cent cinquantième anniversaire de la mort de saint François d’Assise. Certains historiens considèrent à tort que ce surnom est un véritable nom de famille. Il en est de même pour l’appellation de Vouthon qui est le nom du lieu d’origine de la dame et n’est pas son nom de famille.

Tableau généalogique des comtes de Salm en Vosges de 1200 à 1459

Les Salm, Badonviller et les Templiers

Une charte de mai 1257 semble la pièce la plus importante sur la situation de Badonviller au XIII siècle. Henri IV et dame Lorette, sa femme, font communauté avec le Maître et les frères de la Chevalerie du Temple de tout ce qu'ils possèdent à Badonviller et son ban, en tout profits et us, à savoir hommes, femmes, terres, prés, bois, eaux, dîmes, gerbages ; moulins, pacages, rentes et toutes seigneuries, à l'exception des hommes d'Allencombes...

Détails de la charte : Cette lecture indique donc qu'une communauté entre les comtes de Salm ( 3/4 ) et les Templiers ( 1/4 ) et, fait remarquable pour l'époque, que les habitants avaient obtenu des franchises, une organisation judiciaire et administrative comprenant des échevins.

Le Comté de Salm, situé à l'origine entre Luxembourg et Eiffel, va s'étendre par alliances, mariages, vers le sud. Hermann II, fils d’Hermann I élu roi d'Allemagne en 1080, épousa Agnès, fille de Thierry I, comte de Montbéliard et de Bar, veuve du comte de Langenstein. Son fils, Henri I joua un grand rôle durant le XIIème siècle. A sa mort, la partie ardennaise revint à la famille de Vianden, son fils Henri II hérita d'un comté de grande importance, rehaussé par son mariage avec Judith de Lorraine.

Henri II, durant son long règne, (mort à près de 100 ans) consolida son domaine et fit construire le château de Salm, en haut de la vallée de la Bruche, commune de la Broque. Sa succession fut plus compliquée, décès de l'héritier, Henri III, son frère Ferry I chassant le père âgé de 90 ans. Le moine Richter nous apprend que "Finalement Dieu suscita à Ferry un fort adversaire dans la personne de Henri, son neveu, fils de son frère Henri, qui réclamait la moitié du comté de Blâmont. Il chercha d'abord à le leurrer par de belles promesses; mais enfin réduit par la force des armes, il dut lui abandonner sa part, à savoir Morhanges et Viviers, les châteaux de Pierre-Percée et de Salm. Ferry retint pour lui Blâmont et le haut château de Deneuvre".

C'est donc Henri IV qui signa avec les Templiers la charte de 1257.

Les Templiers sont très certainement venus à Badonviller comme ils le faisaient partout, après avoir reçu en donation une part des terres laissées par l'un des seigneurs, cités plus haut, autre que les comtes de Salm. Un fait est certain, saint Bernard, abbé de Clairvaux, propagateur de l'Ordre des Templiers, est venu à l'abbaye de Haute-Seille, fondation des comtes de Salm. Louis Schaudel relève que dans notre (petite) région il connaissait le Temple à St Georges de Lunéville, et d'une manière moins certaine les fermes de Domjevin, Mignéville, Xousse, Foulcrey, Autrepierre, Hattigny.

Où étaient-ils implantés à Badonviller ? Vraisemblablement aux alentours du Château de Pierre-Percée, pourquoi pas au château lui-même puisque les comtes demeuraient dans la vallée de la Bruche? Maintenant noyé sous quelques dizaines de mètres d'eau, existait un lieu-dit, Jérusalem, isolé dans la forêt. Ce fond de vallée, il faut l'imaginer défriché et cultivé, comme tous les hameaux entourant Badonviller. Un ancien chemin conduisait directement au château de Pierre-Percée, situé juste au dessus.

Château de Pierre Percée

Château de Pierre Percée

Cette période, semble-t-il prospère, de Badonviller se poursuivit au-delà de la fin des Templiers, due au "roi françois" Philippe le Bel. Dans notre région, comme dans tout l'empire germanique, les hommes du Temple ne semblent pas avoir été trop mal traités. Mais leurs biens furent dévolus à l'ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem.

Durant trois siècles, la vie de Badonviller fut liée à celle de Senones et soumise aux démêlés politico-religieux-mercantiles des comtes de Salm et des abbés de Senones.

Une parenté avec Saint François d’Assise :

D’autres considérations généalogiques sont remarquables en ce qui concerne la famille d’Arc. La mère adoptive de la Pucelle et le saint patron d’Italie sont issus du même lignage par leur lignée matriarcale.

Isabelette Romée est également parente de Saint François d’Assise (1181 1226). Le père du saint se prénommait Pietro Bernadone dei Moriconi et sa mère Dona Joanna Pica de Bourlémont. Les Bourlémont sont sans doute restés attachés au souvenir de Saint-François car Isabelette Romée très pieuse était attachée au Tiers-ordre Franciscain et en relation avec des personnalités importantes du même ordre. L’éducation de la Pucelle s’est réalisée dans un cadre franciscain et l’appartenance de la Pucelle au tiers-ordre franciscain par la suite est très probable.

Saint François d'Assise

Représentation de François d'Assise sur une fresque de Cimabue dans la basilique d'Assise, considérée comme son portrait le plus fidèle.

Des descendants de la famille d’Arc par la branche de Jacquemin, alliés capétiens par le  mariage de Jeanne du Lys avec Olry Colin des Hazards :

Voir à ce sujet la généalogie de la famille Desasars (ou des Hazards) de Montgaillard réalisée par Dominique Notter disponible sur internet.
Nous constatons également qu’une branche des descendants de la famille d’Arc s’est alliée à la famille capétienne.

Il s’agit là d’une descendance de Jeanne, fille de Didier, fils de Thévenin, fils de Jeanne du Lys, fille de Jacquemin d’Arc, fils de Jacques d’Arc et d’Isabelle Romée, qui a épousé Olry Colin des Hazards en 1520. Cette dernière famille s’est par la suite alliée à la famille Davy (d’Amfreville – du Perron – de Virville) dont les descendants sont des alliés capétiens depuis le mariage de Pierre Davy le 01 juillet 1629 avec Jeanne Gigault de Bellefonds, fille de Bernardin et de Jeanne des Epaules, fille de Jean et Jeanne de Dreux, princesse de sang royal, issue de Robert quatrième fils de Louis VI le Gros.

L’étude généalogique d’Hubert Lamant et de Jean Canu sur la famille Davy qui traite de l’union de Jeanne du Lys avec Olry Colin des Hazards est intéressante car elle nous permet de retrouver des descendants de la famille d’Arc alliés à la famille capétienne.

Blason des Hazards Blason d ela famille Davy
Armes de la famille des Hazards devenue Desazars de Montgaillard                                        Armes de la famille Davy d’Amfreville, Davy du Perron et Davy de Virville
Portrait d el'Amiral Davy d'Amfreville Cardinal Davy du Perron
Portrait de l’Amiral Davy d’Amfreville Portrait du Cardinal Davy du Perron

Il faut mentionner la présentation du tableau généalogique publié dans le Bulletin de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc en 1889 tome VIII qui présente des renseignements intéressants mais une confusion en ce qui concerne le mari de Jeanne fille de Jacquemin, qui "selon quelques-uns épouse Jean du Lys son oncle". Nous savons que cette assertion n’est pas prouvée et est due au fait que le mari Jean a pris l’appellation de sa femme, créant ainsi la confusion avec Jean du Lys son oncle par alliance.

Un tableau généalogique est également disponible sur internet sur le site du Musée Jeanne d'Arc de Rouen que nous reproduisons ci-dessous et qui permettra de situer les descendants de Jeanne épouse de Olry Colin des Hazards dont nous évoquions ci-dessus l’ascendance capétienne.

Généalogie des Hazards

Considérations sur les armes de la Pucelle

Le livre de Jean Jacoby "La noblesse et les armes de Jeanne d’Arc" (1937) est une synthèse sur l’étude des lettres patentes de décembre 1429 ou lettre d’anoblissement de la famille de Jeanne d’Arc. Se reporter à notre sujet sur la noblesse des d’Arc sur notre site qui peut se résumer ainsi : personne n’a jamais pu prouver l’existence de ces fameuses lettres patentes de décembre 1429 anoblissant toute la famille d’arc et sa descendance.

Le livre de Jacoby est difficile à trouver car il n'a pas fait l'objet de rééditions.

Cet ouvrage fait également état de l'Ordonnance de Charles VII en date du 02 juin 1429, octroyant des armes à la Pucelle, conservée à la Bibliothèque Nationale dans un recueil de monnaies et médailles. Wallon et E. de Bouteiller citent également cette Ordonnance.

Texte de l'Ordonnance royale :

De la Pucelle Jehanne
Le IIè jour de jung MIIIICXXIX, ledit seigneur Roy ayant cogneu les proesses de Jeanne la Pucelle et Victoires du don de Dieu, et son Conseil intervenu, donna, estant en la ville de Chinon, armoyries a la dite Jeanne pour son estendart et soy décorer, du patron qui s'ensuit : "d’azur à deux fleurs de lys d’or accompagnées d’une épée d’argent à la garde d’or ornée de cinq fleurs de lys férue dans une couronne royale du même".

Nous pouvons ajouter à cela que l’épée est ornée de cinq fleurs de lys comme celle du Duc Louis d’Orléans.

Blason de la Pucelle Blason modernisé
Blason de la Pucelle Blason de la Pucelle (reproduction moderne)

Ce document est par contre, lui, d'une authenticité indiscutée puisque nous avons l'original, qui confère des armoiries à Jeanne sans indication en ce qui concerne son anoblissement ou sa noblesse puisque cette dernière est déjà une princesse royale.

Nous rappelons ci-dessous les armes du roi Charles VII pour montrer les similitudes entre elles et en donner une définition héraldique.
Les armes de la Pucelle sont les armes de France avec ce que l’on appelle une brisure de bâtardise. Cette brisure consistait tantôt en une barre sur une des pièces, tantôt par le remplacement d’une pièce par une autre (c’est le cas de la Pucelle), mais sans modification d’aucune autre pièce ni des couleurs. Ainsi le remplacement par une épée d’une des trois fleurs de lys des armes de France constituait une brisure de bâtardise. Nous donnons pour exemple les armes ci-dessous de Dunois, le bâtard d’Orléans et des Bourbon Condé.

Blason des capétiens après 1376 Blason de Dunois Blason des Bourbon Condé
Blason des Capétiens après 1376, armes du roi Charles VIIBlason de Dunois Bâtard d’OrléansBlason des Bourbon Condé

 

Monsieur de Sermoise, dont nous référençons les œuvres sur notre site, écrit à ce sujet : "Une couronne est un insigne de dignité. Or, la couronne donnée à Jeanne est celle des Dauphins de France" (il ne s’agit pas en effet d’une couronne de duc, de marquis, de comte, de baron, ou de chevalier – note du rédacteur)  
« A cette époque, où les armoiries constituaient une véritable carte d’identité au niveau de la Cour, il était impensable de distribuer un tel élément symbolique à tort et à travers".
"Et puis, donner une couronne sans titre est une absurdité. Pour quelle raison Charles VII octroierait-il spontanément une couronne royale à une bergère qui n’a pas plus de titre que de nom, hormis celui de "la Pucelle" ?
"Parce que le secret est important. Tellement important que les héraldistes du roi vont prendre à son sujet une précaution exceptionnelle : au lieu de placer la couronne au dessus de l’écu, suivant la règle, ils vont l’incorporer au blason lui-même. De cette façon, le secret de la naissance ne sera pas évident comme dans le cas d’une couronne posée au-dessus de l’écu et, transpercée par l’épée, deviendra inamovible".

L’historien Le Brun des Charmettes écrit au sujet du blason de Jeanne qu’il constitue "une faveur insigne à cette époque et qu’on ne croit pas avoir jamais été accordée à aucune personne étrangère à la maison royale".

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