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BD Puchol-ManginLes secrets de Jeanne - Actualité

"Le Lys et l'ogre"

Avec l'aimable autorisation de Jean PLEYERS

Le lys et l'ogre

En 1986, paraît dans le journal Piranha (un journal pour adolescent co-publié par Télérama et les éditions Gallimard) , l'excellent "Le lys et l'ogre". Jacques Martin évoque dans cet épisode le fastueux spectacle que Gilles de Rais avait organisé à Orléans en mémoire de Jeanne d'Arc.

Un texte signé Jean Pleyers.

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"Dès l’entrée de Rais et Jhen à Orléans, l’ambigüité des « fausses » Jeannes réapparut. Une terrible controverse documentaire et  révisionniste m’apparut récemment en mes dernières recherches au sujet du mythe de la Pucelle d’Orléans, quant à sa mort mystérieuse et à sa plus que probable réapparition authentique. Il y eut en effet trois fausses Jeanne d’Arc facilement démasquées. Mais la « vraie », mariée plus tard à Robert des Armoises, serait réapparue devant témoins, et pas des moindres, cinq ans après son « évasion » de Rouen à Metz en 1436, se faisant appeler Claude, et n’aurait jamais été contestée par personne. Devrai-je donc penser tout le contraire de ce que je croyais comme tout un chacun, à savoir qu’elle a été brûlée à Rouen, et maintenant qu’ « on » l’a fait s’évader !? 

Les mythes ont la vie dure. Les pyramides d’Egypte SANS momie seraient des tombeaux ?Alors qu’elles peuvent produire l’énergie libre pour tous ! Le mythe de la découverte de l’Amérique par Colomb est aussi à enlever des livres d’Histoire aujourd’hui, sachant que les Vikings ont découvert le Canada, les Phéniciens et les Romains l’Amazonie, depuis l’expédition transpacifique sur radeau de balsa par Thor Heyerdahl.

Toute l’odyssée de la « sainte » aurait été téléguidée à Domremy par les injonctions mysticopolitiques de ses « Voix », deux belles dames « initiées », étaient-ce les dames de Bourlémont, sortes d’« Intelligences Supérieures » très proches de la cour du roi Charles ? 

Une explication extraordinaire aurait ainsi été trouvée quant à ce que Jehanne aurait confié à celui-ci en apparté sitôt arrivée au château de Chinon, immédiatement après l’avoir reconnu caché parmi la foule des courtisans. Le roy parut extrêmement réjoui parce qu’elle lui révéla. 

Elle lui aurait appris que lui et elle auraient eu les mêmes père et mère (Louis d’Orléans et Isabeau de Bavière), lui prouvant par un signe leur commune « illégitimité » les rendant ainsi frère et sœur. Isabeau, mère de Charles VII et de Jehanne a renié la paternité de son époux devenu fou Charles VI, mais le père supposé, Louis d’Orléans, était frère du roi fol, donc de la même lignée. Ce qui expliquerait le don « obligatoire » à Jehanne, par ordre du Roy, d’un nouveau blason meublé d’une couronne transpercée et non juxtaposée, par une épée. Le sexe de Louis pénétrant celui d’Isabeau ainsi que la Couronne Royale !

Ce formidable secret serait parfaitement symbolisé par ces nouvelles armoiries que le Roy lui octroya en personne remplaçant ainsi son ancien blason des Arcs bandés de trois flèches. D’ailleurs durant sa campagne, Jehanne ne portera que sa bannière et jamais aucune de ses deux armoiries.

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 Fig. 1-2 : Le 2 juin 1429, est donné à Jeanne, par un brevet royal d'armoiries, un blason. 

Fig. 3 : Blason de la famille d’Arc.

Ici la prédiction de Merlin semble de mise :

Une catin perdra la France
Une vierge la sauvera,
L’une de l’autre sortira !

La puissante simplicité des mythes arrangent d’aucuns bien souvent. Si le fait de «  l’évasion-résurrection » de Jeanne est avéré, nous avons en nos temps modernes, en 1914, un autre exemple de mythe, le cas des visions de Fatima.  Confortées en « miracle », car dogmatisées irréfutablement par le Vatican lui-même ! Il y eut 70.000 témoins en ce coin perdu du Portugal. Et ce ne sont ni le Père Brune, ni mon ami Pierre Jovanovic qui me contrediront.En 1920, canonisation de Jeanne d’Arc : l’extrême droite cléricale s’en trouvera confortée et la France payera une fortune aux émissaires du Vatican qui feront disparaître toute trace des mystérieux restes de Jeanne et Robert des Armoises retrouvés. Mais quelques ouvriers terrassiers parleront …

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Comme d’habitude, je partis me documenter en Orléans au Centre Jehanne d’Arc créé par Régine Pernoud et Véronique Clin qui me fournirent les  armoriaux de tous les compagnons de notre mythique et mystique héroïne l’accompagnant lors de la délivrance de la ville et des huit fidèles l’escortant à Reims. De nombreux plans d’Orléans, du pont sur Loire et de ses arcades - que je mesurai une à une -, de la cathédrale, du château des Tourelles, et l’armement et harnachement de la Pucelle me furent fournis.  Ainsi que les chroniques du siège d’Orléans, nanties des factures des archers et arbalétriers comptabilisant le prix de chaque flèche, chaque carreau et charge de poudre, et le texte introuvable du « mystère du siège d’Orléans », la « sotie » de Jacques Millet mise en scène en notre BD par Gilles de Rais.

Mon ami Stephane Jacquet me demande si c’est bien « Là-bas » de J.K. Huysmans, premier ouvrage que J.Martin m’a donné à lire pour m’initier à la vie de Rais et de parler de nos autres références littéraires, historiques et picturales pour la création de la série JHEN. Oui, je l’ai déjà confirmé. « L’Art du costume » de Friedrich Hottenroth est l’ouvrage suivant que J.M. me prêta ensuite en plusieurs tomes rares et chers. Habils civils, religieux et militaires, en couleurs, contrairement aux gravures plus précises en noir et blanc accompagnées de commentaires très pertinents de l’architecte-restaurateur Eugène Viollet-le-Duc en son encyclopédie du mobilier et de l’architecture religieuse, civile et militaire médiévale. J’allai compléter mes trouvailles à la bibliothèque Royale de Belgique, puis au musée d’armes de la porte de Hal à Bruxelles que j’avais déjà visité à 14 ans lors de mon invitation à l’atelier secret de Franquin en 1958 quand il dessinait « Z comme Zorglub ».

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Documentation encore … Revenons donc un moment aux festivals littéraires mentionnés dans la première chronique de cette série. Le succès de Jhen confirmé, je fus invité pendant vingt-cinq ans grâce indirectement à l’amour du livre de François Mitterrand (il a inauguré le prix unique du livre), et quelquefois non loin de Wolinski, à descendre d’avions sur tapis rouges bordés de militaires nous saluant à l’aéroport de Lyon, en route pour le plus beau des festivals littéraires, celui de Saint-Etienne. Le plus grand, l’Angoulême littéraire étant la foire du livre de Brive-la-Gaillarde doublée de sa foire gastronomique. ( Des livres et des truffes à gogo !) Puis, Paris, Saint-Louis, Bordeaux et Chaban-Delmas, Provins et Alain Peyrefitte, Saint-Etienne, Blois où toutes portes, même les plus secrètes me furent ouvertes. Ainsi , l’Historien Jean Favier me donna accès à de très nombreux documents. Il nomina « Le Secret des Templiers » 8ème Jhen, pour le prix Clio, muse de l’Histoire, dédicacé à l’Hôtel de Cluny à Paris.  

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Maître Jacques et moi dédicacions souvent ensemble en librairies ou festivals BD, en avion, train ou en sa voiture (contrarié il frôlait le 190 km/h !... ), le plus souvent en France : Paris,  Nogent-sur-Seine ( résidence de l’ami d’RG : Tchang ), Buc, Rennes, Brest, Pornic, Lille et Le Furet du Nord,( plus grande librairie d’Europe à l’époque ), Coutances, château de Flamanville, Château de Blois, de Louis XI à Jack Lang. Tiffauges ( TGV réservé par Casterman depuis Paris, 50 journalistes ), St- Louis, Strasbourg, Nancy, Sélestat, Colmar, Chambery, Aix les Bains où je fis un discours politicomystique mémorable à la mairie, Illzach, Lille, Lys-Lez-Lannoy où le fondateur du festival me fit président dès le début. Hyères si souvent inondée, stands et stocks d’albums compris ! Marvejol où la maman de Reiser en larmes s’est épanchée doucement sur mon épaule me disant :  - Tu me rappelles mon fils !  … Et à l’étranger,  Bruxelles, Québec ( grande surface Les 3 Fleurs de Lys ), la Réunion où j’aurais pu être dévoré par des requins une nuit très noire invité par Télébédéciné fondé par le Corse Toussain Luciani qui m’invita onze années d’affilées à Ajaccio, Sierre où j’habitai trois ans au château des Vidômes loué à Grégorz Rozinski père de Thorgal, Genève et Lausanne chez Payot … Il y en eut bien d’autres, avec ou sans Jacques.

Je n’ai jamais eu la chance de l’accompagner en Egypte comme le fit le très sympathique Rafael Morales, premier dessinateur d’Alix repreneur du dessin créé par le   Maître . 

C’eût pourtant été important pour  KEOS …Toutefois, à la demande du maître, je mis à l’encre les deux premières planches de « Ô Alexandrie », acceptant enfin de dessiner Alix mais trop tard - il me l’avait demandé trois fois déjà longtemps auparavant disant que j’étais son seul héritier possible - et crayonnai les seize premières planches du « Cheval de Troie ».

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Ô Alexandrie par Jean Pleyers...

Entre ponts fortifiés et antiques ruelles, parmi les stands où piaffaient d’impatience en famille nos tellement nombreux lecteurs, Jacques et moi trottinions nez en l’air, admirant telle arcade romane, telle splendide voûte en berceau brisé, ou tel sobre volume d’un chapiteau moqueur …Pierres et boiseries éclatées et vermoulues, statuaire rescapée de la Terreur et de la Révolution sans pitié pour le Sacré pas plus que pour la Royauté, admirées par nos yeux écartelés entre stupeur et fascination …Le colossal et flamboyant château de Pierrefonds, les murailles rescapées si bien restaurées de Provins et de Carcassonne par le même génial Viollet-le-Duc, et l’écho infernal et lointain des cris libérateurs  des saints Cathares, si purs et si « Parfaits ». Carcassonne, ville natale d’Henri  Gougaud qui sut si bien traduire les 10.000 vers alexandrins de la Canso, Chanson tragique de la Croisade Albigeoise. Nous dédicaçâmes ensemble aux Etangs de Berre.                                                                                                                                                     

Les fondements de la tour géante de Coucy et ses courtines plongeant vertigineusement la vue dans les abîmes de frondaisons vertes de la grande forêt de Compiègne. Myriade de mystérieux fragments de  souvenirs  transparents de vies antérieures impossibles à compter …

Nous avions constaté, Jacques et moi, qu’un bon livre valait, d’un point de vue documentaire, bien d’avantage qu’une visite toujours  trop courte en sombres musées peu éclairés, la mémoire de l’observateur ne retenant qu’une infime fraction de la visite. Sans compter la distraction causée par le discours des accompagnateurs ou le brouhaha des simples touristes.

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Jacques Martin et Jean Pleyers en Corse.

Pour conserver l’inspiration, il faut briser la force d’inertie. En 1988, un soir de crépuscule flamboyant , perché au à la cîme d’un des cent volcans des îles Canaries entre ciel terre et océan, je méditais dans un profond silence … Soudain, un ovni constitué de trois étoiles blanches en triangle serré, strie rapidement l’atmosphère d’azur opalescent. Un message télépathique me traverse, une évidence :  «  INVENTE  RITUEL FLUIDE, TU LE PEUX ». Arrivé à ma hauteur, l’ovni s’éteint rapidement …   Décryptant l’étrange message je crus comprendre, n’ayant ni patron ni horaire ni calendrier contraignant, libre de toute contrainte temporelle , que je devais scinder en deux toutes mes ACTIONS quotidiennes qui n’étaient jamais de simples REACTIONS, pour la bonne raison que depuis la plus tendre enfance je n’ai jamais CREE que ce qui me plaisait. Comment trier en ce cas ?  Quel ordre d’importance  donner à ces alternatives ? Une voix intérieure me souffle : « PLAISIR / DEVOIR ». Quels devoirs ? Je n’en avais pas, n’ayant  jamais eu de comptes à rendre à personne. A aucun chef, président, autorité, aucune nation, aucune morale et pas même à mes parents que j’avais simplement choisis avant ma naissance pour remplir une mission sur Terre : illustrer par la BD, comme un miniHergé, l’idée d’« Unité/ multiplicité ». Mon mystérieux guide intérieur - étaient-ce les occupants de l’ovni ? - me souffla alors : « URGENCE/ DEVOIR »… En effet, des urgences, comme tout citoyen moderne, j’avais !Coupure/ sparadrap.  Compte négatif en banque  = renflouer… d’urgence ! etc …  Donc PLAISIR/URGENCE. Mais à quel rythme obéir  à cette ambigüe dualité ? Un nouveau message me parvient : «  APRES PLAISIR,  COURTE MINUTE URGENCE/DEVOIR » !

Jouer au tennis a toujours été pour moi un autre grand plaisir. Une partie dure une heure en moyenne. Ayant, comme tout sportif une sainte horreur de perdre, je cours comme un fou après la balle et le score et l’heure passe comme en cinq minutes.

 Mais la bande dessinée qui est mon gagne-pain est aussi un plaisir pour moi puisque c’est ce que j’ai toujours voulu faire. Je me dirige donc vers mon studio pour une minute d’urgence. Je suis assis à ma table à dessin entouré de milliers de documents. Mon regard tombe sur la planche abandonnée hier. Soudain, terriblement évidentes, d’insupportables erreurs m’apparaissent à corriger en URGENCE! Une heure  passe. Comme en cinq minutes. J’avais réussi à briser la force d’inertie en supprimant par ruse toute crainte de l’effort due à l’incertitude du changement, reliant ainsi tous mes plaisirs comme les wagons d’un train.

J’ai conquis un état d’inspiration permanent !

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Mon exemplaire des "Êtres de lumières" dédicacé, avec Kéos, Jhen, Alix et un être de lumière.

Jadis, au musée Condé de Chantilly, non loin de Paris, je trouvai une réédition luxueuse du calendrier des « Très Riches Heures du Duc de Berry » enluminées par les frères de Limbourg. En général toute miniature, lettrine ou rinceau médiéval du XV°siècle français ou flamand me servaient beaucoup. Il y a très peu de miniatures des siècles antérieurs.

L’œuvre peinte de Jean Fouquet, Jan Van Eyck et de tous peintres italiens de Giotto à Botticelli en passant par Fra Angelico ou Dürer, se trouvent abondemment reproduits de nos jours. Une bonne loupe suffit alors pour passer à leur étude. JM se servait souvent de photos de la statuaire gréco-latine au point de dessiner ses archers, dans Alix ou Orion, pinçant la corde de l’arc entre l’index et le pouce, comme les documents en témoignent, alors que pour bander l’arme et tracter 80 kgs, il est impérativement nécessaire de joindre les quatre premiers doigs sur la corde, pouce flottant !

Lors d’un débat entre archéologues, un de ceux-ci lui fit remarquer qu’il avait dessiné un bâtiment du 18ème siècle sur l’acropole d’Athènes in « Le dernier des Spartiates », gros éclat et claquement de porte. Il se défendit en préconisant qu’on aurait pas reproché pareil grief à Alexandre Dumas, car il ne s’agissait pas ici de reconstitution archéologique mais de création artistique.
Chapeau, l’artiste ! En ce 6ème tome, Georges de La Trémoille, grand chambellan du roi, incite Rais  à reprendre du service militaire pour le roi obligeant ainsi Jhen à surveiller l’ « opéra » : Le Mystère du siège d’Orléans que Gilles veut monter. Mais ses démons ne l’ont point quitté. La Trémoille assistera à la fuite nocturne de toit en toit de Gilles et ses sbires roussis par les flammes vengeresses des parents scandalisés. Il s’en faut de peu que l’envoyé du roi ne soit débarrassé par le feu de son « beau cousin » si encombrant ! Jusqu’à présent, Jhen défend chaque « victime » bec et ongle, au cas par cas, souvent trop tard mais pas toujours. Entre rage, résignation et comédie, Gilles tente par tous les moyens de se disculper, nullement repentant. Promesse de fidélité d’amitié ad vitam aeternam de Jhen à Gilles devant une nouvelle statue miraculeuse de la Vierge qui les sauvera tous deux d’une attaque des écorcheurs en une petite chapelle. Jhen a promis sans jurer, les assaillants étant arrivés à point nommé pour l’en empêcher ! Il ne sera ainsi qu’à moitié compromis. Toutefois, il défendra un peu les biens de son « ami » en essayant de freiner la vente bradée de ses  propriétés pour renflouer les caisses d’or servant à payer le théâtre du «  Mystère ». Le roy Charles, pauvre mais protégé par son ost, campe près des échafauds décorés reprochant au maréchal l’abandon de sa campagne militaire, mais celui-ci  rétorque par le non payement de solde, en plus d’une habile insinuation scénaristique quant au laxisme du roy : « … votre majesté qui a tant dépensé pour la martyre de Rouen » ! Puis, Agnès Sorel entre en scène en même temps que dans le cœur du roy au grand déplaisir de Marie d’Anjou, son épouse, de sa mère Yolande d’Aragon et de son fils le dauphin qui le méprise et brûle de le remplacer sur le trône …

Gilles, lui, n’a d’yeux que pour un divin petit angelot, Nicolas !

Pour dessiner la finesse d’expressions et gestuelle des personnages en ces mises en abîmes  bédéastiques, théâtrales, politiques et historiques, ô combien complexes, comment ne pas avoir « vécu » en temps réel ces scènes courtisanes machiavéliques si bien racontées ? 

C’est là que les plus hautes sources d’inspiration deviennent plus que nécessaires. Obligatoires même.  Il s’agit alors de rêve lucide ou d’une sorte de transe,  décorporation de conscience ainsi qu’en témoignent inventeurs, musiciens et poètes qui ont « trouvé » des merveilles dont, disent-ils tous, ils n’étaient que le scribe …

Le pouvoir du Lys et des Léopards est déchiqueté et dévoré depuis bien plus de cent ans par Anglois, Valois, Bourgogne, héritiers et courtisans avides. Père et fils Royaux, mères et filles Royales, favorite et mystique tour à tour adulées et détestées. En face, l’ogre aux irrépressibles instincts narcissiques et violents. Ici le monstre ne sera pas seul en complicité de forfaiture. Pour un peu, un jeune Valois quelque peu retord nous ferait oublier Rais. Celui qui deviendra Louis XI fera tuer Nicolas, l’angelot dont le sire de Rais est tombé éperdument amoureux, rejetant la faute sur le Maréchal. Enfin, il y a Jhen. Complaisant ? Naïf ? Seul avec sa vertu en tout cas. Il défendra son ami Gilles sur les tréteaux théâtraux accusant le Dauphin cette fois …

Et puis, il y a les jeunes victimes, enlevées au fil de Loire et bocages vendéens, dont tout le monde se moque éperdument sauf leur mère, jusqu’à la lessive du temps de l’oubli. 

Mais ces pauvres gens comptaient pour si peu, n’est-ce pas, à cette époque cruelle des grands Seigneurs qui avaient droit de vie et de mort sur tout vassal ?

En notre beau confort moderne occidental de 2015, ces atrocités moyennâgeuses nous semblent tellement loin, si loin du cosmopolitain bourgeois que nous sommes devenus, que l’on ne les voit plus que dans les films catastrophe où fous et criminels ont le haut du pavé. Président BD du festival littéraire de Saint-Louis 2014, je terminai mon discours ainsi : «  …  Aujourd’hui en ces temps de surabondance d’informations, il est devenu impossible de reconnaître sa gauche de sa droite, ni le bien du mal … Vive la Liberté et la Vérité ! »

 


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